‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 56 sur 354 · Cedren., 1061; Genes · texte numérisé non relu

Cedren., 1061; Genes

ἡ. Cedren,, ibid, : Vit. Mieh., ch. xxxv, 212.

contre un souverain qu'elle jugeait aussi méprisable que dangereux. La haine des honnètes gens, d'une part, les malédictions du clergé de l’autre, commencèrent donc à discréditer aux yeux de chacun le gouvernement de Michel 1.

Mais il y avait plus. Les folles dépenses de l'Empereur avaient ruiné le trésor. Sans compter, il distribuait à ceux qui lui plaisaient et le flattaient des sommes considérables ? qui appau vrirent le trésor au point que le jour vint où, n'ayant plus rien à donner à ses amis, impuissant à faire face aux dépenses nécessaires, il dut ordonner la fonte des objets d'art que Théophile avait amassés au palais, des précieux habits brodés d'or qui servaient aux grandes solennités, de toutes les richesses, en un mot. qui faisaient la gloire de Byzance et l'admiration des barbares *. Des réserves de Théodora et de Théophile, il ne restait plus rien et de toutes ces prodigalités, l'Empire était seul à n'avoir pas profité. Ces mesures, du reste, se trouvèrent promptement, elles aussi. insuflisantes. Il fallut trouver de nouveaux expédients et naturellement, comme toujours, ce furent les couvents et les riches qui, les premiers, furent mis à contribution. Par ordre du Basileus, on rançonna les églises et les monastères #, voire même on les pilla. La confiscation des fortunes privées suivit de près celle des monastères et c'est, si l'on en veut croire Constantin VIT, ce perpétuel besoin d'argent qui amena les cruautés inqualifiables de Michel ΠΠ|. Dès qu'une personne avait cessé de lui plaire, sous le plus futile prétexte. on la mutilait et on lui saisissait ses biens. Chaque nuit d'orgie amenait ainsi quelque nouvelle condamnation que parfois l'Empereur lui-même regrettait au matin ÿ. On comprend que sous un tel régime où seule faisait loi la capricieuse volonté d'un jeune homme affaibli par l'intempérance et corrompu par tous les excès. ceux qui possédaient pussent se juger en danger dans leur vie et leurs richesses ὅ et fussent très disposés à acclamer

1. Theoph. Cont., Fif. Mich., ch. x, 224; Vit. Basil., ch. xx et x1, p. 257, 260 ; Genes., 1121.

a. Sym. Mag., XIV, 720-721 ; Vif. Basil., ch. xv1, p. 249.

3. Vit. Basil., ch. xx1x, 272; Theoph. Cont., Pit. Mich., ch. xxt, 188 ; Sym. Mag., XV, 721.

ἡ, Vit. Basil., ch. xxvIr, 269.

5. Cedren., 1068 ; Vif. Basit., ch, xxvir, 268, 269; Theoph. Cont.. Fit. Mich., x, 924; Liutpr. Autapod., 1, & 9, 256.

ὃ. Fil, Basil., XxvIr, 468-609.

au premier signe l'homme assez fort pour leur rendre la paix dont ils avaient joui jusque-là. Aussi est-il assez vraisemblable, même en faisant une large part aux exagérations de Constantin et des apologistes de Basile, très disposés, naturellement, à peindre le règne de Michel sous les plus noires couleurs afin d’excuser plus facilement le nouveau Basileus, que de cet état de choses personne ne voulait plus. |

Enfin, précisément à l'heure où tout allait au plus mal dans le gouvernement intérieur de l'Empire, on signala tout à coup de nouvelles agitations sarrasines aux frontières, préludes d'une action militaire. La situation était d'autant plus grave que les troupes qui, depuis longtemps déjà. n'avaient pas élé payées. faisaient mine de se révolter ! et que tous ces grands généraux d'autrefois, Manuel, Pétronas, qui avaient si souvent sauvé οἱ l'Empire et son chef, étaient morts sans laisser derrière eux des successeurs capables de les remplacer. Il fallut donc: en hâte, monnayer différents objets pour un millier de kentenaria οἱ les envoyer aux stratèges ?. À ce prix, la révolte fut évitée. Mais un dernier caprice de l'Empereur vint mettre le comble à l'indignation générale et augmenter les appréhensions de tous les bons citoyens. Un télégraphe optique, très heureusement imaginé par Léon le Philosophe sous Théophile, à l'aide de feux, mettait en communication les frontières extrêmes de l'Empire du côlé des Arabes — la Cilicie — avec le palais impérial. Dès qu'une invasion élail annoncée, les feux s’allumaient de collines en collines et arrivaient jusqu'au Phare, contigu au Palais. où suivant l'heure à laquelle les feux avaient élé allumés on savait quel évènement militaire était signalé. Or un jour — peu de temps avant le meurtre de Michel — de grandes courses étaient données à S'-Mamas en l'honneur de la naissance du futur Léon VI quand un protonotaire du logothète arriva subitement annoncer qu'on signalait les feux, que le territoire était envahi. Une panique générale s'en suivit. Personne ne fit plus attention aux courses que dirigeait l'Empereur en personne. Furiceux de voir ses talents méconnus et ses plaisirs interrompus pour si peu de choses, Michel fit détruire immédiatement son télégraphe sûr qu'ainsi, dit-il, pareille mésaven-

1, Sym, Mag., χν, 721.

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