INSCRIPTIONS SÉPULCRALES. I
6° Le nom du monumçnt : « monumentufn, memorîa, sepulcrum ». Le mot « coemeterium > n'est employé que par les chrétiens. L'expression « domus aeterna > se voit sur des tombeaux païens et chrétiens de l'époque de la paix, avec le sens de tombeau.
7^ Le mot « dedicatum >, faisant allusion aux rites religieux par lesquels les tombeaux étaient consacrés. Quelquefois, en Gaule surtout, on ajoute : « sub ascia », et on représente une pioche, parce que cet instrument servait dans la cérémonie consécratoire.
8° L'étendue de la propriété qui entourait le tombeau : « Huic monument© cedit area p(edum) N. maceria cincta », puis parfois la description du monument.
90 Des prières : H • M • D • M • A • (Hoc monumento dolus malus abesto), S • T • T • L • (Sit tibi terra levis), TRPD-ST-TL-(Te rogo praeterîens dicas : Sit tibi terra levis) ; — des salutations : AVE, € Ave viator >, — < Tu qui legîs valeas », — « Rem bene géras et dormias sine cura » ; — des sentences : O • A • (OuSef; àôavaTo;), N • I • (Nemo immortalis). Il est à remarquer que la prière à Dieu est très rare. On la voit pourtant sur une inscription du Musée' du Vatican :
Tv • QVI • LEGIS • ET • NON • HORAVERIS • ERIT •
TIBI • Deys • TESTIMONIO. Mais ce n'est pas la prière pour une âme en particulier ; peut-être d'ailleurs y a-t-il là une trace de l'influence des idées chrétiennes.
10° L'expression de la donation du tombeau aux affranchis et à leurs descendants : E • D • (Exdonatione), EX IND • (Ex indulgentia), « Ex testamento », — « Arbitratu », — € Libertis libertabusque posterisque eorum ».
11° Enfin des mentions particulières intéressantes. Pour les soldats, leur patrie, leur légion, leur cohorte, la durée de leur service : « Militavit an... »,ou « Stipendiorum... ». Pour les cochers du cirque, leur faction (rouge, blanche, bleue, verte), le nombre de leurs victoires, le nom de leur cheval.
Élém. d archéol. chrét. »o
146 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
§111. Inscriptions honorifiques.
Ces inscriptions lionorifiques varient suivant la carrière du personnage, son € cursus Iionorum >. Les citoyens romains en pouvaient parcourir trois, d'où étaient exclus les barbares, les esclaves et les affranchis : la carrière sénatoriale, l'équestre et l'inférieure.
Les membres des familles sénatoriales sont appelés i Clarissimi >. Ils exerçaient d'abord des fonctions dans les commissions du € vigintiviratus > {< Triumviri capitales, Decemviri litibus judicandis, Triumviri monetales, Quatuorviri juridicundo >). Puis on devenait tribun dans une légion, questeur vers Tâge de 25 ans, € tribunus plebis > ou édile ; ensuite préteur, à Rome ou en province ; enfin, vers l'âge de 33 ans,on pouvait être nommé consul : on entrait alors dans le rang des « viri consulares ». Tous ces titres se lisent dans les inscriptions, tantôt en ordre direct, tantôt en ordre inverse.
Les chevaliers, 4L viri egregii, viri perfectissimi », commençaient par les offices militaires, dont certains leur étaient exclusivement réservés. Ils devenaient ensuite procureurs de l'empereur, < procuratores Augusti >, soit à Rome, soit dans les provinces impériales ou sénatoriales. Certaines fonctions du sacerdoce leur appartenaient aussi d'une manière exclusive. On pouvait passer de l'ordre équestre à l'ordre sénatorial ; on était alors ^ adlectus inter senatores, inter praetorios >. Après Constantin, l'ordre équestre disparut, absorbé par l'ordre sénatorial.
L'ordre inférieur comprenait les offices des employés des bureaux de rEtat,des temples,des administrations militaires.
Les inscriptions impériales forment un groupe important dans la classe des inscriptions honorifiques.
Dans les inscriptions en l'honneur d'empereurs vivants, on énonce d'abord le titre : « Imperator Caesar divi N. fîlius >, puis le surnom, le titre sacré d'Auguste, le nom du triomphe, ^ Germanicus, Parthicus », et ensuite les dignités : i Pontifex Maximus,Tribunic!a potestate » (avec le nombre des années), i Imperator » tant de fois, c'est-à-dire acclamé tant de fois