ARC DE CONSTANTIN
générale et vague, qui suffisait d'ailleurs pour le déclarer monothéiste. C'est ainsi qu'on appelait les chrétiens i Cultores Dei s, adorateurs d'un seul Dieu.
Non loin de là, près du Forum, fut placée une grande statue de Constantin ; il était représenté portant le J-abarum, et l'inscription faisait allusion A ce signe. Eusèbe (") décrit le
yO ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
monument et rappelle l'inscription. Cette statue est peut-être celle qui se trouve dans le vestibule de St-Jean-de-Latran. Une autre devait orner Tabside de la basilique Constantienne : à celle-là, suivant M. Petersen ('), appartenait la tête colossale que Ton voit au Capitole, dans la cour du palais des Conservateurs.
Nous avons encore un souvenir de la bataille du pont Milvius dans la basilique du consul Junius Bassus, bâtie sur TEsquilin, Tan 317, à peu près à l'endroit où est aujourd'hui Téglise de St-Antoine. Cette basilique était très riche ; elle contenait les portraits en mosaïque des empereurs Flaviens et celui de Constantin, ainsi qu'une peinture représentant le triomphe du premier empereur chrétien. Basilique civile jusque vers la fin du V« siècle, elle fut ensuite transformée en église par la munificence du soldat barbare Valila, et appelée <L Ecclesia S. Andreae cata barbarum patricium >. Elle fut détruite au XVI* siècle. Des inscriptions, des dessins, des mosaïques provenant de ce monument, sont conservés dans la bibliothèque Barberini, au palais del Drago et au Musée du Capitole («).
Enfin sur un bas-relief trouvé en Afrique, et maintenant au Musée d'Alger, on reconnaît le passage du pont Milvius par les troupes victorieuses ; l'inscription ne laisse aucun doute sur l'identification de cette scène.
Le triomphe de'Constantin, à la différence des triomphes anciens, ne semble pas avoir été mêlé de cérémonies superstitieuses et idolâtriques. C'est donc à faux ou au moins gratuitement que le professeur Wagner, de Munich, dans sa belle restitution du triomphe de Constantin, d'ailleurs très exacte au point de vue topographique, a représenté l'empereur montant au Capitole pour assister à un sacrifice à l'autel de Jupiter.
Constantin 3e rendit à Milan avec son collègue Licinius. Là fut publié l'édit qui reconnut à l'Église son existence légale (mai 313). Il porte qu'on doit restituer à l'Église ses lieux de
1. Lecture faite devant l'Académie pontificale d'archéologie, i6 mars 1899.