Ibid., 1871, p. 93; 1876, p
30 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
Hadrien fut très souvent en correspondance avec les gouverneurs des provinces au sujet des chrétiens (»). Le document le plus considérable à cet égard est la lettre que l'einpereur écrivit à C. Minucius Fundan us, proconsul d'Asie, en 124 ou 125. L'authenticité en a été contestée ; maïs à tort, car cette lettre est citée par S. Justîn.qui était contemporain (2). L'empereur y permet de poursuivre les chrétiens, à condition que les accusations soient sérieuses, qu'elles aient pour objet des infractions aux lois et ne soient pas la simple répétition des calomnies vulgaires. Les premiers apologistes profitèrent de cette lettre et d'autres semblables envoyées aux gouverneurs des provinces, pour commencer à élever la voix en faveur du christianisme et le défendre contre les imputations grossières dont on le chargeait C'est ce que firent Quadratus, Aristide (3), et ensuite S. Justin.
§ III, Persécution de Marc-Aurèle.
Sous le règne d'Antonin le Pieux, successeur d'Hadrien, les chrétiens n'eurent point à souffrir d'une persécution générale. Il y eut néanmoins des martyrs isolés, entre autres S. Polycarpe de Smyrne. La Lettre de l'Église de Smyrne sur la mort de Polycarpe est un document parfaitement authentique. Elle a été écrite l'année même du martyre (155), car elle parle au futur de l'anniversaire qu'on en devra célébrer, et de la vénération dont le tombeau était déjà l'objet (^).
A la même époque, c'est-à-dire vers la moitié du H* siècle, paraissent les Apologies de S. Justin (5). On en possède deux: rune,qu'il a présentée lui-même, en 15 5, à l'empereur Antonin et à ses deux fils, Marc-Aurèle et Lucius Verus ; l'autre, qu'il adressa à Marc-Aurèle dix ans plus tard. La première est
1. Méliton, dans Eusèbe, H. E., iv, 26 {P. G., t. XX, col. 396).
2. S. Justin, Apoîog,, i, 68, 69 {P. G., t VI, col. 432-433).