LES PORTS DE NELSON ET DE CHURCHILL
“Avant d'avoir étudié les résultats des levés en détail, il est difficile de donnor un appréciation raisonable des vantages relatifs de port Churchill et de Port Nelson comme Ports de mer, et je ne saurais les envisager qu'au point de vue d'un Capitaine de vaisseaux atterrissant pour la Première fois, à ces endroits, sans experience locale et sans l'aide d'un pilote.
“Pour atterrir à Port Churchill après avoir bien vérifié la latitude et la longitude à cinq heures P. m., et avoir ensuite pratiqué des sondages, je marchai de l'avant jusqu'à onze heures P: m,, et, après avoir parcouru la distance voulue, je tournai au sud pour entrer au port. Le brouillard s'étant abaissé je jetai l'ancre pour la nuit, Lorsque le temps se fut éclairci le lendemain vers dix heures, nous aperçûmes la balise à l'entrée du Port, y entrâmes sans difficulté et trouvâmes un bon mouillage.
“Je donne ce détail Pour montrer combien le port est facile d'accès.
“Le port de Churchill, bien que pas très grand tel qu'il est aujourd'hui, me paraît facile d'agrandissement, la côte orientale étant bien entourée d'eau. L'entrée est étroite et je ne vois Pas que la mer puisse monter au point de déranger les travaux de chargement le long des quais, mais la forte marée et le courant venant de la rivière Churchill rendent parfois la navigation difficile si l'on marche Contre une bonne brise.
“Le terrain dans le voisinage du Cap Churchill est rocheux et recouvert
d'arbres rabougris; la plus haute altitude atteinte est d'environ 100 pieds audessus de la haute mer.
“Les dangers indiqués sur la carte de l’amirauté No. 863 comme étant au large du cap Churchill sont, d’après les gens du pays, beaucoup plus près de terre.
“Après avoir quitté Churchill le 27 juillet je me dirigeai sur Nelson Roads.
“Le terrain dans les environs du cap Tatnam et de la côte occidentale est très bas, le sommet des arbres n'atteignant certainement pas plus de 50 pieds au-dessus de la haute marée.
“Le fond aux abords de Port Nelson ou de York Roads nous a semblé très dangereux.
“Nous avons trouvé quatre brasses d'eau à un endroit où il n’y avait pas de terre en vue et nous avons finalement jeté l’ancre dans neuf brasses en un point d'où l'on apercevait de loin des arbres de la côte, et un phare situé près de l'entrée de la rivière et dont le sommet est à 80 pieds au-dessus de la haute mer se voyait de notre vaisseau à une hauteur de seulement 40 pieds au-dessus de l’eau. Bien que n'ayant 80 pieds de hauteur, ce phare est aperçu assez longtemps avant que tout autre signe de terre se présente à la vue.
“Le jour après mon arrivée je me rendis en canot automobile jusqu'à la rivière Hayes et constatai qu'une platière de sable et de cailloux en partie séchée s'avançait d'environ trois milles depuis le rivage, et je trouvai moins de 18 pieds d’eau sur quatre milles de distance et moins de 30 pieds sur une nouvelle distance de trois ou quarte milles.
“Le courant sortant des rivières Nelson et Hayes est très rapide et il y a un gros volume d’eau qui se déverse dans la rade de Port Melson. Lorsque ce courant se combine avec la marée descendante et s’avance contre les grands vents du nord qui prédomi-nt à cet endroit en août et septembre, cela fait une très mauvaise mer, particulièrement, comme l'on peut bien penser, en deçà de la ligne de sondages de cinq brasses. Les navires de la Baie d'Hudson ont eu souvent de la difficulté à se frayer et suivre une route dans les Nelson Roads et ont dû plus d'une fois, après avoir attendu plusieurs jours des circonstances favorables, abandonner le projet de pénétrer dans la baie. Dans ce cas ils transportaient leur cargaison à Churchill, d'où il fallait la faire traîner par des chiens pendant l'hiver. La façon de procéder ordinaire des navires de la baie d'Hudson est de longer la côte le plus possible à la marée montante et, une fois que leur signaux sont aperçus des employés qui sont sur terre, s’avancer au large, jeter l'ancre à une distance d'environ 18 milles et attendre les bateaux.
“Au mois d'août 1909 l'un de ces navires eut à faire face à une tempête venant du nord qui dura 48 heures: pendant une partie de ce temps, il marchait à toute vapeur après avoir jeté les deux ancres et la vague passait pardessus le pont. Après qu'il eut stationné dix jours dans les environs, voyant l'impossibilité d'avancer, ii dut se diriger sur Churchill où il déchargea sa cargaison de Nelson’
‘Après avoir quitté Port Nelson je me dirigeai au nord-est en pratiquant des sondages et trouvai de bonnes profondeurs sur plusieurs milles lorsque,
arrivé à environ 12 ou 15 milles du cap Tatnam, je re geai à propos de cingler franc nord. Le fond, dans le passe pour être aussi dangereux que ceiui du côté
levai dix brasses et juvoisinage du cap Tatnam ouest du port Nelson.
“On trouvera dans le apport suivant le résultat du levé fait à Port Churchill par M. Béchand."”
“Le port de Churchill est situé
en latitude 48-56-10 N.etenli 94-10 W. et à peu pr
ès au milieu de la rive ouest de la baie d'Hudson.
“Les approches du havre de Churchill sont très bien indiquées et relativement facile d'accès. Le premier atterrage en v étroit d’ son est le cap Churchill qui se détache distincte
ongitude
de distance. Depris ce Cap jusqu'au port il y a 35 milles, et un navire peut longer la côté d'assez près Pour avoir bonne vue sur le rivage JuSqu au moment d'arriver à la pointe Esquimau et à la balise de l'e du port “Cette fa
cilité d'approche est import quable avec les approches de tout le litto la baie James, qui est bordé:
sieurs milles de largeur.
“L'entrée du fort Churchill entre les 1,100 pieds et une profondeur al] pas moins de six brasses à l'ext
ante et forme un Contraste remarral depuis le cap Churchill jusqu'à “Par un haut fond formant une bande de plu-
profils de 18 pie ant jusqu'à 90 pie érieur.
ds, a une largeur de ds à l’intérieur et n'ayant
“Le port est en deux parties, l'une externe et |’ dernière est tellement peu profonde qu'e première en ce sens, qu'elle marée montante sant.
autre interne; mais cette Île est inutile et même nuisible à la aC=umule une vaste étendue d'eau pendant la qui donne lieu à de forts courants à travers l'entrée au ju-
“Le port externe, c'est-à-dire le longueur du nord au sud, sur une largeur moyenne de vaut à une superfficie d'un mille et demi Carré dire, est bien peu profonde, La superficie d'eau recouvrant les 18 pieds de profondeur à l'intérieur de l'entrée est d'environ 1,600,000 yards carrés ou à
Peu près un mille carré. Le mouillage n'est donc possible en conséquence que Pour trois ou quatres navires à la fois.
Port propremeut dit, à 3,000 yards de
2,00 yards, ce qui équi- , dont là majeure partie, il faut
“La rive orientale du port est une longue Pointe étroite ne
40 pieds en hauteur ,se rapetissant depuis 3,000 pieds à son extrémité interne jusqu'à une petite roche à l'entrée du Port. Sur une distance de 6,000 pieds ‘depuis l'entrée, cette Pointe est bordée Par une batture au milieu de laquelle se trouve une passe de 700 pieds de largeur sur au delà de 18 pieds de profondeur. Pour le commerce, ce serait un magnis jetées avec tout l'espace voulu Pour un trafic
dépassant pas
Si l'on choisissait ce port fige endroit Pour construire le considérable.
“La rive occidentale du port est une autre pointe d'environ 8,000 pieds de large aboutissant à une petite Île où se trouve ce qu'il reste de l'ancien fort Prince de Galles. Cette pointe ne se prête pas aussi bien à l'établissement de quais, jetées et chantiers navals où de chemin de fer.
“N'ayant pas les appareils voulus nous n'avons pas pratiqué de forages dans les fonds mais, autant qu'on a pu voir, ils se composaient des vases de la rivière.