LE JOUB APRÈS LA BATAILLE
BARHAM (REV. R. H).
Né en 1788— Mort en 1845.
Le Jour après la Bataille.
Oui le champ de bataille est un triste spectacle
Aux yeux du guerrier survivant ; Ce champ, hier riant, aujourd'hui réceptacle De ceux là morts en combattant ; Quand on n'entend plus la voix meurtrière Du canon rugir, et que le vainqueur D'un dernier regard vient fixer la terre, Où dort sans rëveil plus d'un noble cœur.
L'éclair triomphal sur ce front superbe.
On ne le voit plus, et morne est son œil Alors qu'attristé se baissant sur l'herbe n cherche l'ami, jadi& son orgueil,
Cet ami .... des soldats il était la merveille !
n gît là près de lui le héros de la veille !
Il gît là maintenant cadavre sombre et froid, Au milieu d'autres, pêle-mêle.
Tout comme lui frappés, comme épis par la grêle Alors que Dieu dit : " Ainsi soit ! " Dans ses traits rien ne se démêle.
Et sans puissance aucune est la fidèle main
Qui vers lui se tendait — hier, hier matin !
Et puis rôdant par là voyez-vous cette veuve A travers la plaine humide de sang, Dans son désespoir errer écoutant Un son désiré qui vienne et l'émeuve !
Une plainte, un mot, un soupir pourtant Serait un bonheur à ne pas y croire.
Et c'est cela mon Dieu ! qu'on appelle la gloire I
LE TIEITX BOBIK SBAT. 47