TRIOMPHE DÉFINITIF DU CHRISTIANISME
Ce personnage fut très connu pour son fanatisme païen. En 1867, M. Delîsle a trouvé à la Bibliothèque Nationale de Paris un poème satirique, qui, comme le Contra Symmachum de Prudence, est une véhémente invective contre le culte idolâtrique, ses derniers fauteurs et ses propagateurs. Ce document, plein d'allusion aux faits contemporains, nous apprend en particulier que Nicomaque Flavien, après s*êtrç mis à la tête du parti d'Eugène, tenta une solennelle restauration du culte païen. Il trace de ce consul un hideux portrait ; il le représente adonné à tous les vices et à de ridicules superstitions ; il lui reproche d'avoir espéré le salut de Jupiter Latin, et lui déclare qu'il n'y a plus rien à faire pour soutenir le paganisme. L'auteur du poème est évidemment un contemporain, car il parle, comme de faits récents, de la construction du temple de Flora (395) et du veuvage de la femme de Nicomaque, à laquelle il adresse cette exhortation :
Desine... talem deHere maritum
De Jove qui Latio volait sperare salutem (').
Après la victoire de Théodose, le christianisme devint la religion officielle de l'Empire. Jusqu'alors licite, protégé même, il n'avait pourtant pas cessé d'avoir un rival dans le culte païen. Ce culte fut désormais prohibé, les particuliers ne purent le continuer même à leurs propres frais. L'idolâtrie persista bien encore quelque temps, surtout à Rome ; mais au V® siècle, le paganisme n'exista plus que dans les villages : c'est de là que lui vint son nom (pagus, pagani).
On a prétendu que les chrétiens, aussitôt après la bataille d'Aquileia, avaient abattu les monuments païens, et que leur fanatisme avait détruit tous les souvenirs de l'antiquité. Cette calomnie ne tient pas devant la critique. Les empereurs chrétiens du IV® siècle, même les plus fervents, avaient toujours respecté ces monuments (2). Nous savons par Symmaque (3)