INTRODUCTION. XXI
Le célèbre manuscrit de Vérone, publié par Muratorî dans la 3* partie de ses Reruni italicarum scriptoreSy donne la biographie des papes jusqu'à Anastase P' [^ 498), et on reconnaît que celle de Symmaque, successeur d'Anastase, est l'œuvre d'un contemporain et d'un adversaire de ce pape. Une seconde rédaction, déjà notée par Bianchini, s'arrête à la mort du pape Félix IV (530). Une troisième va jusqu'à 687 ; une quatrième est de l'an 714, époque du pape Constantin. Enfin la dernière compilation appartient sans doute au IX^ siècle. Guillaume le Bibliothécaire en fit une continuation au XII® siècle (Bib. Vat. cod. lat 3762).
Dans les différentes rédactions toutes les parties ont une égale valeur au point de vue topographique. Il n'en est pas de même au point de vue historique. Les plus anciennes rédactions ont été faites sur des documents apocryphes. C'est seulement à partir du VI* siècle que l'on a dans ce livre une vraie source pour l'histoire de l'Église, de Rome, de l'Italie. Il faut du reste distinguer, avec M. Duchesne, plusieurs familles de manuscrits, les unes plus pures, les autres plus corrompues. Comme exemple de confusion faîte dans les rédactions postérieures et qui n'existe pas dans les rédactions primitives, on peut citer l'attribution au pape S. Etienne des détails du martyre du pape Sixte II inhumé en 258 au cimetière de Calixte, non loin du lieu de son supplice.