dit. Gudin, H, vin; édit. Fournier
gaieté avec le ton léger de la plaisanterie actuelle â » , il ramena la foule au Théâtre-Français et même à l'Opéra, car il n'est pas un seul des talents que le ciel lui avait donnés qu'il n'ait développé. D'aucuns disent qu'il les a forcés.
Ce sont ceux qui lui font un crime inexpiable de ses vivacités polémiques et de ses hardiesses révolutionnaires. Est-il donc si coupable parce que, sa bonté naturelle lui ayant suscité le plus injuste des procès et la bizarrerie de sa destinée l'ayant rendu justiciable d'un tribunal discrédité, il a usé, abusé même des avantages de sa situation, pour faire triompher son bon droit? Avouons du moins que la tentation était forte, et qu'il ne pouvait mentir à sa devise : « Mou emblème est un tambour qui ne fait du bruit que quand on bat dessus 3 . » Gardons-nous bien surtout de refaire, après l'odieux Fouquier-Tinville 3 , le méchant mot de la Du Barry sur les héros du procès Goezman : c Le meilleur n'en vaut rien * ! » Protestons contre le bourreau et contre la courtisane. S'il essuya jadis le € blâme * du parlement Haupeou, et la c ruade folliculaire », il a été réhabilité, il y a cent ans, par le vrai parlement, et hier par l'Académie.
Quant au rôle de Beaumarchais comme précurseur de la Révolution française, on peut certes lui appliquer les propres paroles d'un de ses Mémoires au roi : c Ce mouvement, où je suis comme lancé par la force des circonstances, ne fut jamais ni ne peut être un crime. J'oserai même dire qu'il a produit d'heureux effets •'. > Pourquoi ne l'en croirait-on pas, quand il affirmait que, « satisfait