‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 154 sur 280 · DE SAINT-ÉTIENNE · texte numérisé non relu

DE SAINT-ÉTIENNE

§ 198. — Cette partie du territoire houiller comprend toute la région située entre le Furens à l'Est et les limites du bassin à TOuest. Elle renferme les districts :

1* De Villards au Nord;

2"" De Quartier-Gaillard etBeaubrun au Centre;

S"* De la Ricamarie au Sud-Est;

4» De Roche-la-Molière à TOuest;

5" De Firminy au Sud-Ouest.

Les deux districts de Villards et ^e Roche la-Molière appartiennent surtout à rétage inférieur de Saint-Étienne ; celui du Quartier-Gaillard et de Beaubrun aux étages moyen et inféneur; enfin ceux de la Ricamarie et de Firminy aux trois étages, mais surtout à Tétage moyen.

Commençons par le district de Villards.

r Distriet de Vlllardu.

§ 199. — Ce district renferme les trois concessions de la Chana, la Porchère et Villards. 11 débute au Nord, comme tous ceux qui touchent à la

lisière Nord du bassin, par la brèche de Rive-de-Gier. Au-dessus viennent, entre Sorbiers et la Fouillouse, tantôt des traces de Tétage proprement dit de Rive-de-Gier, comme à ÉcuUieux, tantôt les débris plus ou moins brisés des bancs siliceux, situés vers 200 à 250 mètres au toit du même étage, comme au Maniquet. Ces bancs h fragments siliceux caractérisent, comme on suit, Tétage stérile quartM-raicacé de 500 à 600 mètres de puissance, qui sépare Rive-de-Gier des dépôts houillers plus élevés de Saint-Chamond et Saint-Etienne. Cet étage a 1,000 mètres de largeur auprès de Saint- Priest e^ près de ft,500 mètres, au Nord de Villards, dans la concession de la Porchère.

En montant du pont de Ratarieux vers le domaine du Maniquet, on rencontre, sur toute la ligne, des bancs de grès plus ou moins micacés, pareils h ceux du Grand Mont-Reynaud et de Soleymieux (§ 167). Leur directioa générale est Est70.uest avec plong^ée faible vers le Sud ^ sous les couches de la Doa, appartenant à Tétage inférieur de Saint-Etienne, et jadis exploitées dans la concession de la Chana. En. aval du pont de Ratarieux, en suivant la grande route, on trouve, avant 4*alteindre la brèche proprement dite, des bancs d'un aspect bréchiforme, qui alternent régulièrement avec les grès et poudingues micacés de Téiage stérile de Saint-Chamond. 11 semblerait y avoir sur ce point une. sorte de passage

graduel de la brèche au poudingue, qui rend assez diflBcile le tracé rigou-

reux de la limite commune des deux étages. Mais, au fond, ce passage, graduel n'existe pas,.puisqu*à EcuUieux, comme je viens de le rappeler, on trouve, entre les deux terrains, rétatre houlUer de Rive-de-Gier. En réalité,

les bancs à fragments de micaschiste peu roulés existent, à divers niveaux, dans Tétage stérile de Saint-Cbamond, et même plus haut au toit de la treizième àChaney; mais leur puissance n'est jamais considérable, et, avec quelque attention, on les distingue aisément de la brèche ^W^même*

Un dépôt houiller d'une nature spéciale apparaît au Nord des domaines 4^ÉciiUieiix et du^Maliiquet. La carte générale du bajBsiii le montre séparé de 1a brèche par tme étroite bande de terrain ancien; c'est le lambeau de

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ChapoulH^ déjà mentionaé lon^debdescripUcode celui deiValfleuqr (S A&3). Les d«ix dépôts sembleraient, d'après lesempreiates tronTées parlf . tirand'- Eury^ à pea près de même Age que Fétage de Rivenle-Gier, om platM un peu plus ancien.

Le lambeau de Valfleury, on doit se le rappeler, est séparé de liive-de- Gier.par la période, relativement courte, qui correspond à. Teffondremeat du massif ancien dont les débris ont constitué la brèche.

Celui de Gbapoulet a trois kilomètres de longueur, pour une largeur xie 3 à âOO mètres à peine. 11 se renfle pourtant irers son extrémité Nord- Ouest, là où il franchit le ruisseau de Malval, petit affluent du Furaos, auprès de la Fouillouse. La direction géoérale est Sud Est-Nord Ouest, c'est-à-diré i peu près parallèle à la limite de la brèche dans cette région. Le petit lâm^ beau coupe transversalement le flanc du coteau qui monte du Fureas vcfrs Saint-Héand. Le coteau est sillonné par une série de gorges qui toutes descendent du Nord-Est au Sud-Ouest. C'est entre les deux gorges extrêmes de l'Est, au Nord de la ferme de Chapoulet, que l'on explona, il y a quelques années, un petit a^Oeuremait dans l'angle Nord-Est 4e la concesaon de la Porchère. La couche y mesure 0"',50 à 0",60; elle court, comme le lambeau lui-même, du Sud-Est au Nord-Ouest, et plonge de &0 à kSf* vers le Sud^ Ouest. C'est une veine schisteuse, fort peu régulière, qui se termine eu biseau à une faible distance des affleurements. On a dû l'abandonner sans pouvoir y ouvrir des travaux sérieux. Le charbon est gras, avec 25 à 30 pour 100 de matières volatiles, mais laisse, même dans les parties choisies, 12 à 15 pour 100 de cendres. Le terrain est principalement formé de grès schisteux, plus ou moins grossier. L'affleurement a été reconnu sur 300 à 400 mètres en direction.

En résumé, on le voit^ ce lambeau n'a pas plus de valeur que celui de Yalfleury et ne fournira jamais une exploitation fructueuse.

Au Nord de la Fouillouse, au lieu dit les Perrotins^ parait» au milieu du terrain ancien, un deuxième lambeau isolé, de AOO mètres de largeur sur 500 à 600 mètres de longueur ; mais il est stérile et uniquement formé de brèche. Il n'y a donc pas à s'en préoccuper ; d'autre part, un petit lambeau de terrain

ancien perce au travers du terrain houiller entre la Porchère et Maniquet. § 200. — Si de la Fouillouse nous passons sur la rive gauche du Furens, nous trouverons, comme à ÉcuUieux, au-dessus de la brèche, les traces de l'étage de Rive-de-Gier. Elles m'ont été signalées par M. Grand'Eury. Une faille longe le Furens en amont de la Fouillouse ; elle court du Nord-Oues au Sud*Estet plonge au Sud-Ouest; c'est la faille qui limite les travr de la Porchère et de Yillards au Nord<-Bst, et qui se prolonge, vers le Est, jusqu'au centre de la ville de Saint-Étienne; c'est, en un mot, la faille transversale du Furens, déjà plusieurs fols citée, et sur laquelle j .. à revenir encore souvent. En amont de la Fouillouse, elle met en regard la brèche et le terrain ancien : le micaschiste occupe la rive droite du Furens, la brèche la rive gauche. On observe très bien cette dernière dans le nouveau chemin qui monte de la Fouillouse vers Saint-Genest-Lerpt; elle dépasse même la vallée du Cluzel et forme au delà le mont Ravel, point culminant entre le Furens et le Rio-de-Lay de la vallée de Cluzel. Sur ce point, la grande faille, dont je viens de parler, ne longe plus le Furens proprement dit; elle passe au pied méridional du Mont-Ravel, où à la brèche succède brusquement le poudingue stérile de Saint-Ghamond, et, peu après, vers la mine de la Porchère, l'étage inférieur de Saint-Étienne. Mais, en suivant ainsi depuis la Fouillouse le chemin de Saint-Genest, on croise, avant d'arriver à la vallée du Cluzel, le petit vallon parallèle de la Maison blanche, où M. Grand'Eury reconnut, au toit delà brèche, un petit aflSeurement, qui marque le passage du groupe deRive-de-Gier; et, un peu plus loin, aux Houilles, à la naissance du vallon de Robertane. des grès à sigîU aires, que M. Grand'Eury rapproche également du dépôt de Rive-de-Gier. J'ai vu ce même grès fin à empreintes en montant du grand Breuil au Poyet. En tout cas, au toit de ces grès, on arrive aux poudingues micacés de Saint- Chamond, qui s'avancent à l'Est jusqu'aux premières veines de l'étage stéphanois connues à la Porchère. Toutefois, dans cette région, un petit affleurement, analogue à celui de Bayard près de Sorbiers, apparaît vers le milieu de l'étage micacé de Saint-Chamond. C'est la veine de la Niarais, sur la rive droite du ruisseau de Robertane, non loin de sa jonction avec le

Rio-de-Lay. On Ta explorée, par une courte fendue, plongeant au Sud sous le plateau des Avais.

La couche atteint i'",20 dans les parties régulières, mais son allure est troublée par de fréquents amincissements dus au toit de grès. Le charbon est brillant, gras, à courte flamme; la proportion des matières volatiles y est de 23 i 2li pour 100 à peine. Les cendres sont abondantes : 8 à 10 pour 100 dans le gros, 20 à 25 pour 100 dans le menu. Au fond, c'est une couche de qualité médiocre. On a cependant recherché son aval pendage, en fonçant un puits non loin du domaine des Avats. Il a été poussé jusqu'à 150 mètres dans des grès assez réguliers, mais n'a pas rencontré la couche là où elle aurait dû se trouver. On ne sait si on l'a manquée par une faille, ou par suite d'un effet d'érosion. En tout cas, le puits a traversé ujn simple filet de houille, et aucune recherche n'y a été faite. On l'a abandonné en octobre

Si maintenant, du plateau des Avats, on s'avance de l'Ouest à l'Est, vers la base de l'étage Stéphanois, on rencontrera, avant d'arriver à la mine de la Porchère, quelques faibles traces d'affleurements, auprès des fermes de la Côte et de l'Hyassière ; ce sont probablement les représentants du groupe 16 à 13, fortement amincis et oblitérés^ près du jour. Jusqu'à présent on ne sait ce que ces couches deviennent en profondeur, car le puits Ravel de la Porchère, dont il sera fait mention sous peu, n'a rien trouvé au-dessous du groupe 9 à 12. D'autre part^ les travauic de la Cbazotte, de Ghaney et du Gros, prouvent que les treizième et quinzième couches sont variables dans leur allure; elles pourraient donc être exploitables en profondeur, dans ce district, quoique minces aux affleurements.

§ 201. — Ce groupe inférieur 16 à 13» dont l'existence est problématique à la Porchère, apparaît régulier, et fut exploité, vers 18/iO, dans la concession voisine de la Ghana. On y connaît du moins les couches 15 et 16, qui se rattachent, presque sans interruption, aux affleurements de l'Étivalière et de la Bérardière. La couche de l'Étivalière traverse le Furens, et fut retrouvée au delà, dans un puits d'une faible profondeur, creusé il y a quarante ans, non loin de l'ancienne maison de direction du chemin de

fer d*Ândrézieux. Plus loin, elle fut exploitée, vers la même époque, par le puits de la Terrasse ^ situé au voisinage du point où se croisent la route nationale et le chemin de fer de Roanne. La couche y est formée de trois veines pareilles à celles de la mine du Gros et du puits des Chaux. (Voir pi. XXIV. Coupe.) Le banc supérieur mesure 3'",10 sous un toit schisteux; vient ensuite un lit de schistes et de minerai de fer de I^^IO, puis le deuxième banc de houille de l^'^SO, plus tendre et plus pur que le premier; enfin, sous un deuxième nerf de 1 mètre, une dernière veine de 0",60 de qualité inférieure. Le puits est arrêté, à &0 mètres de profondeur, dans une assise de grès, bien avant le niveau de la seizième. Le banc principal de la quinzième est à 18 mètres du jour et n*a pu être exploité, en 1834, que dans une étendue de 100 sur 200 mètres, h cause du voisinage des afiBeurements au Nord et à l'Est, et par suite des failles qui rejettent la couche en profondeur au Sud et à rOuest. Entre ces limites la couche était régulière et presque plate, mais, au delà, elle descend brusquement de kO mètres à TOuest, vers les travaux du puits Saint-André de la Ghana. Le charbon était tendre et de qualité inférieure. (Pl.XIL)

Les anciennes mines de la Ghana, dites de la Doa et du bois Monlzil^ étaient desservies par quatre puits et plusieurs fendues. Les affleurements traversent, de l'Est à l'Ouest, les prairies, situées entre la colline de Saint-Priest et le bois Montzil, sur une longueur de près d'un kilomètre. Les puits qui ont servi à l'exploitation sont, & l'Est, le puits Saint^André^ que je viens de nommer; à l'Ouest, les puits Robinot et de la Boa^ non loin du bois Montzil. Le puils Peyre, situé entre deux non loin des affleurements, servait pour l'aérage. (PI. XII.)

Le puits Saint-'André fut arrêté à peu de mètres au mur de la quinzième, le puits de la Dba a été foncé jusqu'«^ 170 mètres, traversant la quinzième à 75 mètres et la seizième, divisée en deux bancs, vers 140 mètres. Le puits Robinot correspond à la grande faille du Furens et ne rejoint la couche que par un travers-bancs.

Dans toute l'étendue des travaux la quinzième couche est divisée en trois bancs comme à la Terrasse et au Gros. Le premier banc atteint généra-

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