‹ Basse-Bretagne et Bas-Bretons: Etude d'HygièneChapitre 26 sur 29 · ÉTAT ÉCONOMIQUE ET ANTHROPOLOGIE · texte numérisé non relu

ÉTAT ÉCONOMIQUE ET ANTHROPOLOGIE

À plusieurs reprises au cours de ce travail nous avons souhaité que l'état économique vienne au secours de l'hygiène. Nous estimons, en effet, qu'il tient en grande partie sous sa dépendance les caractères physiques, physiologiques et psychologiques des individus, et que F'accroissement de la richesse à une répercussion favorable sur le développement des individus. Cette opinion a été maintes fois soutenue et constatée.

En ce qui concerne la Basse-Bretagne elle est facile à

vérifier. M.Collignon, cité par Niceforo (1), « constate que dans les environs du chemin de fer Paris-Brest la taille s’est rehaussée. En comparant la laille dans les cantons bretons d'aujourd'hui avec les chiffres donnés par Broca, il y a plusieurs années, il a trouvé que dans ces cantons la moyenne de la Laiile estaujourd'huiplus haute... Javoue,

dit-il, que je serais très porté à rapporter celle élévation

de la taille à l'augmentation du bien-être qui est résullé de la proximité de la ligne. » | |

Niceforo prouve que l'instruction diminuelavec. l'aiz

sance, que l'insalubrité des habitations à sa répercussion ‘sur l'état physique des individus, que «l'insuffisance de l'alimentation chez les hommes des basses classes socrales est cerlainement une des causes de leur infériorilé physique, et il faut penser que le manque de nutrition frappé non seulement le développement organique, mais aussi la résistance à la maladie. M. Topinard écrivait à ce propos: « L'accroissement des os n'élant que lPexpression de l'excès d'assimilation de la matière calcaire sur le mouvement de désassimilation, il est rationnel qu'une bonne ou mauvaise alimentation et tout ce qui concourt aux conditions extérieures de la vie ait une influence, à la fois sur l'accroissement et sa rapidité. ».(p. 295.)

Il y a lieu de supposer queles Bretons, chassés d'Angleterre par les Anglo-Saxons au V° siècle, présentaient, au moment de se fixer sur le continent, des caractères communs. Or, en ce qui concerne la Basse-Brelagne, ces

(1) CF. Alfredo Niceforo. — Les classes pauvres. Recherches anthropologiques et sociales. Paris, 1905.

Collignon. — L'anthropologie au conseil de révision (Bullelin de la Société d'anthropologie de Paris, 1880).

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PRO caractères se sont différenciés selon le point de la Péninsule où leurs colonies ont dû vivre. Il est impossible aujourd'hui de décrireun {ype du Bas-Breton. Il y a des Bas-Bretons, des races dans la race. La différenciation ne porte pas seulement d'une région dialectale à l’autre, mais souvent d'un canton à l'autre. Et les régions les plus favorisées économiquement ont des habitants physique- ment supérieurs aux autres.

La cuvette centrale que limitent les monts d’Arrée et les ‘montagnes Noires est, comme nous l'avons vu, d’un sol moins fertile; les pluies y sont plus abondantes, le climat l plus rude, les habitants moins nombreux. {ls sont plus pauvres, et leur taille varie de 1 m. 55 à 1 m.62 Les bords de celte cuvette constitués par les zones littorales où il v a plus d'aisance ont des habitants d’une *. taille supérieure, qui va, dans la région de Plouescat- Roscoff, de 1 m.68 à 1 m. 70.

La culture intellectuelle est facilitée par la richesse, et les lycées et collèges sont nombreux et florissants dans la région de l'Ar mor. L'Argoat les ignore totalement.

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