‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 139 sur 162 · SOUTHWELL (ROBERT · texte numérisé non relu

SOUTHWELL (ROBERT

Né en 1650 -Mort en 1595.

Le Temps tourne Toujours.

L'Arbre court émondé peut reprendre croissance, La plante avec le temps renouveller ses fleurs, L'âme en peine trouver un baume à ses douleurs. Et le sol le plus sec une humide abondance :

Le temps tourne toujours, et change en son parcours Les hazards de la vie en bons et mauvais jours.

Elle n'est pas toujours sur le pic de sa roue La Fortime; elle tourne, a ses hauts et ses bas» Femme, elle fait souvent métier de ses appas ; Se jette au cou de l'un, et l'autre le bafoue : Il n'est si grand bonheur qui n'ait pas son déclin, Non plus malheur si grand qui ne s'amende enfin.

SONNET xxyi. 318

Ce n^est toujours Tétë, ni sans cesse i^automne, Point dMtemelle nuit, point de jour étemel, L^oiseau le moins chanteur un jour chante Noël, La plus rude tempête au calme monotone Cède soudainement: ainsi Dieu tour à tour Ajuste tout, la crainte et Tespoir en retour.

Ce qu^un hazard fit perdre, un hazard le répare ; Filet qui ne prend pas gros poisson, prend fretin; Chacun a ses ennuis, personne ennuis sans fin ; Nul n^a tout ce qu^il veut, quelques uns, c'est plus rare. Sont contents de leur sort ; bref nul être ici bas N^a plaisirs sans mélange, et sans quelqu* embarras!

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