‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 338 sur 354 · LA CHANCELLERIE IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

LA CHANCELLERIE IMPÉRIALE

Il m'a paru utile de résumer en cet appendice les divers renseignements diplomatiques que nous possédons sur les habitudes de la Chancellerie impériale aux 1x° et x° siècles, renseignements, malheureusement, assez incomplets par suite du peu de diplômes, chartes et actes qui nous sont jusqu'ici parvenus.

Il importe, tout d'abord, de distinguer nettement les documents d'ordre administratif, tels que novelles, diplômes, chrysobulles, etc., des lettres officielles adressées aux souverains en relations avec Byzance. Tandis qu'à la confection des pre miers il ne semble pas qu'un formulaire de chancellerie, fixe et intangible, ait présidé, il n'en va pas de même de la correspondance impériale. Celle-là a.ses règles, ses formules, ses usages qui nous sont connus par le Livre des Cérémonies. Cependant, il ne paraît pas douteux que certains éléments, toujours les mêmes, n’entrassent aussi dans la confection des documents d'ordre législatif. En tous cas, nous les retrouvons . à peu près constamment.

A) Novelles οἱ documents législatifs. — Ces documents portent, généralement ;

1° une suscriplion composée de trois parties :

a) Une invocation : « ἐν ὀνόματι τοῦ πᾶσιν ἀνθρώποις νομοθετήσαντὸς τὰ σωτήρια Χριστοῦ τοῦ ἀληήινου Θεοῦ ἡμῶν (,.. ἐν ὀνόματι τοῦ δεσπότου Ἴησοῦ Χριστοῦ τοῦ Θεοῦ ἡμῶν» par exemple;

1. Nov. de Léon VI, Zachariæ, Jus græco. roman., I, 6%. 2. Suscript. du Prochiron.

Une indication du nom de l'Empereur : « ᾿Αὐτοχράτωρ

- τ Π + 4 χαυτὰρ Φλάβιος Λέων, εὖσ εβὴς εὖτ vpn ἔνδοξος γιχύ τὴς τρόπαιον 0$ »

c) Une adresse, s'il ÿ ἃ lieu : « Στυλιανῷ, τῷ περιφαναστάτῳ

μαγίστρῳ τῶν ERA ὀφφιχίων " ἢ μῶν 3.»

2° Un préambule le plus souvent à allure religicuse au début, puis explicatif des raisons qui font édicter la loi.

3° Le dispositif. W est tout à fait remarquable que dans ces sortes de documents la date est rarement indiquée. Peut-être. l'était-elle, originairement, à la fin de la pièce, mais cela n'est pas certain. Quand la date est indiquée, en effet, elle l'est plutôt au début, comme dans l'Ecloge. Si donc le texte de l'adresse nous est parvenu sans date, c'est que, PRONeERE elle ne figurait pas dans l'original.

B) Documents d'ordre privé. — Les chrysobulles qui, jusqu'ici, ont été publiés, donnent une idée plus complète de la forme des actes byzantins. En général, ils forment un tout qui révèle davantage le travail de chancellerie et sont, par là. plus instructifs pour nous que les novelles. Du règne de Basile [* on a signalé l'un ou l'autre chrysobulle conservé à l'Athos, mais jusqu'ici aucun document de cette nature n'a été publié. Cependant, nous avons de l'année 924 un excellent exemple de chrysobulle qui nous renseigne suffisamment sur les habitudes de la Chancellerie. Il est de Romain Lécapène. Le document débute par une a) invocakion : « εἰς τὸ ὄνομα τοῦ πατρὸς καὶ τοῦ υἱοῦ καὶ τοῦ ἁγίου πνεύματος » el la δ᾽ suscriplion : « Ῥωμανὸς πιστὸς βασιλεὺς καὶ αὐτοχράτωρ Ῥωμαίων. » Puis. le texte commence avec un long c: préambule théologique que continue εἰ; l’erposé dont les premiers mots sont : « Διὰ ταῦτα δὴ χαὶ ἡ εὐσεβὴς βασιλεία μου. » 6) Le dispositif termine le corps

1, δὼ de Léon VI el Prochiron, - ΠῚ ne faudrait pas conclure, je crois, du fait que l'adresse n'existe pas ou se trouve incomplète dans nos éditions, qu'elle n'existait pas dans l'original. Il est bien probable que les copistes auxquels nous devons, le plus souvent, ces documents, les laissérent tomber ou, de leur autorité propre, ajoutèrent des textes explicatifs qui ne se trouvaient pas dans la pièce quand elle fut expédiée, 11 suffit, pour se rendre comple de la chose, de parcourir les novelles des Empereurs du x*° siècle, publiées par Zachariæ, avec les notes qui les illustrent.

Nov. de Léon VI.

même du texte. ΠῚ est suivi de f} clauses comminatoires en forme d'anathème ct d'imprécation et le tout est validé par σ᾽ la date, — mois, indiction, année du monde, — h) la signature de la pièce : « Ρωμανὸς ἐν Χριστῷ τῷ θεῷ πιστὸς βασιλεὺς καὶ αὐτοκράτωρ Ῥωμαίων » ! et la bulle d'or qui y appendait.

C) Les lettres. — Les formules de lettres employées par la Chancellerie et qui nous sont parvenues sont d'un autre et plus général intérêt parce qu’elles nous montrent bien distinctement deux choses : quels étaient les souverains le plus habituellement en relation avec Byzance et de quelle façon Byzance comprenait ces relations. Il y a dans ces formules toute une gamme de nuances très curieuses à observer. Le mieux, pour s'en rendre compte, est de mettre en parallèle les formules qui nous sont parvenues en les classant suivant un ordre méthodique.

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