Acte III, Scène VI
à le trahir par son émotion même, comme font les enfants. . . . Non, Henri, la vraie tendresse, la tendresse profonde, c'est de rire en face de ce péril, c'est de railler avec la mort dans le cœur; seulement, quand le danger 5 s'éloigne, le courage s'épuise, la force vous abandonne. . . . {Fondant en larmes.) Eh ! si vous aviez été arrêté, j'en serais morte !
Henri. Chaque jour, chaque instant me révélera donc en vous une qualité nouvelle. ... Je cherche en vain 10 dans mon cœur quelques paroles qui vous disent tout ce que j'éprouve. . . . Vous qui pouvez tout . . . vous qui savez tout . . . ange, fée, enchanteresse, enseignez-moi donc le moyen de vous payer de tout ce que je vous dois !
15 La Comtesse. Vous ne me devez rien !
Henri. De tout ce que je vous ai fait souffrir !
La Comtesse, avec un grand trouble. Avant de répondre, Henri ... je dois vous faire une demande ... ces paroles si tendres, que vient de prononcer votre 20 bouche . . . sortent-elles bien du fond de votre cœur?
Henri. Ah ! vous m'outragez ! Quelle preuve ? . . .
La Comtesse. Eh bien ! c'est . . .
Henri. Parlez . . . c'est . . .
La Comtesse. Ëh bien ! mon ami . . . c'est de m'ai- 25 mer . . . car je vous aime ! . . . Silence ... on vient. . . .
ioo Bataille de Dames