‹ Bazaine et al capitulation de Metz Émile de La BédollièreChapitre 12 sur 117 · MI4OT · texte numérisé non relu

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du temps et do permettre l'organisation île la résistance dans l'intérieur.

« 2® Doit-on continuer à faire des opérations autour de la place, jiour essayer de sc procurer des vivres et du fourrage?

— Non 1 « l unanimité, en raison du peu de probabilité qu'il y a de trouver des ressources suffisantes pour vivre quelques jours de plus, à cause des pertes que ces opérations occasionneraient, et de l’efTet dissolvant que leur insuccès pourrait avoir sur le moral de la troupe.

« 3* Peut-on entrer en pourparlers avec l’ennemi pour traiter d'une convention militaire?

— Oui, à l'unanimité ... à la condition toutefois d'entamer les ouvertures dans un délai qui nç dépassera pas quarante-huit heures, afin de ne pas permettre à l'ennemi de retarder le moment de la conclusion de la convention jusqu’au jour et peut-être au delà du jour de l'épuisement de nos ressources.

« Tous les membres du conseil de guerre déclarent énergiquement que les clauses de la convention devront être honorables pour nos armes et pour nous-mêmes.

« 4° Doit-on tenter le sort des armes et chercher à percer les lignes ennemies?

s La quatrième question en amène une cinquième : M. le général Coflinièrcs de Nordcck demande s’il ne serait pas préférable de tenter le sort des armes avant d’entamer des négociations, le succès de cette tentative pouvant rendre les pourparlers inutiles, ou bien le résultat de nos efforts pouvant peser dans la balance par les pertes que nous aurions fait subir à l'ennemi?

« Cette question est écartée par la majorité, et il est décidé à rouan imité que, si les conditions de l'ennemi portent atteinte à l'honneur militaire, on essayera du se frayer un chemin par la force, avant d’être épuisé par la famine, et tandis qu’il reste la possibilité d’atteler encore quelques batteries. »

Apre* quatre heures de délibérations, le conseil arrête :

I* Que l'on se tiendra sous Metz le plus longtemps possible}

2° Que l’on ne fera pas d’opérations autour do U place, le but à atteindre étant plus qu'improbable;

3° Que des pourparlers seront engagés avec l’ennemi, dans un délai qui ne dépassera pas quarante huit heures, afin de conclure une convention militaire honora» blc et acceptable pour tous;

4° Que, dans le cas où l'ennemi voudrait imposer des conditions incompatibles avec notre honneur et lu sentiment du devoir militaire, on teulera de se frayer un passage les armes à la main.

Le général Coflinièrcs de Nordcck, dans son histoire de la Capitulation de Metz, donne les explications suivantes sur le grand conseil de guerre du 10 octobre 1870, un des plus décisifs peut-être qui aient été tenus au milieu d’une crise, sous lc3 remparts d’une ville investie :

« Au point do vue militaire, les commandants de corps d ariuéc furent unanimes pour admettre que l’armée ne pouvait pas tenir campagne; que toute teutativc de ravitaillement serait sans résultat utile, et qu'une lutte suprême amènerait très-probablement un désastre analogue à celui de Sedan.

« A la suite de quelques considérations politiques, je fis observer que le Gouvernement de la défenso nationale avait convoqué une Constituante, et qu'on devait attendre cette nouvelle manifestation de la volonté nationale; que, si l’Empire conservait ses adhérents, il serait acclamé du nouveau ; mais que le plus mauvais service qu’on pourrait lui rendre serait de le restaurer par les baïonnettes prussiennes; qu’on ne pouvait pas considérer comme non avenus la captivité de l'empereur et le départ de l'impératrice; qu'il me semblait

étrange que le roi de Prusse ne voulût traiter qu'avec la régence, puisque ses premières proclamations disaient qu’il ne faisait la guerre qu’à l’Empire; qu’il n’était pas admissible que les Prussiens nous laissassent rentrer en France pour rétablir l’ordre, et que ces ouvertures n’étaient qu’un leurre, pour nous faire arriver à l’extrême épuisement de nos faibles ressources.

« Malgré mes observations, le conseil cmit l’avis que M. le général Boyer, premier aide de camp de M. le maréchal Bazaine, serait envoyé d’urgence à Versailles pour demander que l'armée du Rhin fût autorisée à se rendre dans une ville de l'intérieur, et que, en cas de refus, on engagerait une bataille, avec la violence du désespoir. Le sort de la place restait indépendant de celui de l’armée.

« Le procès-verbal de cette délibération fut signé, après lecture, par tous les membres du conseil. Je ferai remarquer que cet avis du conseil de guerre de l'armcc]cst le seul qui ait été lu et signé.

Avant de sc séparer, sur la demande du maréchal Bazaine, dont le candidat à cette mission était aide de camp, les membres du conseil confièrent au général Napoléon Boyer, à l’unanimité, la mission de se rendre au grand quartier général royal, h Versailles, pour tâcher de connaître la situation nielle de la France, les intentions des autorités prossieuues au sujet d’une convention militaire, et les concessions qu'on pourrait en attendre dans l’intérêt de l'armée de MeU comme dans celui jle la pair.

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