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LE SYMBOLISME

La vraie sculpture chrétienne se développe entre le commencement du IV* siècle et la fin du V^ ; au VI*, elle n'existe presque plus. Elle n'est pas plus symbolique que la peinture de la même époque. Elle représente des sujets bibliques, toujours les mêmes, et uniformes de composition. On y remarque le défaut de lien logique ; Tartiste passe sans transition d'un sujet à un autre très différent. Il y a pourtant quelques exceptions : le grand sarcophage transporté de St-Paul-hors-les-Murs au Latran présente une série logique de sujets représentant l'histoire du monde depuis la cjréation jusqu'à la fondation de l'Église et aux persécutions.

§ III. Le symbolisme.

Les monuments des catacombes nous ont transmis des indications précieuses sur les croyances des premiers chrétiens. On ne peut cependant leur demander toute une théologie figurée. Quelques auteurs ont voulu l'y trouver. C'est une exagération, qui a provoqué l'exagération opposée. Des protestants soutiennent au contraire que les monuments des catacombes ne prouvent rien en faveur du dogme catholique (^). Évidemment il ne faut pas exiger des monuments funéraires plus que des allusions ; ne serait-il pas ridicule de chercher même dans nos cimetières modernes une exposition du dogme ? Une seule pensée devait être dominante dans les catacombes : celle de la vie future et de la résurrection : « Fîducia christianorum resurrectio mortuorum (2), » le symbole important était celui qui y faisait allusion. Les autres symboles étaient là secondairement ; quand ils étaient dogmatiques, ils rappelaient la foi qu'avait professée le chrétien dont ils ornaient la tombe.

Les sources auxquelles ont été empruntés ces monuments de l'art sont : la Bible ; la prédication orale, dont on reconnaît le souvenir dans des scènes inspirées, par exemple, des récits du Pasteur d'Hermas ; et la liturgie funéraire. M. Le

1. Cf. Schuitze, Archaeologische Studien, 1880 ; Die Katacomben, 1882 ; — RoUer, Les catacombes de Rome, i88i.

2. TertuUien, De resurrect. carnis, c. i {P. L., t. I, col. 795).

Blant (») a fait remarquer la grande influence de cette liturgie sur l*art des catacombes ; les prières pour la recommandation de Tâme sont en effet souvent reproduites dans les inscriptions ; et on en reconnaît l'expression figurée dans les monuments artistiques, spécialement dans le miracle de la résurrection de Lazare, que la peinture et la sculpture chrétiennes ont si souvent représenté.

Il semble que chaque fresque, chaque sarcophage, répète une ou plusieurs des invocations touchantes que Ton récite encore aujourd'hui dans la prière des agonisants : € Reçois, Seigneur, ton serviteur dans le lieu du salut qu'il doit espérer de ta miséricorde. Délivre, Seigneur, l'âme de ton serviteur, comme tu as délivré Hénochet Élie de la mort commune du siècle.... comme tu as délivré Noé du déluge..., comme tu as délivré Job de ses tourments..., comme tu as délivré Isaac du sacrifice et de la main de son père Abraham..., comme tu as délivré Moïse de la main de Pharaon, roi des Egyptiens..., comme tu as délivré Daniel de l'antre des lions..., comme tu as délivré les trois jeunes hommes de la fournaise ardente et de la main du roi méchant..., comme tu as délivré Suzanne de la fausse accusation..., comme tu as délivré David de la main du roi Saiil et de la main de Goliath..., comme tu as délivré Pierre et Paul de leurs prisons..., ainsi daigne délivrer l'àme de ton serviteur et la faire jouir avec toi des biens célestes. »

Tout le symbolisme chrétien primitif est inintelligible si on n'a soin de le rapprocher des prières liturgiques, des écrits des Pères et des enseignements de l'Église. Mais à la lumière de ces divers documents, il prend un sens et donne aux dogmes chrétiens une poésie pleine de charme.

§ IV. La technique (*).

Les peintures des catacombes sont généralement des fresques peintes sur les parois des chapelles et des arcosoles

1. Études sur les sarcophages chrétiens antiques de la ville d* Arles, 1878, et Les sarcophages chrétiens de la Gaule, 1886.

2. Cf. Wilpert, Sulla tecnica délie pi tture cimiteriali e sullo stato di loro conser^ vazione, Roma, 1894.

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