SCÈNE II
Les Mêmes, TOINETTE *.
toinette, entrant du pan coupé de gauche. Madame, le déjeuner de M. Gaston est servi depuis un quart d'heure, et il est en train de se refroidir. 11 est bien en retard, ce matin, M. Gaston !
LA BARONNE
D'où vient, Toinette, que vous empiétez sur le service de Baptiste?
TOINETTE
Madame voudra bien m'excuser, mais en traversant la salle à manger, j'ai aperçu les côtelettes de M. Gaston...
LA BARONNE
Eh bien ! voyez s'il est dans son entre-sol. {Toinette va au cordon acoustique qui est à gauche de la cheminée et souffle dedans. On entend un léger sifflet.)
Il y est! [Parlant par l'embouchure du cordon.) Monsieur Gaston, votre déjeuner va se refroidir, montez vite.
LA BARONNE
La réponse?
toinette, mettant V oreille à l'embouchure. J'ôte mon paletot, et je monte. Bonjour maman!
LA BARONNE
Amour d'enfant! Toinette, la chambre de M. de Kernanigous est-elle prête?
toinette, entrouvrant la première porte de gauche.
Baptiste y met la dernière main. {Elle revient à la petite table et range les gilets de flanelle.)
* T., la baronne, le baron.
10 béb£
le baron, tovjours dans ses journaux.
En effet, le cousin Kernanigous ne peut tarder .u«i son voyage trimestriel à Paris.
LA BARONNE
Et, il y a deux mois, lors de notre séjour dans son exploitation agricole de Bretagne, il m'a bien promis qs cette fois il descendrait chez nous. Il vient chercher i.t nièce de sa femme, la petite Mathilde. qui a fini son temps de pension, et il aura besoin de moi pour lui renouveler son trousseau. Or voici mon idée, c'est de la lui demander en mariage pour bébé.
toi nette qui écoute à part.
Ah! bien par exemple!
Hermînie, je ne me sens pas l'affreux courage de lui mettre sitôt une femme sur les bras.
LA BARONNE
Plaît-il?
LE BARON
Je te dis ça, à toi, mais s'il était là...
T0INETTE.
Madame, voici M. Gaston.