‹ Beethoven et ses trois stylesChapitre 16 sur 93 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

Compositions portant des Chiffres d'Œnvre.

(opéra, opus)

Numéris regitur mundus.

Opéra.

1. 3 Trios pour P., V. et Vcelle mi bémol, sol majeur, ut mineur, dédiés au prince Lichnowski, composés en 1795.

Hercule au berceau.

Ar. pour 2 V., 2 A. et Vcelle. L'arrangement de Beethoven en quintette du 3e trio porte le chiffre d'œuvre 104.

Ar. pour P. à 4 m. par Schneider, pour P. à 2 m. par Winkler.

'ïpéra.

Ries, p. 84. « Les trios furent exécutés pour la première fois à une soirée du prince Lichnowski. La plupart des artistes et amateurs de Vienne y étaient invités. On était surtout curieux de l'avis de Haydn qui en dit beaucoup de bien, mais conseilla à Beethoven de ne pas publier le 3e. B. le considérait comme le meilleur (ce trio montre en effet plus de traces de son futur grand style que les deux autres) ; il fut dès lors persuadé que Haydn était envieux, le jalousait et ne lui voulait pas de bien ».

G. M. U., 1829, p. 86. « A combien de personnes l'œuvre a-t-elle procuré de la jouissance depuis trente et quelques années qu'elle a paru pour la première fois ! Dans ces trios se reflète l'insouciante jeunesse du maître, sans soucis encore, légère et étourdie (?) Cependant la gravité profonde et la douce profondeur qui devaient marquer plus tard son talent s'y révèlent déjà. Quoiqu'on reconnaisse que les quatuors pour piano de Mozart leur ont servi de modèles (?), l'originalité et le caractère de B. s'y lisent d'une façon inméconnaissable et lancent des étincelles brûlantes ».

Rochlitz (G. M. U. 1828, p, 488). « Lorsque B. publia ses trios et bientôt après sa première symphonie, un critique les traita comme les explosions confuses de la témérité présomptueuse d'un jeune homme de talent ; ce critique était un bon musicien, très au courant de son . temps et des théories en vogue. Wegeler, p. 29. Le célèbre violoncelliste Kraft recommanda en ma présence à B. d'indiquer un passage du finale du 3e trio sulla corda g et d'écrire dans le second trio le finale en 2/4 au lieu de 4/4. B. acceptait volontiers ces observations ». Des

é)péra.

recherches dans les collections de musique inédite des grandes bibliothèques d'Allemagne amèneraient peut-être la découverte de compositions inconnues de B., remontant aux vingt premières années de sa vie (1770-1790). Le savant M. Dehn, un des conservateurs de là bibliothèque royale de Berlin, pourrait sans doute vider cette question. Les trois premières sonates de P. composées par Bs à l'âge de 10 ans (lettre /, 3e sect.), furent publiées en 1783 dans la Blumenlese de Speier, Wegeler, p. 16. les 3 trios, op. 1, parurent en 1795. Pendant les douze années comprises entre les années 1782 et 1795, le maître ne dut point chômer, et cet espace de temps ne peut être comblé par les trois quatuors et les 2 trios de piano posthumes (lettres i et o,4e sect.) ; pas plus que par le Lied : Quand quelqu'un se met en voyage (v. op. 52), par la musique inédite d'un ballet chevaleresque (Ritter-Ballet) dont le manuscrit est en la possession du marchand de musique Dunst à Francfort, Wegeler, p. 16. Les 3 cahiers de variations pour P. nos 1, 3, 15 (v. la 2e section du Catalogue) remontent encore à ces premiers temps, pendant lesquels B. a dû produire plus que le peu que nous savons leur appartenir. Il faut donc supposer qu'un grand nombre des Lieder réunis plus tard sous le même chiffre d'oeuvre, quelques compositions numérotées , (2e sect.) et posthumes (4e sect.) sont antérieures aux trios, op. 1. Ces trios sont la première publication importante de B., ils ne sont point sa première composition, encore pourraient-ils ne pas dater tout à fait de la même époque, le trio en sol (le largo et le scherzo exceptés) étant fort distancé par les deux autres.

Opéra.

La figure du finale du 2e trio est bâtie sur un sol groupé en doubles croches dans la partie de violon, laquelle figure dans la partie du piano devient sol et la, sans doute parce que le mécanisme des clavecins du temps ne permettait pas de marteler avec netteté la même note dans un mouvement rapide. Pourquoi sans cela B. eût-il apporté une modification à la figure principale dans la seule partie du piano ?

2. 3 Sonates pour P. fa mineur, la majeur, ut majeur, dédiées h Haydn, compos.en 1796.Riesr p. 125, les appelle une œuvre de géant (Riesen- Sonaten). Wegeler, p. 29 : « B. joua devant le vétéran Haydn, chez le prince Lichnowsky, les sonates qu'il lui avait dédiées ».

Le chevalier Seyfried à ar. à gr. orchestre le largo de la 2e et Fadagio de la 3e ; l'adagio de la lre a été ar. pour le chant avec ace. de P. (die Klage), Wegeler, p. 69, l'allégro sur le texte de Schiller : Sehnsucht, l'adagio de la 2e S. sur le texte : schau ich in9 s Auge ihr, et le scherzo par Silcher sur le texte : Wiedersehen (Revoir).

Ar. en quatuors, pour P. à 4 m. par Schwen-

cke.

3é Trio pour V., A. et Vcelle mi bémol, composé en

1796. Voyez au sujet de l'origine du trio la

remarque à la fin de l'opéra 18 (Wegeler, p. 30).

Ar. en S. pour P., V. et Vcelle obligés, voy. op. 64.

Pour P. à 4 m. par Stegmann, à 2 m. par Winkler. Les deux menuets séparément pour P* à 4 m. (v. la 3e section, n° 3).

4. Quintette pour 2 V., 2 A. et Vcelle mi bémol, comp. en 1796. Le 3e morceau (minuetto quasi allegretto) est bien plus scherzo que les scherzos des trios, op. 1 ; il tire un véritable feu d'arti-

Opéra.

fice de humour beethovénien. Ce morceau est le fils aîné de l'intéressante famille des scherzi qui, des trios, op. 1, s'étend par-delà le septuor, jusqu'à la seconde symphonie ; forme nouvelle que les plus hautes destinées de la fantaisie attendaient dans le style de la seconde et de la troisième manière dès la troisième symphonie ; dès le 7e (quatuor fa majeur, op. 59) ; dès la quatrième sonate pour P. et V. {fa majeur, op. 24) ; dès la 12e S. pour P. seul, op. 26. Le minuetto-scherzo du quintette, op. 4, a deux trios. Il n'y a point d'exemple d'un second trio de menuet dans les quatuors de Haydn, de Mozart, de Beethoven (comparez la sérénade de B., op. 25, le trio, op. 3, le trio de Mozart pour V., A. et Vcelle, la sérénade de Mozart pour 13 instruments à vent).

Ar. en S. pour P., V. et Vcelle (voy. op. 63).

Pour P. à 4 m. par Klage, à 2 m. par Winkler.

L'octuor posthume pour instruments à vent est identique à ce quintette (v. la 4e section). 5. 2 sonates pour P. et Vcelle, fa majeur, sol mineur, dédiées au roi de Prusse Frédéric-Guillaume II, comp. en 1797 pour Duport, exécutées par B. et Duport à la cour du roi. Duport était le premier violoncelliste du temps et auteur de Y Essai sur le doigter du Violoncelle, où l'on lit, p. 171 : « Tout le monde connaît le coup d'archet martelé ou staccato, c'est une affaire de tact et d'adresse. Il y a des personnes qui le saisissent tout de suite, d'autres ne parviennent jamais à le faire parfaitement. Je suis de ce nombre. » On voit que dans ce temps les artistes de premier ordre eux-mêmes savaient être modestes. Ries, p. 109 : « B. reçut du roi une boîte en or

Opéra.

remplie de louis. Il racontait depuis, avec une certaine satisfaction, que la boîte n'avait point été une boîte ordinaire, mais de celles que Ton avait Thabitude de donner aux ambassadeurs ».

Ar. pour P. à 4 m. (Cranz).

Pour P. à 2 m. par Winkler.

Pour P. et V.

Pour 2 V., A. et 2 VcelIe par F. Ries (Dunst à Francfort).

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