LA BARONNE, LE BARON
{La baronne, assise sur le canapé, plie d<-s r/ilcts de flanelle. Le baron, assis dans le fauteuil à la table de droite, lit des journaux. Il y en a une pile sur la table.)
le baron, li<a-it.
Dernière heure... Rien di nouveau. » {Parlé.) C'était bien la peine... {Parcourant le journal.) Ah! ah! {Lisant.) « C'est aveejoie que nous constatons l'augmentation pro- « posée par l'honorable rapporteur. Qu'on la vote et « nous garantissons une reprise sérieuse des affaires. » {Parlé.) C'est mon avis!
** la bakoxne, tout en pliant les gilets. Quand tu avais l'âge de bébé, combien usais-tu de gilets de flanelle?
6 BLDi
1E BARON
Je n'en usais pas. Les barons d'Aigreville n'en ont jamais porté. Bébé est lepremier. Voilà l'éducation moderne I Elle fourre nos fils dans du coton. Et quelle génération en sort-il?
LA BARONNE
La flanelle n'a jamais été du coton, mon ami. le baron, parcourant un autre journal.
Ah ! Ah ! {Lisant.) « C'est avec douleur que nous signalons « l'augmentation proposée par l'honorable rapporteur. « Qu'on la vote et nous arrivons fatalement à la banque- « route. » {Parlé.) C'est mon avis !
la baronne, poursuivant son idée.
Et j'en fais porter à bébé, parce qu'il a de l'anémie. Astu remarqué, ce matin, comme il était pâlot?
le baron, prenant un troisième journal.
Je t'en prie, laisse-moi lire mes journaux.
la baronne.
Mais que fais-tu donc à ton cercle ?
le baron.
J'en lis d'autres ! Je me suis abonné à ceux qu'on n'y recevait pas, pour les lire ici.
la baronne, se levant et allant à droite. Oh! la politique! Chaque fois que je te demande quelque chose, tu es plongé dans un journal.
le baron, toujours assis.
Il faut bien se tenir au courant de ce qui se passe en Europe.
la baronne, s'asseyant en face du baron. Tu ferais beaucoup mieux de t'occuper de ce qui se passe chez toi. Tu n'as qu'un fils, et c'est à peine s'il te connaît!
Voilà bien l'exagération des femmes !