ACTE PREMIER
LA BARONNE
Tu connais monsieur Pétillon?
GASTON
Parbleu !
PÉTILLON
J'ai eu le plaisir de rencontrer monsieur votre fils, chez son ami, M. de Beauvert. Mais je ne le connaissais que par son prénom... Quant à sa santé, madame la baronne, permettez-moi de vous dire qu'à mon avis, vous vous alarmez à tort. Il ne m'a jamais paru chétif. Gaston, montrant son bisceps.
Moi, chétif! ah bien, oui! Tàtez-moi donc ça!
LA BARONNE
Il ne faut pas se fier aux apparences. Il est chétif en dedans.
Gaston, se frappant la poitrine.
Avec ce coffre-là? Allons donc!
LA BARONNE
Mon chéri, ne te fais pas de mal !
GASTON
Je t'assure, maman...
Je te prie de ne pas me contrarier et de répondre couramment à M. Pétillon qui veut bien t'examiner.
GASTON
Sur quoi?
LA BARONNE
Sur ce que tu sais.
Gaston à part.
Ah bien ! ce ne sera pas long!
pétillon.
Dites-moi, quelle sorte de conseil donne-t-on à un prodigue qui dépense trop?
GASTON
On lui donne... (A part.) Est-ce que je sais, moi...
LA BARONNE
Ne t'intimide pas, bébé *.
GASTON
On lui donne le conseil de dépenser moins.
PÉTILLON
Bien! (A part.) Il n'est pas fort! (Haut.) C'est un conseil... judici...eux.
LA BARONNE
Est-ce cela, monsieur Pétillon?
Mon Dieu, madame la baronne, on peut toujours lui dunner ce conseil là. (A Gaston.) Autre question: Vous acceptez la succession d'un oncle qui a laissé des dettes. Qui les payera ?
Gaston, vivement.
Ce n'est flch tre pas moi !
PÉTILLON
Très bien ! (A part.) C'est un cancre!
LA BARONNE
Bravo, bébé!
PÉTILLON
Voulez-vous me dire à présent quel point de droit vous avez le plus spécialement étudié?
GASTON
L'adultère !
PÉTILLON
Parfait!
LA BARONNE
Malheureux! tu as étudié l'adultère!
Gaston.
C'est bien permis aux adultes. (Il remonte en riant derrière sa mère.)
* G.. 1* -aronne. P.