CHAPITRE XII
connue dans le conunerce. On la recherchait alors, de préférence à toute autre, pour le gaz et la petite forge.
La couche avait une puissance des plus variables; tantôt on y constatait de véritables amas de 15 à 20 mètres, puis peu après 7 à 8 mètres seulement. Ces accumulations exceptionnelles semblent en partie le résultat d*une sorte de refoulement de la matière végétale molle; ailleurs plutôt le produit d'une végétation locale exubérante. Malgré cela, le gîte offre, dans son ensemble, une régularité relative assez prononcée, du moins si Ton en excepte les quelques plis et bombements, déjà signalés, auxquels on peut sans doute attribuer le refoulement local du magma charbonneux. Le puits des Hautes- Villes n" â, le plus profond des trois puits de ce nom, traverse la troisième vers 115 mètres ; il Tatteint entre deux gradins de la faille du Devais, qui s'éparpille ici en faibles rejets sous forme de patte d'oie ; aussi les travaux n'ont-ils pu s'étendre à plus de 500 mètres à l'Ouest, le long du flanc Nord du Montsaison. On a ouvert, à cet effet, les puits Grangetteei Montsalson n*» 1, qui ont permis d'exploiter la couche depuis les affleurements, aux cotes de 6iiO et 650 mètres, jusqu'à celle de 480 mètres.
A l'autre extrémité du champ d'exploitation des Villes, on a creusé, il y a cinquante ans, le puits Thiolière. Longtemps il demeura abandonné, parce qu'il était tombé sur la faille Montmartre, ou plutôt, sur l'une de ses ramifications latérales alors peu connues.
L'amont-pendage de la couche avait été exploité autrefois par le puits des Loges, ainsi que par une fouille à ciel ouvert, dans un terrain situé au Sud du chemin des Villes, et plus tard transformé en pépinière. Depuis lors, le puits Thiolière fut repris par la Société actuelle de Beaubrun, et approfondi jusqu'à la quatrième couche, qu'il rencontra à 142 mètres, au mur de la faille. Cest une couche de 1",30 de charbon cru.
A 90 mètres du jour on rejoignit la troisième, à peu de distance de la faille, ce qui permit d'en exploiter tout l'amont-pendage. A 118 mètres, on ouvrit un deuxième travers-bancs, qui suivit horizontalement la grande faille orientale surplus de 800 mètres en direction, c'est-à-dire jusqu'auprès du pnïls Montmartre. Je reviendrai bientôt sur cette importante recherche ; je dirai seulement
dès maintenant que cette longue galerie, ourerte i la cote de A55 mètres, a permis d'exploiter le bas-fond, situé, sous le quartier de la Croix de Mission, ie long de la faille.
Le puits principal de la région Sud, le puits Montmartre u!" 1, fut longtemps arrêté à 201 mètres; il a maintenant 388 mètres. Il traverse la seconde couche h 180 mètres et la troisième à 220 mètres, celle-ci amincie par érosion. En amont du puits, elle reprend sa puissance normale et fut exploitée h l'aide d*un long travers-bancs, ouvert à la cote de &90 mètres (à 128 mètres de profondeur). Comme aux Villes, sa puissance atteint sur quelques points 12 à 15 mètres, et au puits Camille même 19 mètres. Partout le charbon est de qualité supérieure. A l'Est du pniis Rochefort la couche est partielle* ment ravinée par érosion, et se trouve même réduite à un simple filet au puits Montmartre, comme je viens de le dire.
Au toit de la troisième, à la distance variable de 30 à 50 mètres, parait la seconde, qui fut surtout exploitée par le puits Rochefort. Son épaisseur oscille entre 2 et & mètres, avec renOements partiels de 10 à 12 mètres aux environs du puits Camille. Comme aux Villes, le charbon est plus dur, plus chargé de cendres, que celui de la troisième. Le bombement du terrain, entre les deux failles limites Est et Ouest, dont j'ai parlé, a amené dans certaines parties la rupture de la voûte. La houille, plus tendre que les roches, s'est amincie, par laminage, au sommet de l'arc et en fut refoulée latéralement. Dans la troisième couche , qui est puissante, friable et moins comprimée que la seconde, à cause de l'écartement plus grand des failles en profondeur, l'amincissement est peu sensible; mais dans la couche supérieure, plus mince et plus dure, la rupture a été complète. Au sommet de la courbure, le charbon n'existe plus; le toit disloqué repose directement sur le mur. Cependant, le long delà faille occidentale, on retrouve de nouveau la couche intacte.
Le puits AocAe/br^ rencontre la deuxième couche à 55 mètres de profondeur; il n'a pas été foncé au delà. Le grès existe au toit et au mur de la couche ; en général, celui du mur est fin, sauf là où la couche inférieure est ravinée par érosion, car alors la roche est plutôt à gros grains.