LES IMAGES DES SAINTS
logues, au témoignage de S. Paulin (i), ornaient la basilique de St-Félix à Noie. Les protestants objectent, il est vrai, un décret du Concile d'Elvire (305) : « Placuit picturas in ecclesiis esse non debere. » Mais ce n'est qu'une prohibition locale, temporaire, explicable par la circonstance de la y persécution de Dioclétien. Il ne parle que des églises : il y en avait déjà dans beaucoup de villes, en Espagne comme ailleurs ; or il était dangereux d'avoir des peintures chrétiennes dans des monuments publics.
A l'époque de la paix, ces peintures se multiplient. On commence à représenter le triomphe des martyrs, qui offrent^^ leur couronne au Christ ou qui viennent la recevoir de sa main (2). Les Saints portent comme signe distinctif le nimbe, mais sans la croix ni le monogramme. Dès cette époque commencent les grandes compositions du genre de celles qui seront exécutées en mosaïque. C'est au V* siècle que remonte, par exemple, la grande fresque du cimetière des Sts-Pierre et Marcellin qui représente le Christ assis entre S. Pierre et S. Paul et cinq martyrs locaux, au-dessous l'Agneau sur la colline d'où s'échappent les fleuves symboliques.
Au cimetière de Ste-Félicité, sur la Via Salaria, dans les restes d'une peinture du VP siècle, on distingue le Sauveur nimbé couronnant Ste Félicité et ses fils, qui portent à la main d'autres couronnes : les noms sont inscrits à côté des personnages : p(hilîp)PVS, MARTiA(lis), s(ilanus), (ja)NVA(rius), Félix, Vitalis et Alexander. Ce mode de composition est fréquent au V* et au VP siècle. Plus tard règne le type byzantin. A ce genre appartiennent les portraits de Ste Cécile, de S. Corneille, de S. Cyprien, de S. Optât, dans le cimetière de St-Calixte ; la peinture de S. Valentin, au cimetière du même nom. Il est à remarquer que les décorations de la chapelle souterraine de S. Valentin ont été faites après la translation du corps du saint dans la basilique extérieure