Severus, xvii
égale liberté. Mais cette opinion n'est pas soutenable : il est certain que Septime-Sévère a été, en même temps, favorable aux Juifs, qui n'inspiraient plus aucune crainte, et hostile aux chrétiens, dont la propagande prenait un développement de plus en plus inquiétant. De fait, ce prince et son fils Caracalla permirent aux Juifs d'arriver aux plus hautes dignités de l'État : f lis qui Judaicam superstîtionem sequantur Divi Severus et Antoninus honores adipisci permiserunt (^). »
Afin d'atteindre plus sûrement les chrétîens,Septime-Sévère promulgua des lois contre les collèges, et établit une distinction entre ceux qui étaient licites et ceux qui ne l'étaient pas : <L Prohibuit qui illicitum coUegium coire dicuntur. > Demeuraient permis les collèges funéraires dont les membres versaient une cotisation mensuelle pour s'assurer un tombeau. Beaucoup d'inscriptions anciennes indiquent l'existence de ces collèges et leurs noms lEsculape, Antinous,Sergia Paulina. Fortes de cette autorisation, des communautés chrétiennes purent encore avoir leurs tombeaux ; Tertullîen parle de la cotisation mensuelle que devait payer chaque membre (2) ; et les Philosophumena nous apprennent que le diacre Calixte avait été préposé par le pape Zéphyrin à la garde du cimetière qui devait plus tard porter son nom (s).
Septime-Sévère ne se borna pas à ces mesures vexatoires. Tertullien (4), Eusèbe (5), Clément d'Alexandrie (6), Orose (7), parlent d'une vraie persécution. Elle semble avoir pris naissance dans l'incident provoqué par un soldat chrétien ; celui-ci ayant refusé la couronne qui lui était offerte par son chef, les païens en prirent occasion de calomnier les chrétiens et