Acte III, Scène IV
Léonie, bas à la comtesse. Entendez-vous? Il soupçonne M. Henri.
La Comtesse, avec trouble. C'est vrai ! . ,. . (Se remettant.) Allons, du sang-froid. tyS" c^t^ 5 Montrichard, s1 approchant de la comtesse et de Léonie et les saluant. Mesdames . . .
La Comtesse. Ah! c'est vous, baron? vous venez vous reposer auprès de nous de vos fatigues ; vous devez en avoir besoin. . . . Léonie ... un fauteuil a rrïon- 10 sieur le baron.
Montrichard, prenant lui-même le siège. Ne prenez pas cette peine, mademoiselle.
La Comtesse, gaiement. Eh bien ! où en êtes-vous de vos recherches? Avez-vous fait déjà enfoncer bien des 15 armoires dans le château? avez-vous bien fouillé ... interrogé ? . . . Mais à propos d'interrogatoire, comment appelez-vous cet examen de conscience que vous avez fait subir à ma nièce?
Montrichard. Mademoiselle ne m'a appris que ce 20 que je savais déjà, que M. de Flavigneul est caché ici sous un déguisement.
La Comtesse. Voyez-vous cela ... un déguisement de femme peut-être. . . . C'est peut-être ma nièce ou moi?
Montrichard. Riez, riez . . . Madame la comtesse, 25 mais vous ne me donnerez pas le change. . . .
La Comtesse. Je m'en garderais bien ! . . . Savezvous que vous avez fait là une belle trouvaille ? Ah ! ça,
4 du sang-froid : sl verb like ayez is understood before du sang-froid, 2 j fait une belle trouvaille: see trouvaille.
Ç2 Bataille de Dames
comment allez-vous faire maintenant pour découvrir le coupable parmi les vingt-cinq ou trente personnes du château. . . .
Montrichard. Le cercle se resserre, madame là com- 5 tesse; et si mes soupçons ne me trompent pas, d'ici à peu de temps . . .
Léonie, bas à la comtesse. Il sait tout, ma tante ! . . . (La comtesse lui prend la main pour la faire taire.)
Montrichard, continuant. Dès que j'aurai un siiognalement que j'attends . . .
Léonie, bas. Ciel !
Montrichard. Je pourrai, j'espère, ne plus vous importuner de ma présence.
La Comtesse. Ne vous gênez pas, baron; et si vos 15 soupçons se trompent ... ce qui leur arrive quelquefois . . . veuillez-vous installer ici sans façon, sans cérémonie, comme chez vous . . .
Montrichard. Moi! ...
La Comtesse. Certainement : et pour vous laisser toute 20 liberté dans vos recherches, je vous demanderai la permission d'aller passer quelques jours à la ville, où des affaires m'appellent.
Léonie, étonnée. Vous, ma tante !
La Comtesse. Tais-toi donc ! 25 Montrichard, à part. Ah! elle veut s'éloigner! . . . (Haut.) Vous partez?
La Comtesse. Oui, vraiment; et à moins que je ne sois prisonnière dans mon propre château ... et que
5 d'ici a peu de temps: see temps.