‹ Batavia [microforme]Chapitre 19 sur 27 · WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y

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commandant. Bien qu'intérieurement-le jenné lieutenant frémît lui-:19me au soupçon d'un affrèux mal. heur, il feignait un grand calme et donna aux deüx ‘fémmes l’assursuce qu'elles ne tarderaiént pas à rece. voir de nouvelles favorabls. a 9

Le sergent et son compagnon quittérent en effet Ja factorerie ; mais À la grande surprise et au grand effroi de tous, ils ne revinrent pae. Plus d'une heure s'étant écoulée sans qu’on les revit, le conseil de guerre envoya un second sergent au camp des Javanais, mais celui-ci ne reparut pas davantage, Hp

Ce qui confirmait les douloureuses appréhensione de la garnison, c’est que, depuis le lever, du soleil, on n'avait pas vu un seul Javansis s’aventurer en dehors du camp. Or, les Jours précédents, on avait eu peine à les empêcher d'effluer en foule dans la factorerie ; ce changement sou jain dans leûr ,conduite devait avoir un motif, et quel autre motif pouvait-ce être que la crainte que les Hollandais ne se vengeassent (le l'attentat commis contre leur chef ?

Les soldats se tronvaient sur les remparts et regardaient dans la plaine et sur la route de Jacatra. La plupart étaient transportés de rage et se répandaient en impécations et en cris de vengeance. contre les

perfides Javanais. Quelques-uns : d'entr'eux s'écriaient qu'il fallait courir aux armes et tenter une sortie. Les officiers s" ffurçaient de leur faire comprendre que, pour le moment du moivs,. cela était impossible ; mais ils ne semblaient aullement disposs à envisager la situation avec calme et eang-froid.

‘Tandis que tous les regards étaient fixés sur le camp javanäis, on vit, à l’éntrée de la route qui conduisait de Jacatra à la factorerie, apparaître ‘trois

Tavänais et une autre nersonne qui, éscortés par eux

marchait seul en avant et bientôt se mit à courir

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erdre haleine vers la factorerie, en tenant ue lettre la:main.

C'est le nègre du capitaine! c'est Congo ! nous alloas tout savoir ! ” s'écria-t-on de toutes parts.

Pendant un instant encore, on suivit des yeux le

nègre dans sa course ; mais quand il s'approcha de la

forteresse, la plupart des hommes quittèrent les r::n- Paris et coururent vers la porte pour apprendre plus 4ôt.la nouvelle qu'il apportait. de

À toutes les questions qu'on adressa à Congo, à son,entrés dans la factorerie, il répondit :

“ls sont prisonniers; on les tuern, Où est le lieutenant Pietersen ? Dites, dites ! «à est le licutenant?”

Æt, promenant autour’ de lui un regard égaré, il s'efforçait de découvrir. Walter dans la foule.

Le capitaine Van Ray s'approcha de lui, le saisit par le bras et le força de s'arrêter court, . Congo: se souvint alors qu'il avait été chargé de remettre un message au conseil de guerre ; il tendit la lettre au capitaine, et dit : ;

“‘Iier où a truftreusement saisi mon maître et ceux qui l'accompagnaient : on nous a garrottés ; on nous a maltraités ; on nous a jetés dans un affreux cachot, On amènera le capitaine : il veut parier au

conseil de guerre; cela est écrit dans cette lettre. Où ert le lieutenant Pietersen ?

—Je l'ai vu entrer tout à l'heure chez le capitaine Van den Broeck, ” dit un soldat.

Tandis que Van Ray ouvrait la lettre et inyitait les membres du conseil de guerre à le suivre, Cougo traversa rapidement la place et gagna la demeure de son moître, Il trouva madame Ven den Broeck et Adélaïde dans les bras l'une de l'autre et tout en larmes, et aperçnt le lieutenant debout près de la fenétre, et la main devant les yeux.. Son entrée les

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tira tous trois de la navrante anxiété dans laquelle

ils semblaient plongés. Tous trois s'élancèrent au devant du nègre avéc un sourire fébrile dans lequel la crainte d’un affreux malheur se mélait à l'espoir “d'apprendre une heüreuse nouvelle.

Congo s’effraya : il comprenait alors seulement qu'il avait été imprudentet qu'il allait peut-être porter un coup mortel à ‘fes maitresses, en leur, révélant, saus préparation, le terrible événement qui s'était passé. Aux premières questions qu'on lui adressa, il répondit, en balbutiant, qu'il avait avant tout, “quelque chose à dire en particulier au lieutenant, et il voulut se rendre avec celui-ci dans une autre pièce ; mais Adéluïle s'élança au devant de jui, et, d'une voix déchirante, lui ordonna da dire ce qui était arrivé à son pauvre père. Dans son angoisse ælle parlait d'asssssinat et de mort.

< Le nègre: s'arrêta et foudit en larmes; puis il dit : F : Lo ‘Oh! madame, mademoiselle, c'est bien assez hortible; n’exagérez pas ce malheur: mon maître vit.... A

Ah lil vit! s'écria la femme da capitaine d'une

voie tremblante de joie. Dis donc, Congo ce qui Jui est arrivé, pour que tu pleures ainsi, ” ‘ Ls nègre regarda le lieutenant comme pour lui demander s'ils pouvait obéir à l’ordte de sa maitresse. Walter lui fit un signe des yeux qui semblait Jui re. commander la prudence.

‘ # Parle, Congo, parle donc, pour l'amour de Dieu ! s'écria la jeune file d’une voix suppliante, —Je vais parler, dit le nègre d’une voix altérée ar les sanglots. Si j'avais le pouvoir d’écraser sous mon pied tous ces infâmes Javanais, il n’en vivrait plus un seul demain ! Nous arrivons hier dans leur camp ; le pangerang flatte hypocritement

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mon maître ; le fait asseoir à côté de lui et fait dan. sait ses bedojos devant le capitaine. Puis:il l'invite à partager un festin dans son dhalm ; nous le suivons sans défiance ; mais à peine sommes-nous dans le palais du perfide prince qu’on nous saisit, et... —Congo, ne nous cache pas la vér:té ! s'écria Adélaï le qui s’apercevait que le nègre n'osait pas parler franchement. Vic — Alors, reprit le nègre, on nous garrotta les bras avec des eordes, et l’on nous conduisit dans une säîle où un grand nombre d’orang-kays nous ont gardés Jusqu'à présent. | | an qu

—Ah mon pauvre père, on l'a garotté! dit la jeune fille en sanglotant. Les méchants Javanais l'ont maltraité ; mais il n’est pis un homme à se laisser garrotter sans résistance. Oh mon Dieu, ils l'ont blessé peut-être 1 ” |

Walter se contenait et affectait de paraître calme: mais sa main serrait la poignée de son.épée avec une violence si convulsive, qu'on entendait craquer ses doigts, p vue) æ

Non,. malemoiselle, vous vous trompez dit le nôgre. On n’a pas fait de mal à mon maître. Il ne s'est pas défendu, parce que....parce qu'on lui avait enlevé son épée... .et l’on a délié ses bras dès qu'il à ét# dans la salle qui devait ini servir de prison. ,1.: io Fr .…—Oiél ! que vois-je ? s'écria Adélaï le, Congo, ton œil est tout sanglant ! Et tu assures qu’on ne t’a pas maltraité? +“ CE SARL

—Moi, moi, bégaya l'esclave,:..oui....c'ést vrai j'ai reçu un coup de poing....un seul.

—Congo, tu ne dis pas la vérité, ” s'écria d'une voix nayrante madame Van den Broeck, qui tout à coup cacha sa’ tête dans ses mains et se mit à pleurer à chaudes larmes. | e set LL

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“Quand la jeune fille vit.la profonde désolation de

sa mère, .elle s'élança vers le lieutenant, et tendant vers lui des mains suppliantes, elle s'écria : .

“Oh!: Walter, vous.êtes brave ; votre parole est toute puissante. sur, les. hommes. de l& garnison. Montrez en ce moment que vous êtes. reconnaissant envers mon malheureux père de la bonté qu'il vous témoigne ; ah! montrez que vous aimez sa fille! Délivrez-le des mains de ses meurtriers]! je vous ré- Compenserai largement de ce bienfait : je vous aimerai de tout mon cœur et vous bénirai jusque sur mon lit de mort!

—Ne me dites rien, Adéluïde ; l'indignation et la soif de la vengeance font bouillir mon sang. Siune intrépide réso ution et un héroïque courage, peuvent briser les liens de votre père, soyez sûre que l'heure de sa délivrance sonnera bientôt. Demeurez calme, mon amie ; le malheur qui nous fra ppe est bien grand

sans doute, et moi aussi je verse des larmes de pitié et de rage; mais si l’on n’a pas maltraité votre père, c'est une preuve que les Javanais n’en veulent pas à sa vie. Espérons que. Dieu le protégera jusqu'à ce que nous puissions de délivrer. ... Retenez vos. larmes. et Jaiesz-moi adresser quelques* Juestions à Congo. Dis-moi, ‘Congo, as-tu quitté le Capitaine immédiatement avant de venir à la forteresse ?

—Non, monsieur le lieutenant, il y environ deux heures que je 'aiquitté. On a conduit le capitaine

‘devant je pangerang, mais je sais parfaitement qu'il ne l'ui est arrivé aucün mal depuis lors, i r-Pourquoi 1’3-t-on renvoyé à la factorerie ? —d’ai apportéune lettre pour le conseil de guerre, monsieur le lieutenant, une lettre du dommagon, à £8 ;que m'ont ditiles orang-kays, qui m'ont amené LOrS du camp, et js connais aussi le contenu de cette lettre. D'après les Orang-kays, mon maître agrait

sal té AS SE rie

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et tendani CR > parole. est garnison, Onnaïssant qu'il vous z sa file!

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demandé au pangerang la permission de parler à la

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et l’on amènera le capitaine sous les remparts. 2

—Ah! je verrai mon pauvre père! dit Adélaïde d'une voix pleine de larmes. Je le verrai captif, garrotté, maïs du moins mes yeux le contempleront vivant.

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