‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 54 sur 354 · Léon Gramm · texte numérisé non relu

Léon Gramm

5. Sym. Mag., x, 541: Georg. Moine Cont., 1061; Léon Gramm., 1080.

6, Vit. Basil., ch. xvur, 253.

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charge de logothète !, puis partit avec Gcorges Piganis soulever la province contre le nouvel Empereur. Sa révolte fut terrible, mais de courte durée. Piganis fut pris le premier, Symbatios ensuite. Ils furent mutilés : l’un eut les veux crevés l'autre un œil arraché ct une main amputée et la révolte put être ainsi apaisée ὅ,

Mais pour autant, Basile n'en était pas plus aimé. A peine eûl-il ceint le diadème que les envieux le poursuivirent de leurs calomnies et les amis de Bardas de leur haine, De tous côtés on fit parvenir à Michel des libelles accusant son collègue de le vouloir tuer * et sans doute après la scène de « Kéro, » n'en fallut-il pas beaucoup à l'Empereur pour se défier d'un homme qui maniait si facilement l'épée et le mensonge. Du reste, Michel était-il capable d'aimer longtemps quelqu'un ? Le premier venu, s’il savait le flatter, était certain de se voir-honoré des familiarités impériales et de supplanter son prédécesseur. Basile n'échappa pas à la règle. IL put s'apercevoir assez vite que Michel n'était plus pour lui l'ami d'autrefois et qu'un vulgaire batelier du nom de Basiliskianos commençait à prendre le chemin qu'il avait suivi lui-même pendant plusieurs années #. S'il faut en croire les panégyristes de Basile, Michel aurait été froissé de voir son impérial associé s'éloigner des orgies dans lesquelles ils avaient jusque-là vécu tous les deux et des remontrances qu'il se permit d'adresser à son bienfaileur *. [Test bien douteux, cependant, que cela soit. Basile, même pour soigner son prochain avènement, n'avait pas de ces délicatesses et le dernier repas qu'il prit avec Michel le laisse bien deviner. Tout simplement, outre une question de ménage dont nous parlerons plus loin, l'étoile de Basile s’éteignait d'elle-même, comme s'éteignent les étoiles de la chance et du bonheur quand il n'y ἃ pas pour les faire de nouveau briller une énergique volonté. Basile avait cette volonté : c'est ce qui le sauva. Quand il vitque Michel ne cherchait plus qu'une occasion de le faire mourir ® et qu'un soir après des courses qui avaient été pour Michel un triomphe, pris de vin, il osa Εἰ}. Basil., ch. xvin, 256; Georg. Moine Cont., 1064.

. Ibid., ch. xvni, 2356-57, Genes., 1136.

Léon Gramm., 1081: Georg, Moine Cont., 1068.

Cedren., 1068 ; Fit. Mich., ch. χει, δαὶ: Vif. Basil., ch. xxrv, 264. ). Cedren., 1068 : Ft, Mich., ch, απ, 294 : Fil. Basil.. ch. xxv. 265.

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ET L'EMPIRE BYZANTIN fi

offrir ses sandales de pourpre à son nouveau favori et le présenter ainsi au Sénat pour qu'il agréât ce singulier empereur !, Basile n'y tint plus. Il profita d'un diner auquel il se trouva invité quelques jours plus tard, à Saint-Mamas, à l’occasion d’une chasse dans laquelle — entre parenthèse il faillit être tué sur l'ordre de l'Empereur, — pour se débarrasser d'une façon définitive de son dangereux collègue. Se levant de table sur la fin du repas, il s'éloigna un instant sous un prétexte quelconque et pendant que Michel continuait ses libations et se livrait à ses obscènes plaisirs, il s'en alla fausser les serrures de la chambre impériale et revint prendre part à la fêle nocturne jusqu'au coucher de l'Empereur. Comme à l'ordinaire, il le reconduisit lui-même à son lit et le laissa entre les mains de ses cubiculaires, surpris et effrayés de ne pouvoir fermer la porte, pressentant quelque sinistre évènement. Chacun, toutefois, ne tarda pas à s'endormir de ce lourd et immobile sommeil qui suit les banquets prolongés. Pendant ce temps, Basile avait réuni ses amis, les mêmes qui déjà avaient pris part au meurtre de Bardas, et bientôt les abords de la chambre impériale furent envahis par les conjurés : Symbatios et Marianos, frères de Basile, Constantin Toxaras, Asyléon, son cousin et d'autres. Basile entra le premier, suivi d'un Bulgare, Pierre. Au bruit de leurs pas, le cubiculaire Ignace se réveilla et devinant tout, voulut s'opposer par la force à l'acte qu'il voyait déjà perpétré. Il fut vite réduit à l'impuissance, grâce à la vigueur du Bulgare; mais tout ce bruit réveilla à son tour l'Empereur, complètement dégrisé : sans peine il comprit que son heure était venue. Jean Chaldios se précipita sur lui et d’un coup de glaive lui coupa les deux mains: un Perse, Jacobitzès, jeta Basiliskianos à bas de son lit. Il ne restait qu'à achever l'œuvre commencée. Tandis que Basile parlementait sur ce qu'il convenait de faire, Asyléon rentra résolument dans la chambre et sans pitié plongea son épée dans le ventre de Michel qui, assis sur son lil, se lamentait à la vue de ses moignons ensanglantés, reprochant à Basile sa perfide ingratitude. Les viscères impériales s'en allèrent ensanglanter les dalles de marbre : L'Empereur était mort. Byzance qui entrait, en cette

ι, Cedren., 1068 : ΕΠ. Basil., ch. xxv, 265; Theoph. Cont., Vif. Mich., ch. xunr, 224; Georg. Moine Cont., 1068.

nuit du 23 au 24 septembre, dans l'année 867 recevait un nouveau souverain el une nouvelle dynastie !. Michel disparaissait à l'âge de vingt-huit ou vingt-neufans, après avoir régné un an et quatre mois avec Basile.

Au dehors, pendant cette scène tragique, une violente tempète faisait rage sur la mer. On était à Saint-Mamas, au bord de la mer, de l'autre côté de Constantinople et l'essentiel, le coup fait, était de s'emparer du palais impérial. Basile et les conjurés se rendirent donc au plus vite au «πέραμα » pour de là traverser sur Constantinople. Ils abordèrent à la maison d’un Perse, Eulogios. Tous ensemble escaladèrent le mur d'enceinte du palais du côté de la mer, se firent ouvrir les portes du palais par l'hétériarche de service, Ardabasde et Basile put prendre ainsi possession immédiale de sa nouvelle demeure. La cour, elle, était restée à S'-Mamas. Basile la fit revenir solennellement dès le lendemain, tandis qu'il envoyail un obscur cubiculaire, Paul, ensevelir précipitamment les restes de Michel ΠῚ au monastère de Chrysopolis 3. De tous les amis de l'Empereur, personne ne lui restait fidèle en cet intant, sinon sa mère et ses sœurs qu'il avait si cruellement outragées et si indignement traitées. Elles seules furent là pour déposer sur sa tombe leur pardon et leur prière *.

Tels sont les faits que les chroniqueurs nous ont transmis : mais ces faits ne sont en réalité que le cadre extérieur de l'histoire el la manifestation des sentiments intimes de ceux qui les provoquèrent. Aussi est-ce à démêler les causes véritables des évènements dont le souvenir nous est parvenu qu'il faut arriver si l'on veul en saisir tout le sens et la portée. Comment donc οἱ pourquoi, Basile a-t-il pu accomplir la révolution qui la porté au trône. lui et sa famille? C’est la question qu'il s'agit d'examiner.

Dix années durant, Bardas avait su, par son intelligence et

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