Brochure m-S», Paris, chez Durand
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incursions des Barbares du vu'' et du vm' siècle rendirent la campagne de Rome inhabitable, une pieuse prévoyance dépouilla les catacombes de presque tout ce qu'on y connaissait de reliques. Le nombre de martyrs dont les témoignages les plus authentiques attestent l'accumulation dans les Églises de Rome fait voir s'il était raisonnable de demandoraux cimetières sacrés d'autres fruits que quelques glanures des anciennes moissons. On comprend alors que, dès le milieu du viir siècle, Grégoire 111 ait pu écrire à un évoque de Mayence : Je vmis en supplie, laissez nous le temps de chercher encore; jusquici, nous n'avons pu trouver un corps saint pour répondre à votre désir. Si nous en trouvons, nous nous empresserons de vous satisfaire.
En compensation de l'impossibilité, dès à présent évidente, de succès plus faciles que Grégoire 111 n'osait l'imaginer, que n'a-t-on pas gagné sous le nouvel ordre de choses ! Si les faits secondaires cessent do se multiplier, les faits essentiels s'affermissent et s'éclairent d'un jour nouveau. Un des signes auxquels on reconnaît la vérité du catholicisme, c'est l'invincible ardeur de la critique qui veille à sa défense. C'est ce dont témoignent hautement les progrès dont nous sommes témoins. Les conquêtes sont plus importantes, parce que les moyens sont plus sérieux. Au lieu de s'occuper exclusivement de la recherche des reliques, on coordonne sous les portiques du musée de Latran les monuments qui prouvent invinciblement l'antiquité du dogme, l'antiquité de la hiérarchie et de la discipline, l'immuable authenticité de TÉglise
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catholique. Le mouvement ne s'arrêtera pas qu'on n'ait amené, par des preuves certaines, le dernier des dissidents de bonne foi à confesser son erreur devant le tombeau des apôtres.
C'est là ce que j'avais à dire ; et pourtant, en m'exprimant ainsi, en mettant en lumière l'œuvre salutaire accomplie par Pie IX, je me sens indiscret. Le contraste que j'établis, il ne faudrait peut-être pas le faire apercevoir; le manteau de vénération que Pie IX étend sur tout le passé ne devrait pas être soulevé. Mais aussi pourquoi les hommes ont-ils la tête si dure et le cœur si froid? Est-ce parce que la vertu gouverne que l'action est méconnue? Ne semble-t-on rien comprendre d un grand règne et d'un grand prince parce que l'humilité chrétienne s'allie à la magnanimité du souverain?
Telle était la pensée qui me poursuivait, le jour où, reprenant le chemin du Vatican pour assister aux vêpres de la Toussaint, dans la chapelle Sixtine, je venais de quitter les ombrages de la villa Pamfili, immense tapis de verdure étendu sur des catacombes inconnues, et théâtre de combats glorieux dont les cicatrices sont encore marquées sur les arbres et les statues. Après un dernier regard et une dernière pensée donnés au monument que le prince Doria a noblement élevé sur les restes de nos soldats, tombés en combattant pour la cause de Pie IX et de l'Église, en longeant les arcades de l'aqueduc qui témoigne de la sollicitude des papes pour la nouvelle grandeur de Rome, l'âme agitée entre les souvenirs du passé
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et les pressentiments de l'avenir, je montrais à mes compagnons, sur la porte d'une villa maltraitée par la guerre, rinscription que l'ingratitude des Romains n'était pas parvenue à effacer entièrement : Viva Pio nono libératore !