‹ Bataille de dames; ou, Un duel en amour, comédie;Chapitre 40 sur 115 · MONTRICHARD, LÉONIE · texte numérisé non relu

MONTRICHARD, LÉONIE

LÉONIE, T aperceva7if. Pardonnez-moi, monsieur le baron.', je croyais ma tante dans ce salon, je venais...

MoNTR. Elle sort à l'instant, mademoiselle, mais je serais bien malheureux si son absence me faisait traiter par vous en ennemi ! ^ 25

LÉONIE. Moi, vous traiter en ennemi ! comment, monsieur...

MoNTR. En vous éloignant... Mon Dieu !... je conçois votre défiance...

LÉONIE. Ma défiance ? 3°

MoNTR. Sans doute, vous croyez que je viens ici pour vous ravir quelqu'un qui vous est cher !

LÉONIE, à part. Il veut me sonder, mais je vais être fine... {Haut.) Je ne sais pas ce que vous voulez dire, monsieur. 35

MoNTR. Ce que je veux dire est bien simple, mademoiselle. Il y a une heure, quand vous m'avez vu arriver

ici... suivi d'hommes armés... vous avez dû me prendre pour votre adversaire. Je l'étais en effet, puisque je croyais monsieur de Flavigneul dans ce château, et que je venais pour l'arrêter... mais maintenant tout est changé ! 5 LÉONiE. Comment?

MoNTR. Je sais... j'ai la certitude que monsieur de Flavigneul n'est pas ici.

LÉONIE. Ah !

MoNTR. Et je pars !

10 LÉONIE, vivement. Tout de suite ?

MoNTR., souriant. Tout de suite!... tout de suite!... Savez-vous, mademoiselle, que votre empressement pourrait me donner des soupçons...

LÉONIE, commençant à se troubler. Comment, monsieur? 15 MoNTR. Certainement ! A vous voir si heureuse de mon départ... je pourrais croire que je me suis trompé... et que monsieur de Flavigneul est encore ici...

LÉONIE, avec agitation. Moi, heureuse de votre départ ! au contraire, monsieur le baron ; et certainement, si nous 20 pouvions vous retenir longtemps, très-longtemps...

MoNTR., souriant. Permettez, mademoiselle, voilà que

vous tombez dans l'excès contraire ! Tout-à-l'heure, vous me

renvoyiez un peu trop vite, maintenant vous voulez me

garder un peu trop longtemps... ce qui, pour un homme

25 soupçonneux, pourrait bien indiquer la même chose...

LÉONIE, avec trouble. Je ne comprends pas... Monsieur le baron.

MoNTR., souriant. Calmez-vQus, mademoiselle, calmezvous ! ce sont là de pures suppositions... car je suis certain 30 que monsieur de Flavigneul n'est pas ou n'est plus dans ce château.

LÉONIE. Et vous avez bien raison !

MoNTR. Aussi, par pure formalité, et pour acquit de conscience... {Souria?it.) je ne veux pas avoir dérangé tout 35 un escadron pour rien... {L'observant.) je vais faire fouiller les bois environnants par les dragons.

LÉONIE, tranquilleme7it. Faites, monsieur le baron.

MoNTR., à part. Il n'est pas dans les bois... {A Léonie.) Visiter les combles, les placards, les cheminées du châ- 40 teau . . .

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