CONCLUSION
tîon ici, avait pour mission d'offrir, en fjrandc j)omj)C, au prince fatigué d^un lon[j règne, la triple couronne des successeurs de saint-Pierre, que le concile venait d'arracher du front d'Eugène ÏV.
Auprès du cardinal d'Arles se tenait un vieillard à longue barbe blanche. Malgré la simplicité de sou costume; il portait la robe des frères de saint François, une corde grossière lui serrait les reins, ses pieds étaient nus; malgré, disons-nous, riiumble costume de ce vieillard, au milieu de ces députés vêtus de pourpre et de soie, son attitude n'était pas la moins lière , comme sa parole ne fut pas la moins haute quand il s'agît de vaincre la répugnance que témoignait Amédée à occuper un trône plus vaste encore que celui où Tennui était venu déjà le surprendre. Le fils de Basile céda cependant, vaincu par l'éloquence du franciscain.
— Quel est votre nom, mon frère ? demandat-il au vieillard qui venait d'élever la voix avec tant de force et de puissance que chacun s'était tù
frappé d'admiration et courbé sous le sentiment de sa propre faiblesse.
— Je me nomme Ambroise, dit le franciscain reprenant un maintien modeste aussitôt que sa tâche fut remplie.
— Eh bien ! frère Ambroise, reprit Amédée, puisque la volonté du conseil m\ oblige, je gouvernerai TÉglise; mais c'est vous qui dirigerez ma conscience.
Le vieillard s'inclina en signe d'obéissance et rancien]duc de Savoie fut emmené à Bâlc, où, le 24 juillet de la même année, il prit, en recevant la couronne pontificale, le nom de Félix V.
L'humble franciscain ne remplit pas longtemps auprès du nouveau pape l'office de directeur, quelques jours après le couronnement de celui-ci il s'éteignit sans agonie.
L'un des frères qui l'avaient assisté à sa dernière heure , vint trouver Félix et lui répéta ces paroles que le mourant avait dites pour qu'elles fussent répétées à son illustre pénitent.
«Celui que vous aviez désigné, Saint-Père,