‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 68 sur 256 · COMPENSATIONS A DONNER A L'ÉLECTEUR · texte numérisé non relu

COMPENSATIONS A DONNER A L'ÉLECTEUR

faire dans cette conjoncture sans la participation et sans Tagrétnenl de Sa Majesté, Elle veut premièrement que le sieur comte de la Marck assure ce prince du j;ré qu'Elle lui sait do la con- Jiuncc qu'il prend en Elle. Le sieur comte de la Marck ajoutera qu'elle est d'autant plus juste que Jo Roi regarde non seulement les int^Jrèls de cet Electeur comme les siens propres, mais même que Sa Majesté est disposée à se contenter de conditions moins avantageusi^s pour Klle dans le traité de paix, s'il est possible qu'en se relAchant pour EUe-raèmeyEUe obtienne pour ce prince iiis conditions plus favorables. Elle voit avec beaucoup de déplaisir que les Anglois ne sont pas moins opposés que les Flollandoisau dédommagement qu'Elle prétend faire obtenir à TElecteur. l^s deux nations résistent également à lui laisser la souveraineté et la propriété des Pays-Bas catholiques que le roi d'Espagne lui a cédés.

Les Anglois, jaloux do la puissance des Provinces-Unios, ne veulent pas que les places principales des Pays-Bas soient au pouvoir des troupes hollundoises, comme elles y seroîeni si rôlectour de Bavi(^re en demeuroil souverain. Ils insistent par ronséqufut à les faire céder à l'arcliiduc ' qui les gardera par ses propres troupes.

Les Hollandois sont persuadés ou feignent de l'être qu'ils n'auroient plus de barrière si les provinces qui doivent en former la |)rîni-ii>ale partie appartcnoient à un prince étroitement uni avec le Roi et avec le roi son petit-fils.

Ainîii ces deux nations, pur des raisons différentes, s'opposent également à laisser à ce prince possession des Etats que le roi d'Espagne lui a cédés. L'Angleterre prétend même que TElecteur iloil être content do recouvrer ses Etits liérédilaires, à l'exccplion toutefois du haut Palutinat et du rang dans le collège élecloniLdont Télocteur palatin jouîroit seulement pendant sa vie.

Le Roi ne sait pas si précisément ce que lu république de

Hollande |H*nse sur ce sujet, mais Sa Majesté a renouvelé encore

depuis peu ses ordres i\ ses plénipotentiaires aux conférences de

^^ la paix, d*appuyer fortement les intérêts de rElecleurdcBavièi'e,

^H 1. L'Kmpcrnur Cbltrles VI.

^^ HtCriUt t)R3 IXSnCCT. DIPLOMAÏ.

vu. — 10

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LK COMTE OE I.A MAUCK. Mii,

d'insisler pour lui conserver lus Fayâ-Biis, ciifiu de proposer l'échange du royaume de Naples avec r^^lectornl de Bavi^rev en sorte que ce prince, obteuunl encore du roi d'Espugnc le royaume do Sicile, fût (ItMioniinagc et des pertes qu'il a fniics et des cessious qu'il fcroil pour te bien île la paix *.

Mais comme lesucctVde^ ni?gociationseï»l toujours lucertain^ qu'il dépond des évéïiemeuts do ta guerre, et que la campagne venante s ouvrir avant la conclusion de la paix, il e>it im|»ossible de savoir quel sera le fruit des soins et des iustancos des plénipotentiaires*du Roi, il paroità SaMajesti^ que lu prudence vent que rfclecteur do Bavière cultive les avances que l'électeur palatin lui a faites. Elles donnent même lieu de croire que ce prince, assez instruit des secrets de la ligue, voit de gnindes dispusîtiuns à une paix prochaine, puisqu'il est le premier à pechercher l'Électeur de Bavi<>re, après avoir gardé aussi longtemps le silenco k son ôgard.

C'est le conseil que le comte de la Marck donnera de la pari du Roi à cet Electeur, Tassuraul que Sa Majesté approuve fort ijuil donne ses instructions et ses pouvoirs, soit au sieur lleîndenfeld, soit à tout autre qu'il jugera 3 propos, pour entrer en conféreuce avec tel ministre ou agent que l'électeur palatin choisira pf>ur c<,'t eiïet.

II est aussi de Tintérêldc la maison de Bavière de suivre et de faire réussir, s'il est possible, la proposition du mariage du prince électoral' avec une ihrs archiduchesses; mais comme les droits que chacune d'elles peut avoir seront fort contestés, il sera de la prudence de l'Electeur, si cette alliance s'accomplit, do prendre de sages précautions pour assurer pour le présent et pour Tavcnir les avantages qui lui seront promis.

Le Hoi veul aussi que le comte de la Marck entretienne la correspondance que le comte Phaueberg, premier ministre de

1. L'AogleterK voal&nt disposer de la Sicile en tereur du duc d* Savoie, Louie XTV dnmamlti par lu stiitA pour rri)cct«ur d« Bftvifîre le rojaiLm« de S*r* dniffue; l'AngleU^rre adhéra à cette combinaison, ce qui irrita vivemont l'Ëmpa* rvui*. Ccproji'l n'eut d'ailleurs pas de liuile, du moins en co qui roncernait l'Glect^nr.

2. Charles-Albert, ué en tttfî7. qui devint électeur puis «mix^rtïur sou« le nom de Charles Vil. Il épousa eu 1722 l'archiducliease Uarie-Amélie, lUle cadeiio d< l'Bnipeieur Joseph 1*', après avoir renoncé à tous les droits que ce mariage aitraii pu lui donner sur la succession des pays héréditaires dt l'Autriche.

ATTITIUB NOLVKLLE DK LA SUEDE.

réiectenr [Milatin, veut renouer avec lui. Il y a lieu de croire quo pnbqu'il on fait l'ouverture, ses propositions seront désormais plas mîsonnahlcs que ne l'étoient celles qu'il fit ruuiipe dt^rnière. Quoi qui! on !*oit, celte corresnondance ne sauroit nuire, la discr*?- Uon du comte de la .Marck étant assez, connue du Roi pour être «Muré qu'il ne fera nulle avance contrai ru au service do Sa ajusté.

Elle vent qu'il prenne ses mesures pour se rendre aux bains d .Vi\-laChapelle, sfïus prtUoxte du rétablissement de sa santï^ lorsque la jiaison de prendre les eaux sera venue et que le duc di* Mrokelbourg pourni se rendre en cette ville. Il seroil inutile de K'pf'ler ce que le comte do la Marck sait du projet de ce prince pour former wne ligue en Allemagne.

11 sufGtdo lui confirmer encore que le Roi regarde cette union des princes de l'Rmpire comme aussi importante pour ses intérêts que pour le maintien de la liberté de l'Allemagne, que Sa MajeAt*^ |M»rsiste dans la résolution do contribuer par les subsides qui lui ont été d('niiiiid*'*s k stjutcnir cette liaison des princes de rKmpîre. Elle croit que leur union doit avoir pour objet le mainn du» traités de Westphalie. par conséquent la réparation des ntrnventions faites par la maisfin d'Autri^'he ft ces traités. Sa Majesté sait que la régence de Suède commence enfin à dre beaucoup de jalousie de Tcxcès de puissance de l'archi- , qu'on trouvera par conséquent celte couronne disposée à nir aux princes bien intentionnés, qu'on lui persuadera facile- I que c'est Tunique moyen de consener les provinces qu'elle

en Ailemague.

ilparolt enfin que le roi de Danemark, mécontent do ses alvoadroit aussi prendre des liaisons avec Sa Majesté, et peu^qu*oo pourrciit trouver le moyen de l'engager «le manière (|uo Ita limités que le Ih frroil avec lui seroicnt utiles au roi de Saèd<^ «1 à la ligue h former dans l'Empire.

Le romle île la Marck parlera de tous ces projets à rKlecteur re, rommc d»f vues que Su Majesté se propose do suivre ,,,ayer principalement cellt*» ilont l'eiri't sera le plus avaniX M le plus prochain. Celle qui demande le plus d'alteuiion I la ligue de« princes de l'Empire, proposée par le duc de

Meckelbourg, rintention du Roi est de ne rien omettre pour en presser la conclusion.

Au reste, Sa Majesté continuera d'informer de ses intentions le sieur comte de la Marck, sur le compte qu^il aura L'honneur de lui rendre de ce quUl apprendra par rapport au bien de son service.

Les dernières lettres écrites par le comte de la Marck au cours de de sa mission auprès de FËlecteur de Bavière sont du mois de juillet 1713. A ce moment les négociations pour la paix étaient déjà fort avancées avec plusieurs d'entre les alliés.

Informée du désir de Haximilien 11 de trouver quelque belle compensation à ses pertes territoriales, FAutriche avait voulu en tirer proût et s'entendre directement avec lui. Le comte Lôwenstein, qui administrait la Bavière au nom de l'Empereur, eut une entrevue avec Haximilien à Namur et chercha à savoir si ce prince ne consentirait pas à renoncer à la Bavière moyennant une indemnité telle que les Pays-Bas ou Naples et la Sicile. Maximilien, sans donner un consentement formel à cette proposition, parut en admettre le principe, si bien que son frère, Télecteur de Cologne, crut devoir adresser à Versailles et à Londres une protestation en règle contre le projet d'abandonner les États héréditaires de Id maison de Bavière. Il sufQt d'ailleurs des rivalités qui éclatèrent entre les puissances pour que Ton y renonçât.

Ce furent d'abord les Provinces-Unies qui, ne voulant pas avoir dans leur voisinage un allié de la France, stipulèrent dans Tarticle 9 du traité de paix, qu'elles signèrent à Utrecht le 11 avril 1713 avec les plénipotentiaires de Louis XIV, la révocation pure et simple de l'acte par lequel Philippe V avait transporté les Pays-Bas à Tl^leeteur de Bavière ; les Hollandais concédèrent cependant que Maxiinilion ;j:arderait Luxembourg, Namur et Charleroi, jusqu'à ce qu'il cAt été rétabli dans ses États, à Texception du liaut Palatînat, et qu'il eût obtenu le royaume de Sardaiguc.

LE COMTK DK SAL'MERY. 17 15.

L'Kmpereur n'acceptait ni de renoncera la couronne d*KspBgne, ni de rentituer anx élpcteurs de Bavit'»R» et de Cologne leurs bieu^f; el prérogatives ilans l'Empire. Abandonné de tous ses alliés, quiavaienl successivement lrait<î avec la France à Utrecht, il continua seul la guerre. Lu canipag^ne dt! I7i;{ lui fut d<>favorable; des préliminaires di> paix furent signés à Rastadl le 0 mars 171 i entre la France el i'Kînptreur et le traité dtîfinitif fui conclu h Uade le 7 septembre de la même année. L'Autriche recevait les Pays-Bas espagnols el le royaume de Sardaigne ; il n'y avait plus rien <le disponible pour dédommager M aximilien; aussi THnipereur lit taire ses scrupules personnels, et consentit à restituer à r£lecteur toutes ses possessions, y compris méuie le haut Palatinat, que Ton retira i l'électeur palatin en lui firomettant une compensation qu'il n'eut jamais. La seule condition mise par Charles VI à ces concessions fut que rKlccleur Maximllicn demanderait et recevrait de rKmperenr une nouvelle investiture.

La paix rétablie el Maximilicn restauré, Louis XIV envoya auprès do lui le comte de Saumery pour reprendre des relations diplomatiques régruliéres. Déjà Ion parlait d'un mariage qui unirait le prince électoral de Bavière ù la famille impériale el comme il n'y avait pas d'héritier du sexe masculin dans la maison d'Autriche, co mariage pouvait avoir de grosses conséquences. ïl fallait à la fois empocher Maximilien de s'unir trop étroitement à r.Vutricho et lui laisser enlT"'voir la possibilité qu'il snrcédAI un jour à Charles VI comme empereur. Ce fut l'objet do l'instruction donnée au comte de Saumorj', !e marquis de Torcy étant ministre des affaires étrangères.

Dès In 50 février t7li, une convention avait mis la Bavière dans la dépendance de la France, en lui assurant des subsides annuels, et le concours de la Franco dans ses revendications éventuelles contre la succession d'Autriche ou pour la candidature de l'Électeur à l'Empire; de son cété, lEliirtcur s'était obligé b. concerter sa politique avecle Roi.

BL'T DE LA POLITIQUR PRAN^AISK.

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liK UK ilOMVUiSlE I»ES aiEVAUX-I.tT.KnS OE LA GARDE hV.

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