‹ Basiliques et églises de RomeChapitre 77 sur 325 · LIBELLUS DE D10GEN0S AURELIOS · texte numérisé non relu

LIBELLUS DE D10GEN0S AURELIOS

l'empire Volusîen. La persécution continua. Au mois de juin 251, les chrétiens élurent pape S. Corneille, un membre ou un affranchi de la < gens Cornelia », si célèbre dans l'antiquité. C'est le premier pape qui porte !e nom d'une ancienne famille romaine ; car la parenté de S. Clément avec les Flavii

48 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.

Clémentes est douteuse. L'élection de S. Corneille fut troublée par le schisme des partisans de Novatien. Cette secte devait bientôt former une vraie communauté à part ; elle posséda à Rome des cimetières, et pour les consacrer ne craignit pas de voler les restes des martyrs, entre autres le corps de S. Silanus, dernier fils de Ste Félicité. Le pontificat même de Corneille fut court. Pendant la persécution de Gallus, le pape fut exilé à Centumcellae (Civita-Vecchia), où il mourut (253). Ses cruelles souffrances le firent honorer comme martyr. Son corps, rapporté au cimetière de Calixte, ne fut pas placé dans la chapelle des papes, mais dans un autre caveau, probablement celui de sa famille ; son inscription funéraire est en latin, tandis que celles des autres papes du même cimetière sont en grec. Un fragment de cette inscription, trouvé près de la voie Appîenne, fit soupçonner à M. de Rossi le voisinage du cimetière de St-Calixte. C'est alors que l'illustre archéologue commença les fouilles qui devaient aboutir à tant de merveilleuses découvertes.

§ IV. Persécution de Valérien.

Pendant les premières années du règne de Valérien, l'Église recouvra un peu de tranquillité. Avec l'autorisation de l'empereur, le pape Lucius revint de l'exil ; il ne quitta plus Rome jusqu'à l'année 254, qui fut celle de sa mort. Il fut enterré à St-Calixte, où l'on a retrouvé, brisée, son inscription funéraire. On l'a considéré comme martyr, à cause des souffrances de sa captivité, mais il ne semble pas qu'il soit mort de mort violente.

La persécution ne tarda pas à reprendre, aussi cruelle que jamaîs.Valérien promulgua deux éditSjl'un en 257,rautre l'année suivante, ainsi que l'attestent les Actes de S. Cyprien (^), Il confisquait les cimetières chrétiens et défendait aux fidèles d'y pénétrer. Malgré cette prohibition, jusque-là sans exemple, ceux-ci continuèrent à fréquenter leurs cimetières,

I* p. L., t. III, col. 1497-1506.

à y célébrer les saints mystères. Plusieurs furent surpris par les soldats de Valérien dans une réunion de ce genre, sur la via Salaria, et ensevelis vivants dans la catacombe de Thrason, près du tombeau des SS. Chrysanthe et Darie.

Un épisode célèbre de cette persécution est le martyre de S. Sixte II. Les circonstances de ce martyre avaient été attribuées à celui du pape S. Etienne, sur la foi de manuscrits postérieurs du Liber pontificalis, La vérité historique est aujourd'hui rétablie. S. Cyprien {}) dit clairement que le pape Sixte fut tué <i dans le cimetière >, <l in cimiterlo >, c'est-à-dire à St-Calixte. Une partie de ce cimetière a été appelée <L Ad Sanctum Sixtum », et les pèlerins y ont tracé sur les parois des invocations à S. Sixte : <L Sancte Suste, SusteSancte :^,tandis qu'aucune n'est adressée à S. Etienne (*). Surpris en ce lieu avec ses diacres, le pape fut transporté à Rome, condamné, et ramené sur la voie Appienne pour y être mis à mort. On sait comment son diacre, S. Laurent, fut aussi martyrisé trois jours après.

Vers le même temps mourut le jeune acolythe Tarsicius, lapidé comme le premier diacre S. Etienne, à qui S. Damase le compare (3), pour n'avoir pas voulu livrer aux païens la Ste Eucharistie. Ses reliques, conservées jusqu'au Ville siècle dans la basilique de St-Sîxte et Ste-Cécile, furent ensuite transférées à St-Sylvestre in Capite,

Non moins célèbre est le martyr S. Hippolyte {^). Il y eut au moins trois saints de ce nom : un docteur et prêtre de Rome, un évêque de Porto, et un soldat. C'est le premier qui, selon M, de Rossi, mourut sous Valérien et fut enterré sur la voie Tiburtine ; on a en effet trouvé dans ce cimetière une statue dont le piédestal porte la liste des ouvrages du Saint ; on peut la voir au Musée de Latran. L'inscription composée

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