INTRODUCTION DU CHRISTIANISME A ROME
Contre tous ces arguments positifs, que vaut Targument négatif tiré par plusieurs protestants du silence des Actes et des Épttres ? Ce silence d'ailleurs est très explicable. S. Pierre ayant quitté Rome de 49 à 61, les Actes ne pouvaient mentionner sa présence à la même époque; S. Luc aurait eu occasion d*en parler, s'il eût continué son livre. De même, quand S. Paul écrivit TÉpître aux Romains, en 58, il ne pouvait saluer S. Pierre qui n'était pas au milieu d'eux.
Un grand nombre de monuments ont conservé jusqu'à nos jours le souvenir de la venue de S. Pierre à Rome. Quelquesuns, à la vérité, sont légendaires en tout ou en partie ; mais les plus importants sont certainement authentiques.
Ainsi le tombeau de l'Apôtre au Vatican a été constamment honoré : <L Totius orbis veneratione celebratur >, écrivait S. Jérôme dès le IV* siècle (i). Dès cette époque aussi on croyait que S. Pierre avait réuni les chrétiens dans la maison de Pudens sur le Viminal. Dans l'histoire légendaire qui nous reste de ce titre, on doit reconnaître un fond historique (2). Le nom de l'église Pudentienne ou de Ste-Pudentienne est fort ancien, et plusieurs découvertes ont prouvé qu'il y avait des relations entre ce titre et la maison d'Aquila et Prisca, ces deux Juifs convertis qui, chassés de Rome avec S. Pierre en 49, y étaient rentrés dès qu'ils l'avaient pu, sous Néron (3). Ils avaient leur demeure sur l'Aventin. Or, en 1776, on trouva à Ste-Prisque un diplôme de bronze envoyé, en 222, par une ville d'Espagne, à Caius Marius Pudens Cornelianus, personnage de l'ordre sénatorial, que ladite ville avait choisi pour son patron {^), Les diplômes de ce genre étaient exposés dans l'atrium des maisons illustres. Les noms du sénateur en question, conformément aux règles de l'ancienne nomenclature classique, indiquent qu'il s'était appelé d'abord Cornélius, et plus tard, par adoption, Marius Pudens Cornelianus. Il existait donc des relations entre la « Gens Cornelia », la