RIVIÈRE CHURCHILL
Sur presque tout son
Parcours dans la région de la carte, la rivière Churchill circule s
ur des terrains de l'ensemble précambrien ; l'exception est là où, près de son embouchure, la rivière pénètre dans le bassin paléozoïque de l4 baie d'Hudson et coule pendant une distance d'environ 150 milles sur du calcaire ordovicien. Le point de la rivière la plus élevé que nous ayons atteint est à la tête du Rock Lake. La partie située entre l'entrée du Rock lake et la frontière occidentale de la région représentée sur la carte est décrite comme suit par M.T. Fawcett, D. L.S., qui a fait un levé de cette rivière en 1888 :—
“En passant à l'est depuis la tête du lac Bear Island, les arbres verts deviennent plus rares, les berges sont plus élevées et sont en beaucoup d'endroits rocheuses et dépourvues de végétation. Les t<:.aii.: son gneissoïdes; leur allure est presque uniformément de quelques rés à Lesi lu nord et leur plongement variable. Il se présente en bien !:s endroits dans le: terrains, du minerai de fer magnétique qui donne L:u va variation dans la déclinaison de l'aiguille allant quelquefois jusqu'à 1:". Parfois entre quatre ou cinq stations successives la variation de l'aiguille sera de gu-tre ou cinq degrées trop faible et peut être ensuite sur une égale distance, trop forte. Même dans les endroits sableux où les roches n'apparaissent pas à la surface, on constate cette variation. Le plongement et la force semblent beaucoup affectés par les circonstances locales que la déclinaison. Dans l'angle nordouest du lac de Black Bear Island, se déverse un cours d'eau appelé Whitefish river venant du côté nord. C'est en amont de cette rivière que les sauvages sont supposés être parvenus en canot depuis Pine River en passant par une série de lacs. En traversant le lac Black Bear Island et en suivant la route canotière, il est impossible de distinguer la terre ferme d'avec l'île tellement toute cette nappe d’eau est entremêlée de canaux étroits et de baies profondes. En traversant le lac nous avons dû passer deux rapides. C'était pour nous une nouveauté de rencontrer des rapides au milieu d'un lac. Il nous faudrait une saison entière pour déterminer l'étendue, le profil et les îles du lac Black Bear Island en question.
“A trente-six milles de l'entrée du lac nous atteignimes sa sortie où il y a une chute de 8 pieds que l'on franchit par le Birch portage sur la rive droite. Près de l'extrémité nord-est du lac un deuxième cours d'eau viens se déverser venant du nord appelé aussi Whitefish River. Au bout d'une journée de canotage en remontant ce cours d'eau, l'on arrive à un lac appelé Whitefish. A un mille de l'extrémité du Birch portage nous atteignimes le Trout Lake que nous suivimes pendant 10 milles jusqu'aux Trout falls. A environ un mille et demi au sud de ces chutes, une branche de la rivière se détache et rejoint de nouveau le cours principal au Dead Lake. Près de la tête des Trout falls, la Trout River se déverse en venat du nord et s'élargit à quelque distance en amont pour se confondre avec une autre partie du Trout Lake plus étendue que celle que nous avions déjà parcourue. Une fois les chutes passées, il y a, sur une distance de sept milles, sept rapides dont trois doivent être franchis par des portages mais peuvent être sautés en canots par des navigateurs connaissant bien la rivière. Au pied des rapides et là où la branche sud se déverse en venant du Trout Lake, la rivière s'élargit et forme le Dead Lake. On trouve de l'épinette et du pin dans ces parages, mais pas de bon bois marchand. Le tremble et le bouleau sont les essences qui dominent. Sur un bon nombre des collines rocheuses les arbres sont brulés et l'on n'aperçoit que les saillies de roches dépouillées.
“En descendant la rivière depuis la sortie du Dead Lake, nous rencontrâmes une série de rapides appelés Devil's rapids et le portage de Big Devil. La plupart de ces rapides sont dangereux à cause des blocs de roche mais on les saute ordinairement tous excepté au portage de Big Devil. Au pied
de ces rapides on arrive à une expansion lacustre appelée Devil's Lake qui se termine au portage Otter où la rivière a une décli
lac Otter. On franchit ce rapide par un Portage sur la rive gauche, En
Portage mieux connu sous les noms de Mountain et Stony Mountain portages. Ce dernier
nous conduit au Rock Lake: qui s'étend jusqu'à Stanley où il y a une mission de l’église anglicaine et un poste de la compagnie de la Baie d'Hudson situés à l'extrémité sud du lac. Le poste de la Compagnie prend le nom de Rapid River mais la rivière de ce nom proprement dite se joint à la Churchill 13 milles plus à l'est dans le lac de Rapid River. Près de l'embouchure de la Rapid river sur cette rivière il y a une chute de 30 pieds. II n'y a pas beaucoup de terre arable dans l'entourage du Rock Lake, mais 1à où il y a de la terre végétale c'est ordinairement un limon de bonne qualité. M. Moberly gérant du poste de la compagnie de la Baie d'Hudson en cet endroit a eu l’amabilité de nous fournir une provision de légumes de son jardin. C'était au milieu de septembre et il n'était survenu encore aucune gelée, de sorte que les tiges de
Pommes de terres étaient aussi vertes qu'au début de l'été. Cette localité paraît être entièrement à l'abri des gelées de l'été:
Près des berges du Rock lake (planche XII) on aperçoit des gneiss fins et grossiers plongeant au sud-ouest sous des angles qui varient jusqu'à 70° et gisant par endroits en plateure ou légèrement ondulés. Le gneiss fin est un gneiss ou schiste hornblendique feuilleté et presque noir. Il se Présente par bandes irrégulières dans le gneiss à biotite grossier blanc et est recoupé par celui-ci. Les deux sont traversés par des de pegmatite rouge à gros éléments. Dans certaines bandes, le gneiss noir fin est moucheté de gros cristaux de feldspath et d’autres bandes renferment des grenats. Le long des rives occidentales du lac et de la baie Gunboat, il y a une série de gneiss fins et de schistes hornblendiques semblables à ceux de la partie ouest du lac La Ronge, qui plongent au nord-ouest sous des angles très raides. De même que les roches du lac La Ronge, les gneiss sont, en certaines zones, abondamment miné pyrites de fer.
En aval de Stanley et se continuant à la s Grave et du lac Grave, il y a de semblable fins entrerubanés de gneiss à diorite ro les berges, ils plongen
intrusions
ralisés de
uite des rapides gneiss hornblendiques
ugeâtre qui occupent t au nord-ouest sous des angles variant
1 Voir planche XII.
2T. Fawcett, D. L, S., Rapport Annuel, Min. de l'Intérieur, 1888.
entre 45° et 80°. Les schistes entrerubanés et gneiss fins forment une large zone ou série de zones venant du côté sud et se terminant vers le nord au delà de la vallée; l’une des zones s'infléchit à l'est et le chenal de la rivière circule au milieu de celle-ci jusqu’à l'embouchure de la rivière Reindeer où la zone tournant au nord est suivie par la vallée de la rivière Reindeer. Par places, les roches de ces zones ressemblent à la fois au schiste vert du Keewatin et aux gneiss de la formation de Grenville. On a pu suivre dans ces roches une bande de calcaire cristallin le long de la rive gauche de la Rapid River sur une distance de cinq milles et demi, ayant une direction nord-est vers la rivière Churchill. Dans l'examen rapide que nous avons fait des berges de la Churchill, cette bande n'a pas été aperçue, mais Dowling! signale la présence de calcaire cristallin sur la Churchill dans ces environs, qui n'est sans doute que la continuation de la même zone.
À Pine Portage, il Y a un granite à biotite rouge vif, gneissique par endroit qui recoupe les gneiss et forme la majeure partie de la berge méridionale du lac de Rapid River. La rive nord du lac entre les bandes de gneiss et de schiste fins est occupée par du gros gneiss à biotite blanc, avec bandes de schiste hornblendique qui bien qu'étant en apparence interlamellées avec les gneiss grossiers son: nés par eux. Toute la formation de gneiss et schistes ei ‘ 6e par de nombreux dykes de pegmatite rouge qui sont f ‘ ..ulement reliés à l’intrusion de granite rouge. En aval de Pine Portage l'allure s’infléchit assez brusquement vers l'est et le long de Drinking lake apparaissent des g: -iss à biotite quartzeux qui suivent la direction du lac. AK: Portage et à Grand Rapids, un mille plus bas les gneiss hornblendiques noirs, fins et finement micacés se présentent en larges bandes tantôt fortement chloriteux et tantôt Pourrissant et se rouillant à l'air. Ces bandes, de même que les bandes plus étroites déjà mentior bien que apparemment interlamellées avec les gneiss plus grossiers sont pénétrées par ceux-ci. On trouve des gneiss à biotite foncés finement grenus et rubanés le long du Island Lake jusqu'à Frog Portage où des gneiss granitiques à biotite quartzeux durs et rubanés
? Rap. Ann. C. G.S., Vol. VIII, Partie D.
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