‹ Bataille de dames; ou, Un duel en amour, comédie;Chapitre 50 sur 115 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

LA COMTESSE, DE GRIGNON, entrant mystérieusement sur la pointe des pieds.

De Grignon. Me voici, madame, fidèle au rendez- 5 vous que vous m'avez donné!.,.

[// va prejîdre une chaiseP\ La comt., avec amabilité. Je vous attendais... De Grignon, avec Joie. Vous m'attendiez !... La comt. Et tout en vous attendant, je rêvais... lo De Grignon. A qui ?

La comt. a vous !...

De Grignon. Est-il possible !...

"La comt. Oui, à ce caractère chevaleresque, à ce besoin de danger, qui vous tourmente...

15 De Grignon. J'en conviens !

La comt. Et comme rien n'est plus contagieux que l'imagination, et que, grâce au baron de Montrichard, j'ai l'esprit tout plein de conspirateurs et d'arrestations, j'étais là à faire des châteaux en Espagne. ..de catastrophes. ..je 20 me figurais un pauvre proscrit condamné à mort... De Grignon. Et vous étiez le proscrit. La comt. Non, au contraire, c'est à moi qu'il venait demander asile.

De Grignon. C'est bien aussi...

25 La comt. Il m'apprenait qu'il avait une mère, une sœur...

De Grignon. Comme c'est vrai !

La comt. Et soudain voilà des soldats qui entourent le château en m'ordonnant de leur livrer mon hôte... 30 De Grignon, ji? /t7.'(7/;/. Le livrer... jamais !

La comt. Comme nous nous entendons!... Ils me menaçaient presque de la mort !...

De Grignon. Qu'importe la mort! surtout si celle que l'on aime est là pour vous encourager, pour vous bénir... 35 Ah ! comtesse, quand je fais de tels rêves, avec vous pour témoin, mon cœur bat, ma tête s'exalte...

La comt., souriant. Peut-être parce que c'est un rêve !...

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