Symphonie (2e) ré majeur, dédiée au prince Lob
kowitz, exécutée pour la première fois à Vienne, en 1800, Gerber dit en 1806, v. G. M. U., janvier 1805 : « La dernière symphonie de B. ré majeur fut exécutée deux fois (à Leipzig en 1804).
G. M. U., 1804, p. 776 : « Gagnerait au raccourcissement de quelques passages et au sacrifice de beaucoup de modulations par trop étranges. »
G. M. U., 1805, p. 216 : « Nous trouvons le tout trop long (!), certains passages trop travaillés ; Temploi trop fréquent des instruments à vent empêche beaucoup de beaux passages de produire leur effet. Le finale est par trop bizarre, sauvage et criant (!) Mais cela est compensé par le puissant génie qui se montre dans cette colossale production, par la richesse des pensées neuves, Fexécution tout à fait originale et la profondeur du savoir. »
G. M. U., 1828, p. 489 : « Spazier, dans la Gazette pour le monde élégant, appelle la symphonie un monstre repoussant, un serpent blessé, se débattant en replis incessants, qui ne veut pas mourir et qui en expirant (dans le finale) donne encore vainement autour de lui des coups furieux de sa queue raidie par la
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mort. Et cependant Spazier était une bonne tête, un homme d'une instruction diversifiée ; comme musicien il connaissait toutes les bonnes productions de son temps. » Rochlitz cite ce jugement absurde d'un homme distingué comme une preuve combien peu le génie est compris par les contemporains. Comparez op. 125, et la manière dont la symphonie avec chœurs fut jugée. Le contemporain est le contemporain, l'artiste marche et atteint de plus hautes cimes ; le contemporain reste le même, il est immuable, • une négociation permanente.
Ar. en nonetto par Ebers, en nonetto et en quint, par F. Ries, en quatuor pour P., Flûte, V. et Vcelle par Hummel. Le plus remarquable arrangement de la symphonie est de B. lui-même pour P., V. et VcelIe, trio qui fait un excellent effet, un modèle du genre. G. M. U., 1806. Ar. encore pour 2 P. à 8 m., pour P. seul, pour P. et V., le larghetto pour chant et P.
« B. avait fait cadeau à Ries de la partition autographe. Dans le larghetto, qu'on dirait n'avoir jamais pu être changé, se voyait une variante dans la partie du 2e violon et de l'alto, mais si bien raturée que Ries ne put la démêler. Quand il en parla à B., celui répondit sèchement : C'était mieux comme ça. » Ries, p. 77.
Comparez les fac-similé de changements dans la 9e symphonie avec la suscription en français : meilleur, dans Sch., p. 139. Beethoven aimait à revenir sur ses ouvrages ; Schindler dit, p. 36, qu'il employait, pour retoucher une composition importante, le tiers environ du temps qu'il lui avait fallu pour la produire.
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MOUVEMENTS
B. entendait que Tailegro se maintînt dans le même mouvement et que ce mouvement ne fût point trop rapide pour ne rien faire perdre au morceau de sa sévère dignité. Le larghetto, au contraire, B. aurait voulu le savoir accidenté de mouvements divers, correspondant aux situations du morceau qui est très long (274 mesures). Cet avis de Schindler nous semble mériter la confiance et répondre aux idées qu'on peut supposer à B. avoir voulu exprimer dans le larghetto, tableau d'amour contenté, dans lequel, seul de son œuvre, on dirait B. avoir pris une part active. C'est le jardin d'Armide transplanté à l'orchestre, où chaque fleur, chaque feuille parle du bonheur que donne l'amour Dans son exemple de musique du larghetto qui comprend 20 mesures, Schindler désigne des termes lento, poco lento, poco accelerando, accelerando, poco allegretto telles doubles croches. Les termes poco accelerando, meno accelerando, in tempo, suffiront pour accidenter le terrain merveilleusement fleuri du larghetto, unique en musique pour son expression amoureusement badine.
Sch., p. 235 : Le premier morceau ne change nulle part le mouvement qui n'est pas plus rapide que celui qu'on doit comprendre sous la simple désignation ày allegro. La gravité et la dignité inhérentes à cette phrase se perdent par un temps trop rapide. Le larghetto modifie souvent le mouvement et reste souvent allegretto jusqu'au thème en la mineur où recommence le premier mouvement du larghetto.
Le morceau en ut majeur devient un peu plus
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pressé, ce qui en augmente la force et l'effet. Exécuté de cette façon, ce long passage renferme un coloris merveilleux de grâce et de dignité, auquel on n'arrive pas lorsque le mouvement reste toujours le même. Grâce à cela, l'orchestre est constamment tenu en suspens et l'exécution est facile lorsque la direction est sûre et bien déterminée. »
37. Concerto (3e) pour P. avec ac. d'orch., ut mineur, dédié au prince Louis-Ferdinand de Prusse. Exécuté la première fois à Vienne en 1804 par Ries, sous la direction de Beethoven.
Gerber dit : « Peut-être ce qu'il y a de plus remarquable dans ce genre d'œuvre d'art. »
G. M. U., avril 1805 : « L'une des œuvres les plus importantes du maître distingué. » (Article de fond.)
« B. avait donné le manuscrit du concerto à Ries pour qu'il se produisît pour la première fois en public comme son élève. Il conduisait lui-même l'orchestre et tournait à Ries le feuillet. Ries l'avait prié d'ajouter une cadence, mais il avait reçu l'injonction d'en composer une lui-même. B. agréa la cadence que Ries lui présenta, mais il voulut avoir changé un passage d'une exécution douteuse, à cause de sa difficulté. Ries changea le passage. Le moment venu, il ne put cependant se résoudre à choisir la cadence facilitée et attaqua hardiment le passage scabreux. B., qui s'était tranquillement assis à côté du piano, fit aussitôt reculer sa chaise avec bruit. La cadence réussit, B,le premier cria bravo ; l'auditoire en fut électrisé, la position de Ries comme pianiste emportée. Plus tard B. lui dit cependant : « Vous êtes
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« toutefois entêté ; si vous aviez manqué le « passage, je ne vous donnais plus de leçon ».
Ries, p. 110 : « B. crut faire au prince Louis- Ferdinand un grand compliment en lui disant un jour qu'il jouait comme un bon pianiste. Il n'en fut pas ainsi de Himmel (l'inséparable ami du prince). Himmel demanda un jour à B. d'improviser ; B. y consentit, mais il insista pour que Himmel fît de même. Himmel fut assez faible pour se rendre à ce désir ; lorsqu'il eut joué pendant quelque temps, B. s'écria : « Eh bien, quand commencerez-vous tout de bon ? » Himmel, qui croyait déjà avoir fait merveilles, se lève furieux, et dès ce moment lui et B. se détestèrent. B. me dit plus tard : « Je « croyais que H. n'avait fait que préluder un « peu ».
Ar. pour P. à 4 m., le rondo à 4 m. séparément par Mockwitz. Cet arrangement est d'un charmant effet ; l'enseignement devrait le recommander aux élèves avancés.