‹ Bayeux à la fin du XVIIIe siècleChapitre 32 sur 35 · RÉCOMPENSES EN DEHORS DU PROGRAMME · texte numérisé non relu

RÉCOMPENSES EN DEHORS DU PROGRAMME

Médailles d'honneur en argent, décernées par l'Association Normande , pour la bonne tenue des exploitations.

MM. Fouchaux, agriculteur à Ryes.

Dupont, agriculteur à Vaux-sur-Aure (*).

Après la distribution des récompenses, ont eu lieu les divertissements du mât de Cocagne et du casse-cou. Ces Concours d'un genre spécial avaient réuni aussi un grand nombre de concurrents; la aussi la lutte a été vive et les culbutes et dégringolades fréquentes. Les rires de la foule nombreuse qui assistait a ce spectacle ont prouvé le plaisir que lui causait ce divertissement.

A cinq heures, sous une tente élégamment décorée a eu lieu un banquet de cent vingt couverts auquel ont pris pari, en qualité d'invités par la Société, les vieux serviteurs ré-

O MM. Fouchaux et Dupont, lauréats en 1<S50, s'étant absteuus, par un sentiment de délicatesse, de concourir on 185G, étant membres du jury.

compensés et les lauréats du Concours de labourage.

Inutile de dire que la plus franche cordialité a présidé a ce repas.

Au dessert, M. Blanlot, maire de Ryes, a porté un toast à l'Empereur, protecteur de l'Agriculture, ainsi qu'a l'Impératrice et au Prince Impérial. De respectueuses sympathies ont accueilli cette santé.

M. Pezet a pris ensuite la parole et s'est exprimé en ces termes :

Messieurs , Je ne serais pas l'interprète fidèle des sentiments de tous ceux qui m'entourent, si mes dernières paroles n'exprimaient pas à M. le maire de Ryes et à MM. les membres de la commission d'organisation, notre reconnaissance pour les soins qu'ils ont donnés à celte belle fête agricole.

Honorée parla présence d'un savant, membre de l'Institut, qui a consacré ses veilles et ses travaux à l'application de la chimie à la scienceagricole, et dont les œuvres, devenues populaires, ont fait faire de grands pas à l'agriculture normande, et par le concours de toutes les notabilités du pays, cette solennité fera époquedans les souvenirs do ce canton, dont j'aime à redire les litres à l'estime publique.

Sa population agricole vous a prouvé aujourd'hui l'essor qu'il a pris dans la voie du progrès, et combien il est digne de rivaliser avec les cantons les plus avancés.

L'un des centres de l'industrie dentellière, ses nombreuses ouvrières sont disséminées sur tous les points de son territoire. Economes et laborieuses, elles répandent autour d'elles, sans quitter leur foyer, sans se détourner des soins du ménage, l'aisance et le bien-être. Les médailles d'honneur, que l'Empereur a décernées récemment aux plus habiles d'entreelles, ont signalé la part qu'elles ont prise à l'éclat dont a brillé la fabrication dentellière de Bayeux dans la grande lutte des industries européennes.

La population maritime de ses rivages revendique une part d'honneur dans les efforts suprêmes et glorieux de nos armées navales. N'avons-nous pas vu naguères ces marins-laboureurs, fils, époux et pères, quitter, avec courage, à la voix de la patrie, leurs foyers, leurs familles, tout ce qui est

cher au cœur de l'homme, pour aller devant Varna etSébastopoI, défendre et rehausser l'honneur de nos pavillons !

Au nom de la Société d'Agriculture de Bayeux, j'ai donc l'honneur de vous proposer, Messieurs, un triple toast qui sera ratifié par vos applaudissements :

A la prospérité agricole du canton de Ryes !

A son industrie dentellière/

A ses braves et intrépides marins /

M. Desclosières, membre du Conseil général , a porté à son lour, le toast suivant :

Messieurs,

Je suis certain d'être l'interprète du canton de Ryes, en proposant un toast à MM. les Membres des diflérents jurys chargés de décerner les récompenses au nom de la Société d'Agriculture de Bayeux. Le premier sentiment qui se présente est celui de la reconnaissance envers nos honorables collègues pour le zèle, l'impartialité, la haute intelligence qu'ils ont apportés dans l'accomplissement de leur délicate mission. Mais de cette mission même, accomplie à la satisfaction générale, ne pouvons-nous pas tirer un enseignement. Quand on voit tant d'hommes honorables quitter leurs affaires ou leurs loisirs pour se dévouer à une tâche qui rencontre ses difficultés et ses labeurs, ne doit-on pas se dire que, de nos jours, l'Agriculture est l'art le plus encouragé et le plus honoré, et que par cela même l'Agriculture se doit a elle-même de ne point rester en arrière des autres industries dont nous admirons les merveilles. C'est donc, Messieurs, prouver notre confiance et notre espérance dans l'avenir de la belle profession que nous fêlons aujourd'hui, que d'honorer les hommes estimables qui sont venus lui prodiguer des conseils et des encouragements.

A MM. les Membres du Jury des récompenses /

M. Modère a ensuite, dans un toast, remercié la Société d'Agriculture de Bayeux d'avoir , au Concours universel de 1856 , soutenu avec tant d'éclat l'honneur de l'Agriculture normande.

M. G. Villers en exprimant toute la satisfaction que la Société d'Agriculture ressentait de la présence de M. Girardin, a porté un toast a l'éminent chimiste, au digne émule des Liébig, des Payen. M. Girardin a répondu en portant la santé

— olG — de l'honorable M. Pezet qui personnifie si bien la Société d'Agriculture de Bayeux.

A la sortie du banquet, on a été fort agréablement surpris de voir brillamment illuminées toutes les maisons qui forment la partie agglomérée de la commune de Ryes. Un joli feu d'artifice a été tiré. Ce feu, qui a très-bien réussi, n'a pas été un des divertissements les moins goûtés par la foule nombreuse qui, toute la soirée, n'a cessé de remplir le vaste champ consacré a la fête.

Ainsi s'est terminée cette journée dont les résultats font honneur aux agriculteurs du canton de Ryes. Il est juste aussi de reporter une grande partie de son éclat au zèle et aux soins de l'Administration municipale de Ryes, au concours de la musique de Bayeux et de MM. les Membres de la Commission d'organisation, ainsi qu'a la générosité des Communes du canton qui s'étaient réunies, avec raison, dans le but de donner une véritable solennité, à une réunion à bon droit considérée par elles comme une fête cantonnale.

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