acte premier 2i
SCIÈNE VII Les Mêmes, LE BARON \
le baron, entrant par la droite deuxième plan, des journaux à la main, et descend' ml en se parlant à lui-même jusqu'au milieu de la scène.
La Russie ne dit rien, l'Angleterre est muette, l'Au- I riche se recueille. Il faut s'attendre à une conflagration générale...
Gaston, allant à lui par derrière et trè. - endre . Papa, mon bon petit papa, que vous êtes gentil et que je vous aime! (// l' embrasse.)
le baron, fort étonné.
Est-ce que c'est ma fête ?
GASTON
Non, papa, mais j'ai lu ce matin un journal...
le baron, flatté Tu lis les journaux?
GASTON
Pour faire comme yous, papa, et j'ai vu qu'on discutait le budget.
le baron.
Des recettes, en effet.
Eh bien! papa, si vous en profitiez pour augmenter mon mois.
LE BARON
Je te donne cinquante francs, juste ce que j'avais. C'est bien assez !
GASTON
Papaf, tout a renchéri ! j
* La baronne, le baron, O.
LE BARON
A qui le dis-tu!
GASTON
Et avec cinquante francs...
LE BARON
Eh bien! adresse-toi à ta mère!
GASTON
C'est fait! Mais elle ne m'a rien donné.
LA BARONNE
Crois bien, mon chéri, que si je n'étais pas moi-même sans le sou!...
LE BARON
Ce n'est pas étonnant, tu te ruines en toilettes!
Si l'on peut dire ! Mais jette donc les yeux sur mon corsage; il est usé jusqu'à la corde l
GASTON
Enfin, papa, je suis en pleine déconfiture.
LA BARONNE
Et moi, je n'ose plus regarder ma couturière en face.
GASTON
Je n'ai même pas de quoi offrir un sherrj-cobler...
LE BARON
Comment dis-tu cela?
GASTON
Un sherry-cobler.
LE BARON
Quel drôle de langage!
LA BARONNE
Et c'est à peine s'il me reste un timbre-poste...
LE BARON
Je pourrais répondre que c'est suffisant pour s'affranchir de toute dépense.