TROISIÈME PARTIE
Le Centenaire
"La mode est aux centenaires en notre bonne province de Québec. On en célèbre beaucoup depuis quelques années, et c'est une heureuse idée; car c'est une occasion toujours de se recueillir et de tirer du passé d'excellentes leçons." ,(1)
C'est cette occasion que voulut offrir à ses paroissiens M. le curé de Beauharnois, quand il songea à célébrer par de grandes fêtes le centenaire de Saint-Clément. Il lui parut qu'à Saint-Clément, comme en maint autre endroit de la province, les fidèles aimeraient à se recueillir et à entendre
rappeler leur passé paroissial; ne serait-ce pas, en outre, une incomparable occasion pour les anciens de Beauharnois, d'y revenir saluer leurs parents et leurs amis et d'y prier sur la tombe de leurs défunts? Et voilà pourquoi, plusieurs années à l'avance, Monsieur le Curé projeta des fêtes de centenaire. (2)
Tout ce que l'on peut dire d'un centenaire se groupe sous deux titres: la préparation et les fêtes du centenaire; ce seront aussi les deux chapitres de cette troisième partie de notre histoire.
(1) Paroles de M. l'abbé E.-J. Auclair, dans la Revue Canadienne d'août-septembre 1920, à propos du sermon prononcé aux fêtes du centenaire par Monsieur l'abbé J.-D. Nepveu, Ph. Th. D., curé de Saint-Anicet.
(2) Exactement, c'est le centenaire de la nomination du premier prêtre ayant résidence à Beauharnois, que l'on a célébré en juin dernier. La date exacte eût été octobre 1919. Mais les travaux de restauration de l'église paroissiale n'étant pas terminés et la saison d'automne ne se prêtant pas toujours à de telles manifestations, les fêtes furent remises à l'été de 1920.
Centenaire de Beauharnois
Salut au Centenaire
Tout un siècle a passé sur ma ville chérie; Ces cent ans font deux fois la longueur de ma vie. Toujours mon Beauharnois se mire au bord du lac Que sillonnent l'esquif, le navire et le yacht.
C'est ma ville au passé théâtral, romantique, Où l'enfant naît rêveur, et doux, et poétique; Il y grandit heureux, admirant tous les jours Le Saint-Laurent qui passe et repasse toujours.
Que ma ville est jolie! On la dit immortelle. Serein, son cimetière est tout vivant comme elle; L'ancêtre y repose sous un doux va-et-vient De l'ami qui espère, et croit, et se souvient.
Ton esprit triomphant des âges séculaires, Invite les Anciens aux fêtes centenaires. Berceau de mon enfance, ô tombeau des aïeux, J'ai gardé pour vous seuls mon amour et mes vœux!
W. A. Baker.
(1) Un enfant de Beauharnois, Monsieur l'avocat W.-A. Baker, C.R., de Montréal, a bien voulu préparer ce Salul au Centenaire.
Préparation du Centenaire