Normier
991. — Mailly-le-Château, Saint-Vivant de Vergy, Moutiers-Saint- Jean (7),
1004. — Veuvey-sur-Ouche, Crugey, Froideville, Colombier, Lusigny, Commarin, Détain, Chaudenay, Mépont, lieu détruit entre Chassagne et Puligny, Thury, Aubaine, Chorey, Villecomte (8).
1005. — Ampilly-le-Sec, Evelles, commune de Baubi-
gny (9)-
1007. — Sully, commune de Saint-Apollinaire, ReuUée, Moisey, Ebaty, Monceaux, probablement Gilly, canton de Nuits^ Courtivron (10). '
1008. — Cuiserey, Bézouotte, Bussières, canton de Grancey, Damalix, ferme entre Beire et Lux, les Brosses, métairie dépendant de Bèze (11).
(1) Chr. de Saint-Bénigne, p. leOet suiv.
(2) Chr. de Bèze, p. -272 et suiv.
(3) CJir.de Saint-Bénigne, p. 111 et suiv.
(4) Chr. de Saint-Bénigne, p. 119.
(5) Chr. de Bt'-re, p. 28'..
(G) Chr. de Saint-Bénigne, p. i^ii.
(7) Chr. de Saint-Bénigne, p. 135.
(8) Chr. de Saint-Bénigne, p. 163.
(9) Chr. de Saint-Bénigne, p. 1G4.
(10) Chr. de Saint-Bénigne, p. 176.
(11) Chr. de Bèze, p. 29î t-t suiv.
1012. — Diénay, Saulx-le-Duc, Marey-sur-Tille, Tarsul, Molois, Vernot, Mortières, commune de Villecomte, Epagny (1).
1013. — Boux-sous-Salmaise (2).
1015. — Aguilly, ancien nom de Saint-Apollinaire, Ruffey, rente de l'Ecotois, déjà dubitativement citée pour l'année 584, Premières, Sennecey, Ouges, Noiron-les- Citeaux (3).
1020. — Prissey (4).
1023. — Fiélin, ferme dépendant de Viévigne (5).
1036. — Fontenelle, Preigney, hameau disparu du territoire de Gémeaux, Chevigny-les-Bèze (6).
1038. — SainlJulien (7).
1043. — Tanay, Renève (8).
1052 à 1059. — Chaumes, près Selongey, La Romagne, commune de Cq^irchamp, ancienne commanderie de l'ordre de Malte, qui relevait du grand prieuré de Champagne, Velogny-en-Auxois, Courcelles-sous-Grignon, Bretonnière, erme dépendant de Bussy-le-Grand, La Rochette-Oisilly, Saint-Maurice -sur- Vingeanne (9).
1059 à 1080. — ■ Licey-sur-Vingeanne, Dampierre-sur- Vingeanae, Gémeaux, Fontenotte, ferme sur la commune de Til-Châtel, Le Fossé, commune d'Echevannes, Arcelot, Charmes, Cussey-les -Forges (10).
(1) Chr. de Saint-Bénigne , p. 165.
(2) Ch'. de S'tint-Béniçne,\i. 165.
(3) Chr. de Saint- Bénigne, p. 179 et suiv.
(4) Chr. de Saint-Bénigne, p. 175.
(5) Chr. deBèze, p. 315.
(6) Chr. de Bèze. p. 323 et suiv.
(7) Chr. de Saint-Bénigne, p. 195. — Pérard, p. 186 et 187.
(8) Ch>\ de Bèze, p. 328 et suiv.
(9) Chr. de Bèze, p. 3U et suiv.
(10) Chr. de Bèze, p. 3C0 et suiv.
107C. — Noiron-sur-Bèze (i).
1083. — Gurgy-le-Chàteau où on remarque une superbe église de Templiers (2), ainsi que les ruines d'un ancien château féodal.
1100. — Fley, Minot (3).
1109. — Salives, Sacquenay, Cirey, Magny-Saint-Mé~ dard(4).
1114, — Vergy, déjà cité, Lavilleneuve-sur-Vingeanne, Fauverney (5).
1118. — Beauraont (6).
1119. — Mailly-l'Eglise (7).
1134. — Bure-les-Templiers, Saint-Seine-en-Bâche (8).
1135, — Billey, Saint-Broing-les-Moines, Uchey-les- Geulis, Arc-sur-Tille et la rente de Corbeton, Magny-sur- Tille, Marcilly-sur-Tille, Le Seuil, ancien hameau dls-sur- Tille, Flagey-ies-Auxonne (9).
Curés de Beire.
Le prêtre qui, au commencement du XV'' siècle, desservait l'église Saint-Laurent de Beire, se nommait Gilles Langlois. Nous devons ce renseignement à l'inventaire des Archives de Bourgogne qui lui consacre la note suivante : « Richard Bonne, Châtelain de Saulx-le-Duc, déclare, dans ses comptes de 1402 à 1404, avoir payé ù Gilles Lau-
(1) Chr.deBèze, p. 377.
(2) Chr. de Bèzc, p. 37 't.
(3) Chr.de fîèze,p. 392 et suiv,
(4) Chr.deBèze, p, AOl et suiv,
(5) Chr. de Bèze, p. 43 G et suiv.
(6) Chr. de Bèze, p. 443.
(7) Chr. de Bèze, p. 440,
(8) Chr. de Bèze, p. 4r.O et suiv.
(9) Chr. de Bèze, p. 472 et suiv.
glois, curé de Beire, la somme de 20 sous, pour avoir administré les sacrements à Raoul Sauvegrain, dont le duc de Bourgogne avait hérité, et avoir conduit le corps dudit défunt de l'église de Beire en celle des cordeliers de Dijon, où il repose. (1) »
L'abbé Roussel, qui a compulsé les volumineux registres de l'ancien diocèse de Langres, ne commence, toutefois, sa liste des curés de Beire qu'à partir de l'an 1516, sous le règne de François i'^'. Voici les nouveaux noms que nous avons pu y glaner : « Didier Foissard, en 1516, ayant pour vicaire Antoine Charpy. — Claude Acarie, en 1570, où il meurt. Merlin de Villiers, docteur en droit, en 1570, évincé. — Laurent Reymond, du diocèse du Puy, de 1570. — Jean Leblanc, de 1586 à 1588 où il résigne. — Prudent Verchy, ex-curé d'Esnoms, de 1588. — Ponsard, en 1652 (2). «
(Nous n'avons aucun souvenir d'avoir rencontré le nom de ce dernier prêtre sur les registres de catholicité de la paroisse de Beire, commencés par l'abbé Gomard en 1628. Il doit y avoir confusion entre ces deux noms ; d'ailleurs, l'abbé Gomard était encore curé de Beire, le 18 septembre 1653).
Seigneurs de Beire.
Nous avons écrit, page 212 de ce volume, qu'en l'année 13o9, Jacques de Baudoncourt, seigneur de Beire, avait été exécuté à Semur-en-Auxois, pour ses forfaitures et démérites; et que sa maison forte avait été confisquée par le duc de Bourgogne, Philippe de Rouvres. L'article catalogué B. 6202 de V Inventaire sommaire des Archives contient une petite erreur que nous tenons à faire dispa-
(1) Cour des Compter, série B 6099.
(2) Le Diocèse de Langres, iome 111, p. 127.
raître ici : c'est le mercredi 21 août 1360, ainsi que nous l'établirons tout à l'heure, qu'Anxeau de Mairey et Jacques de Baudoncourt subirent la peine capitale (1).
Ne pouvant nous livrer qu'à des conjectures, tous documents nous faisant défaut, nous avions vainement cherché à spécifier le cas de félonie du sire de Beire. Plus heureux que nous, après une longue et très intéressante dissertation sur l'état politique du duché et du comté de Bourgogne, sous le roi Jean et pendant la minorité de Philippe de Rouvres, M. Aimé Chérest, qui a spécialement étudié les troubles du XIV^ siècle, nous fait incidemment connaître les causes qui ont amené l'exécution de Jacques de Baudoncourt.
C'est le livre de M. Chérest que nous analyserons, selon que nous le croirons utile, ou bien dont nous produirons le texte, qui va nous éclairer sur le point d'histoire locale soulevé par la punition corporelle du sire de Beire et la confiscation de sa maison forte.
L'an 1330, Philippe VI régnant, Eudes IV, duc de Bourgogne, recueillit par sa femme, Jeanne de France, le comté de Bourgogne que sa mère, la reine de France, lui avait légué. M. Aimé Chérest nous montre alors la noblesse comtoise, relevant jusque-là des empereurs d'Allemagne, comme une aristocratie redoutable par ses richesses et son indépendance absolue, hidépendance que les comtes palatins n'avaient pas eu l'énergie de restreindre à de justes proportions. « Le moindre joug, dit-il, lui semblait insupportable, la moindre atteinte à ses privilèges lui paraissait une injure. Elle n'admettait même pas dans les rapports de ses membres entre eux ou dans leurs relations avec les classes inférieures, l'intervention et le contrôle d'une justice souveraine. Pour elle le temps n'avait pas marché...
(1) Voir la note de M. Chérest, p. 130 de son Archiprêtre.
SUPPLEMEtVT 400
Habitué à parler en maître souverain dans son duché, à y maintenir le bon ordre et à protéger les faibles vis-à-vis des forts, Eudes IV résolut de soumettre ses nouveaux domaines à un régime analogue. L'entreprise exigeait d'habiles ménagements : peut-être eut-il le tort de la mener avec plus de vigueur que de prudence. Ce qu'il y a de certain, c'est que les seigneurs, brusquement attaqués dans leurs privilèges ou dans leurs prétentions, ne se bornèrent pas à protester contre les réformes ; ils se soulevèrent contre le réformateur (1). »
A leur tète marchèrent les premières familles de la contrée : les Chalon, les Montfaucon, les Neufchâtel et les Faucogney. Celui qui donna le signal de la révolte fut Jean II de Chalon, sire d'Arlay.
Toutefois, l'aristocratie rebelle comprit que, livrée à ses propres forces, elle n'eût opposé qu'une résistance éphémère à son puissant adversaire : elle chercha donc des alliances dans la Bresse, le comté de Neufchâtel en Suisse, les Marches de la Lorraine et la Haute-Alsace, provinces qui, comme la Franche-Comté jadis, relevaient de l'Empire.
Bientôt, croyant s'apercevoir que, derrière le duc Eudes IV, Philippe VI, son beau-frère, dirigeait le mouvement, elle tourna ses regards du côté de l'Angleterre. Edouard III, trop habile pour négliger l'occasion d'entretenir, aux portes de la France, un nouveau foyer de dissensions, envoya aux Francs-Comtois, non des soldats, mais d'abondants subsides. Il pensionna leurs principaux chefs, continue M. Ghérest, « notamment Jean de Chalon- Arlay, toujours besoigneux d'argent, toujours criblé de dettes malgré ses immenses domaines Comme la Flandre et la Bretagne, la Franche-Comté devint l'objectif des intrigues
(l) Aimé Chérest, Archiprétie, p. 109.
anglaises. La j^uerre engagée entre deux provinces se compliqua d'une rivalité entre deux nations. Le mal était d'autant plus grave qu'il menaçait d'étendre ses ramifications en France et jusqu'au cœur du duché de Bourgogne. Jean de Glialon-Arlay n'était-il pas seigneur de l'Isle sous- Montréal, de Vitteaux-en-Auxois et de Lormes-en-Nivernais ?
« Dans un rang moins élevé, un autre Franc-Comtois, Jacques de Baudoncourt^ était seigneur de Beirc-le-Châtel. A ce titre, il possédait une forteresse située à quelques lieues seulement de Dijon. Là où les rebelles n'étaient pas propriétaires, ils avaient des relations de famille et d'amitié : ils parvenaient à nouer des intelligences qui augmentaient leurs forces ou qui amoindrissaient celles de leur adversaire. C'est ainsi que la guerre des deux Bourgognes se prolongea outre mesure, opiniâtre, acharnée (1). »
(M. Ed. Clerc, dans son Essai sur l'Histoire de Franche- Comté, tom. II, pag. 69-70 et passim, dit o. que Jacques de Baudoncourt était un des plus méchants chevaliers de ce temps » et (( le mortel ennemi du roi de France. »)
C'est dans ces conditions, pendant la captivité du l'oi Jean et la minorité de Philippe de Rouvres, au milieu des troubles qui s'ensuivirent nécessairement, qu'eut lieu la bataille de Brion mentionnée, page 215 de ce volume, et qui fut terminée, le 23 juillet 1359, par le traité conclu à la Chassagne (2) entre les Bourguignons et les Anglo-Navarrais.
Cette bataille que, sur le témoignage de Dom Plancher (3), nous avions cru avoir été considérable, doit, selon M. Chérest, n'avoir pas dépassé les proportions d'un enga-
(1) ChèreBt, Archiprétre, p. lil.
(2) Ferme entre Brion et Chûlilloa.
(3) licoufond rengagoiueul de I?rion avec; celui de janvier liUio qui amena le traité de Giiillûn.
gement sérieux, entre la noblesse et les hommes d'armes du pays et un parti d'Anglo-Navarrais. Les termes du traité permettent de croire que ce parti était dirigé par Jean de Neufchâtel et Girard de Mairey, Jacques de Baudoncourt étant en quelque sorte l'acolyte de ce dernier (1).
Les ennemis s'étaient fait livrer, par la faiblesse d'une femme, la maison forte de Brion-sur-Ource, qui leur ouvrait l'entrée du duché et leur assurait, comme base d'opérations, une excellente position stratégique. En effet, selon Courtépée (2), ce village était placé sur une ancienne voie romaine encore très fréquentée au moyen- âge, et le pont de Brion commandait ce passage. Toutefois, preuve évidente que leur succès n'avait pas été aussi brillant que le suppose Dom Plancher, les Anglo-Navarrais s'engagèrent, par le traité du 23 juillet, à se retirer en laissant la maison forte de Brion aux mains du duc de Bourgogne, promettant en outre de ne pas nuire aux terres de ce prince. Voici, d'ailleurs, les termes mômes de la convention signée par les belligérants : « Premièrement, que la maison de Brion se rendra et mettra en la main de monseigneur le duc de Bourgoigne, en Testât en quoy elle est à présent, pour en faire et ordener toute sa..volonté. — Item, se sont fais fors les dessus diz messire Jehan de Neufchastel et jedit mareschal de Navarre (c'était Girard de Mairey), que le roi de Navarre, ne ses gens quelque part qu'ils soient, ne méfieront es terres de M. le duc et de la royne sa m' re, ou de leurs subgiez, ne à leurs personnes quelque part qu'ils soient (3), »
Maintenant que nous connaissons les agissements de Jacques de Baudoncourt, nous allons laisser la parole à
(1) Ch6re4, ArcliipnjtrCjp. 118 et 131.
(2) Courtépée, lome IV, uouvelle ôditiou, p. 252 et 253. f3) Archii)rétre,[), 3!)4, trailé de la Chassagne.
M. Cliéresl. Il va nous apprendre comment le sire de Boire
s'est fait capturer sous Montréal :
« Pendant ce temps, (c'est-à-dire après les faits que nous venons de rapporter et après le traité de Guillon), le nombre et la force des compagnies devinrent tels que les Bourguignons durent se résoudre à subir le sort commun de la France, Même avant que le traité de Calais fût signé, aussitôt que les trêves de Kretigny laissèrent pressentir la lin prochaine des hostilités, les aventuriers sans emploi. Anglais, Navarrais, gens de toute nation et de tout parti, s'apprêtèrent à remplacer par le pillage la solde et les occupations qui allaient leur manquer. Un rassemblement plus considérable que les autres se forma dans les plaines de la Champagne et prit le nom particulier de Grande Compagnie, Magna societas. C'était une fédération, plutôt qu'une association de bandes d'origines diverses. Chacune d'elles conservait son organisation distincte et le capitaine de son choix. Personne n'exerçait d'autorité suprême ; d'où vient qu'un chroniqueur anglais l'appelle gens sine capite, la Compagnie sans tète. Elle n'en formait pas moins, au début surtout, une véritable armée, aussi redoutable par l'habileté de ses chefs quf par le nombre de ses soldats.
« Après avoir ravagé le nord de la Champagne, elle s'achemina du côté du Midi. Ceux qui dirigeaient sa marche annonçaient hautement « qu'ils se troiroient vers Avignon et iroient voir le pape et les cardinaux, » à l'exemple de l'Archiprêtre. La Bourgogne se trouvait sur leur passage « et là vinrent se reposer et rafraîchir en attendant l'un l'autre et y firent moult de maux et de vilains faits ; car ils avoient de leur accors aucuns chevaliers et écuyers du pays q4.ii les menoicnt et conduisoient (1). »
« A la vérité, les Etats de Philippe de Rouvres eurent à
(1) Froi)isart-Biichoii,l, I»% p.<53.
souffrir de ces Iraliisons, dont les exemples, alors si fréquents, se manifestaient partout. Seulement les principaux coupables étaient plutôt des Francs-Comtois que des habitants du duché.
«Dans les premiers jours d'août 1360 (1), les troupes bourguignonnes arrêtèrent, aux environs de Montréal -en- Auxois, un parti d'aventuriers à la tête desquels figurait l'un des vainqueurs de Brion, Girard de Mairey et son digne acolyte, Jacques de Baudoncourt.
« Tels étaient les guides et les introducteurs de la Grande Compagnie. L'émotion causée par leur capture et la découverte de leurs desseins redoubla lorsqu'on apprit que le frère de l'un d'eux, Anseau de Mairey, moine de Molême, s'était introduit subrepticement à Semur, où ils étaient prisonniers. — Pris et enfermé au donjon de la ville, le 15 août 1360, il était venu savoir « comment il les pourroit jetier hors de prison et domaigier la ville et le païs, comme depuis il a cogneu (2). »
« La punition fut aussi prompte qu'impitoyable. Après avoir été mis aux fers, interrogés et peut-être torturés, Girafd de Mairey et Jacques de Baudoncourt subirent la peine de mort, le mercredi 21 août 1360. Tous ceux de leurs biens qu'on put saisir et entr'autres la forteresse de Beire-le-Cliâtel, furent confisqués pour cause de forfaiture.
a Quant au moine de Molême, le caractère religieux dont il était revêtu entravait la justice ducale. Il fallut traiter avec l'official et le vicaire général de l'évêque d'Autun. Mais Anseau de Mairey ne vit pas la fin des négociations : il mourut au donjon de Semur, le vendredi après la Saint- Denis, 1360. Le châtelain ne savait que faire du cadavre: il
(1) Archiprétre, uole relevant la petite eireur de l'Inventaire somffiaire.
(2) Inventaire sommaire, B. Ca02.
se crut obligé d'eu référer au duc. Six jours s'écoulèrent avant que les restes du niallicureux lussent arracliés de ses fers et traînés dans une fosse creusée à la hâte « emprès la tour quarrée du Belle, » ainsi que l'établit cette note extraite du compte dudit cbàtelain, Perrenot de Savigny : « A Girardot... pour defl'orgier le dit M. Anxeaul qui avoit demorey en la prison VI jours morz, pour ce que li diz chastelain attendoit la response de M. le duc pour lettres qui li avoit envoiées, qui le feroit du corps du diz M. Anxeel (4). »
Voici maintenant, sur cet épisode et à l'appui du récit de M. Chérest, diverses autres notes que nous empruntons à VLiventaire sommaire des Archives de Bourgogne, Cour des Comptes, série B, 6202, et que nous reproduisons textuellement ici. Elles donneront au lecteur une idée de la manière dont on procédait au moyen-âge, que généralement on n'a pas suffisamment étudié :
« Compte de Perrenot de Savigny, châtelain de Semur. — Gages de quatorze gens de guerre, bien armés, qui, par ordre du bailli d'Auxois, gardèrent M. Anxeal de Mairey, moine, réfugié dans l'église Notre-Dame de Semur « pour qu'il ne s'en partit; lequelx s'estoit boulez en franchise, dès la voille de la miost, et rendit le lendemain au chastelain pour estre mis es prisons de Monseigneur. »
« Achat de fers pour les prisonniers Girard de Mairey, Jacques de Baiidoncourt, Anxeau de Mairey et Philippe de Jaucourt. »
« Voyage fait à Frolois, le 12 août, pour y porter au duc de Bourgogne des lettres du châtelain de Semur, relatives « aux paroles que messire Gii'ard de Mairey avoit dites, qui à donc estoit en prison, ou donjon de Semur, touchant l'onour et lestât de Monseigneur et de tout le pays. »
(1) hivculairc aouiiuaire B. 6202.
« Dépense faite le mercredi après « la mioust pour porter lettres de par Monseigneur le duc, à M. Jacques de Vienne, à Marigny-sur-Ouche (i), et au seigneur de SafTres, par ordre du seigneur de Marvilly et du bailli d'Auxois, sur le faict de Mons, Gérard de Mairey et de Jacques de Baudoncourt, qui furent exécutés à Semur. »
(( Envoi des lettres de Jean de Vienne au duc qui était à Talant, "pour lui faire savoir que le châtelain faisait garder Anxeau de Mairey en l'église Notre-Dame de Semur, où il s'était mis en franchise ; « liquelx estoit venuz à Semur, sçavoir le convive de Mons, Gérard, son frère, qui estoit en prison à Semur, comment il le pourroit jetier hors de prison et domaigier la ville et le païs, comme depuis il a cogneu. »
« Message porté de la part du capitaine de Semur, la semaine après la Saint-Barthélémy, au duc qui était à Argilly « pour le faict des guerres et lui faire scavoir le convive des ennemis. »
Le cas de forfaiture, nous l'avons dit d'après Chéruel, page 214 de notre livre, entraînait la confiscation du fief et la punition corporelle du vassal. Nous savons que Jacques de Baudoncourt fut exécuté à Semur, avec Girard de Mairey, le mercredi 21 août 1360. Il nous reste maintenant à voir comment il fut dépouillé de son fief et de sa forte maison de Beire.
Fait prisonnier, sous Montréal, dans les premiers jours du mois d'août, son procès s'instruisit en quelques jours, mais régulièrement. (Il y a lieu de le présumer en raison de tout ce que nous venons de dire). Dès le dix du même mois, ainsi qu'il résulte du compte de Dimanche de Vitel, receveur général du duché (2), Jean de Sainte-Croix, seigneur de Sauvigny, reçoit l'ordre d'aller « panrre la forte
(1) Il n'en reste plus que les ruines.
(2) Voir Archiprêtre, p. 131 ; seconde note.
maison de Bère, en suivant la terre appartenant à la dicte maison, et icelle mettre en la main de mon dict seigneur (le duc de Bourgogne) pour certaines et justes causes. » — A partir de cette époque, les recettes et les dépenses de la seigneurie de Beire figurent, dans les comptes du même receveur général, sous la rubrique suivante : et Beire-le- Chastel , tenu en la main de Monseigneur, à cause de l'estroerie de Mons. Jacques de Baiidoncourt. »
Voici le texte même de la prise de possession, par Philippe de Rouvres, de la maison de Beire. On verra, dans la commission donnée à Jean de Sainte-Croix, comment il y fut procédé. Nous l'empruntons encore au compte de Dimanche de Vitel, B 1410, fol. 59, recto :
« A plusieurs personnes de la ville de Semur pour deniers à eux païez du commandement de Mondict Seigneur, par ses lettres donnez à Montbard le X* jour d'aoust mil CCCLX (1360), annexées par IIII — la copie d'une commission dit Seigneur adrecent à Mons. Jehan de Sainte-Croix, seigneur de Sauvigny, pour panrre la forte maison de Bère et icelle mettre en la main de Mondict seigneur pour certaines et justes causes — pour vivres et garnisons pris pour ledict Jehan de Sainte-Croix desdictes personnes tant pour li corne pour les genz d'armes de sa dicte compagnie dont les noms des personnes sont escriptes en la copie de ladicte commission et en III lettres de quitance soubz ie scel du maïeur de Semur et en une cédulette attachée avec lesdictes lettres tout pendantes à court.
a Pour tout, xxxvij florins vu gros et 7... »
Par acte passé à Rouvres, le 7 octobre de la même année, Eudes de Grancey acheta la maison forte de Beire, moyennant le prix de 900 florins ?u mouton, et avec droit de retrait peur le duc et ses héritiers. Moins de deux ans après elle était déjà retournée à la maison ducale, ainsi que le démontre la note qui suit oîi nous allons voir quel était, le 10 mai 1362, le matériel de guerre de la petite place de
Beire. (Il s'agit là évidemment d'un simple entretien de matériel).
« A Beire-le-Chaslel, tenu en la main de Mons. à cause de Vestroerie de Mons. Jacques de Baudoncourt.
« A Mons. Guillaume d'Aigremont, garde de la forte maison de Bère, du commandement de Mons. Henry de Bar, par ses lettres données le X^ jour de may ccclxii (1362), et quittance dudit Mons. Guillaume donné ledit jour, un mille de traict à pié tout empenné et enferré.
« Item par lesdites lettres, II arbalestres de corne à deux piez.
« Item a li et par lesdites lettres II arbalestres de corne a ung pié.
a Somme de l'artillerie ci-dessus,
« Traict à un pié empenné et enferré un m. (un mille).
« Arbalestre de corne a II piez II.
« Arbalestre de corne a ung pié II (1). »
Toutefois, dès le 20 juin 1377, les descendants de Jacques de Baudoncourt étaient rentrés en possession du fief confisqué sur leur père, attendu qu'on voit à cette date, Simonnotte, Aimé, Henri, Pierre et Marguerite de Baudoncourt, ses enfants, s'en faire le partage (2).
La vie de Jacques de Baudoncourt avait dû se passer dans l'opposition qu'il faisait au duc de Bourgogne et dans un état permanent de révolte contre lui. Et M. Clerc (3) nous apprend qu'on le complaît parmi les rebelles qui s'étaient soulevés contre Eudes IV, et que le gardien de la Franche-Comté avait été obligé de faire brûler son château de Saint-Brenon. « Mais la noblesse n'est pas domptée, dit cet auteur : on guerroyait chaque jour... Vers cette époque
(1) Dimanche de Vital, B. 1413, fol. C7, recto.
(2) Histoire de BetVe, p. 217.
(3) Histoire de Franche-Comté, tome II, p. G9 et suiv.
rOst du prince va assiéger la Rochelle ou brûler Saint-Brenon qui appartenait à l'un des 2^11(8 niéchaiils chevaliers de ce temps, Jacques de BaiMtoncoiM't, mortel ennemi du roi de France. » L'expédition, dit-il, par une note ajoutée à son récit, eut lieu en mars 1341. « Par lettres datées do Vesoul, le mardi après la Sainte-Catherine, 1341, Vauthier de Vienne, seigneur de Mirebel-en-Montagne, atteste que Othes de Vaithes, chevalier, Châtelain d'Estolon, est « venu avec nous en armes ardre S. Brenon, laquelle ville estoit à Mons Jacques de Baudoncourt, et y perdit un cheval de cent el vingt flonns (1). »
Si éclatant qu'ait été le châtiment infligé à Jacques de Baudoncourt, ses descendants ne tardèrent pas à obtenir leur réiiabilitation. Par la suite, en efTet, on vit deux de ses fils, Henri et Aimé, occuper des charges d'honneur à la Cour des ducs de Bourgogne: de 1391 à 1394, sous Philippe le Hardi, le premier fît partie d'une mission diplomatique en Prusse (2); quant à Aimé, nous savons, qu'au mois de février 1412, il était écuyer d'écurie de Jeansans-Peur (3).
La vie agitée du sire de Beire dut le jeter, à l'exemple de Jean de Chalon, dans de grands besoins d'argent : déjà, dès le mois de juillet 1346, il aliénait sa maison forte de Bélhoncourt acquise par Jean de Faucogney ; peu de temps avant sa mort, le 29 décembre 1357, on le voit encore vendre son fief de Tarsul à Geoffroy de Blaisy, moyennant le prix de GOO florins (4j.
Le contrat de cette dernière vente, qui fut rédigé par Guillaume Gigonnier d'Is-sur-Tille, coadjuteur du tabel-
(1) Chnmhre des Comptes,?, 40.
(2) Cuw (les Comptes, B. 11932.
(3) Dom Plancher, vol. 3, pago 58i.
(4) Cour des Comptes, B. 11255.
lion de Dijon, contient ane clause permettant au vendeur de racheter son fief pour le même prix, dans le délai de trois ans, en tenant compte à l'acquéreur des dépenses qu'il y aurait faites pour l'accroître ou l'améliorer. — Ce contrat est encore pour nous la preuve indirecte que Jacques de Baudoncourt aurait reçu \d terre de Beire ou par droit de succession ou par la dot de sa femme: au cours de nos recherches,nous avons découvert que, pendant le X1II« siècle, des fiefs étaient possédés par l'ancienne maison de Beire à Frénoy, à Tarsul et à Villecomte.
Le sceau de Jacques de Baudoncourt, portant les armes que nous avons décrites, est conservé aux Archives départementales de la Côte d'Or, Cour des Comptes, B. 1058.
Huit ans après la mort du sire de Beire, « Viez li Lombardaz (Lombart) de Bère le Chasteaul, » onzième témoin entendu dans l'Information du samedi 2 septembre 1368, se reconnaît homme de madame Dourmoy.
Isabelle de Choiseul, dame d'Ormoy, possédait, en effet, à la date du 8 mai 1372, un petit douaire assis sur les finages de Beire-ie-Châtel et de Beire-la-Ville. Il consistait particulièrement en un bois « menu » de la contenance de 405 arpents qui se coupait ordinairement tous les huit ans ; et en la moitié a d'un molin scituey et assis amprès la fort maison de Bère. » L'autre partie de ce moulin appartenait à « Monseigneur Symon de Saint-Aubin, chevalier. » La douairière recevait, chaque année, de ses droits sur le moulin de Beire « environ trois Emines par moitié froment et orge, à la mesure de Mirebel. »
Dans son dénombrement présenté à Philippe le Hardi, Isabelle de Choiseul nomme l'écuyer Huguenin Deschamps, qui lui devait foi et hommage pour certains immeubles, ainsi que « Jehanote, fille de feu Huguenin de Mornay, escuier. »
Cette dernière possédait sur le territoire de Beire une pièce de pré ainsi déclarée : « Premiers, doulies faux ou finaige de Bère, ou lieu que Ton dit entre le grand prey et Lourmeot (1). •>
Ainsi donc n'est pas acceptable la tradition locale tendant à démontrer : que le pont de L'Ormoy ou de L'Ormeau doit s'appeler de L'Armoy ou de l'Armée, depuis qu'Henri IV l'aurait traversé avec ses soldats vainqueurs, en revenant de Fontaine-Française. C'est le pont de Lourmeot, c'est-àdire de l'Ormeau.
Enfin, la dame d'Ormoy figure encore sur la liste des feux de Boire, de l'an 1400, sa justice s'étendant alors sur treize ménages. A la même date, on compte trois autres justices sur la paroisse de Beire : celle de « Vaivrotes, » celle de messire o Phélippe de la Chaulme » et celle de « Symon de Saint-Aubin, chevalier. » — Il n'y est plus fait mention du nom d'Henri de Baudoncourt inscrit sur la liste de 1397 cependant. Peut-être était-il déjà mort, bien que le partage de la seigneurie de Beire n'ait eu lieu qu'au mois de février 1402,
Isabelle de Choiseul était également, en 1372, dame de Tarsul(2).
Jean- Jérôme Tisserand, seigneur de Beire, abbé commendataire d'Auberive, portait encore le titre de sieur de Chalanges. Nous en avons récemment trouvé la preuve dans un manuel à son usage conservé au château de Beire.
Ce vaillant seigneur fit résistance, avec les hommes du village sans doute, à un corps d'armée du général Gallas.
(1) Archives de la Côte-d'Or, lî. Chambre des Comptes 10520. (î) Cour des Comptes, B. 10520.
Et, dans la journée du 8 novembre 1636 ou dans la matinée qui suivit, il fut fait prisonnier par les Croates que commandait le colonel Isolani. Mais, dans la journée du 9, il sut se dégager, pendant que, près du village de Beire, le comte de Rantzau leur donnait la chasse et leur tuait une centaine d'hommes.
Déjà, la veille, un engagement avait eu lieu sur le pont de Spoy. C'est là que le comte Ludovic et non le colonel Isolani, comme nous l'avions écrit, fut tué avec 50 de ses Croates. L'abbé Desclumes nous apprend (1) que, le sept du même mois, ce chef barbare avait fait mettre le feu à Arcsur-Tille et dans les villages voisins qui furent pillés et saccagés.
Diverses pièces généalogiques, gardées au château de Beire, nous ont appris que la famille Le Belin avait des alliances avec les Mac-Mahon, les Vergennes et les Puységur.
Seigneurs de Vewrotte.
Parmi les seigneurs qui possédèrent jadis la terre de Vesvrotte, il en est un qui vécut dans la seconde moitié du XIV« siècle, et auquel nous devons une mention à part. Il se nommait Jean Sauvegrain, dit le Normandel ou le Normandet, et il exerça, pendant de longues années, la charge de maître d'hôtel du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi (2). Ecuyer d'abord, on le voit ensuite porter le titre de chevalier (3). — Il épousa Mathilde Chauchard, probablement issue d'une famille bourgeoise de Dijon, qui lui apporta en dot une somme de 2,000 fr., somme considérable
(1) Pag. 103 et 104.
(2) Cour des Comptes, B, 11303.
(3) Cour des Comptes,]!, 1129C.
alors (1). Il en eut au moins deux fils, Jean et Philippe (2). — 11 mourut certainement avant l'an 1399 (3). — Raoul, dont le curé de Beire conduisit le corps à l'église des Cordeliers de Dijon, était son fière (4).
Avant l'année 1372, Jean Sauvegrain possédait au moins les fiefs de Vesvrotte, d'Echalot et de Vernot, où on le voit nommer Guillaume de Panges pour gouverner sa justice (5) . — A partir de cette époque la fortune de ce seigneur s'est exlraordinairement accrue, par les opérations commerciales de toute nature auxquelles on le vit se livrer, et qui lui valurent probablement le surnom qu'il portait.
Nous allons en donner ici la série principale. En même temps que nous apprendrons à y connaître le sire de Vesvrotte, nous pourrons nous faire une idée à peu près exacte des mœurs de ce temps, et de la gène excessive de la noblesse bourguignonne depuis la captivité du roi Jean.
Par motif d'abréviation, nous supprimeronsles dates des divers contrats que nous allons passer en revue, et qui appartiennent tous à la seconde moitié du XIV" siècle. S'il en était besoin, d'ailleurs, on pourrait toujours se les procurer au moyen des notes ou renvois que nous mettons entre parenthèses.
Ces préliminaires posés, nous commençons par un acte concernant la terre de Vesvrotte. a Rédigé le 6 octobre 1375, cet acte contientles conventions d'un cheptel de moutons passées entre Jean Sauvegrain, sire de Vesvrotte, et plusieurs habitants de ce lieu (6). — Jean le Joliet, drapier, souscrit une obligation de 1,105 francs d'or, au profit de
(1) Cour des Comptes, B, 11277.
(2) Cour des Comptes, B, 1129G.
(8) Cour des Comptes, B, 11290.
(4) Cour des Comptes, B, 1129G.
(5) Cour des Comptes, B, H27G.
(0) Cour des Comptes, B. 11279.
Jean Sauvegrain, dit Normande!, seigneur deVesvrotte (1). — Jean deBaissey, écuyer, sire de Chamfort e! de Beurey- Bauguay, étant chargé de dettes à cause de sa rançon, vend à Jean Sauvegrain, sire de Vesvrotte, écuyer, 60 livrées de terre îx prendre sur son domaine de Pommard, selon l'estimation qui en sera faite par experts. — Richer de Hautecourt, abbé de la Bussière, souscrit une obligation de 100 francs, au profit de Jean Sauvegrain, écuyer de cuisine du duc, sire de Vesvrotte (2). — Jacot Lambert, de Magny-Saint-Médard, se reconnaît homme de Jean Sauvegrain, sire de Vesvrotte, qui s'engage à le garder et défendre. — Jean de Vergy, sire de Fouvent, chevalier, souscrit une obligation de 100 francs à Jean Sauvegrain, écuyer (3).
« Etant écuyer de cuisine du duc, Jean Sauvegrain vend, à deux Lombards de ^lilan, trente balles de laine, provenant des abbayes de Clairvaux, de Fontenay et de l'hôpital de Beaune (4). — Jean de Brognon, écuyer, et Jeanne sa femme, fille de Philippe de la Chaume, lui vendent 50 coudées de terre (5). — Froment de Saint-Loup, écuyer, lui vend sa part de la seigneurie d'Orville, moyennant 73 francs (6). — Il passe un marché avec Régnant le Ponceret, couturier à Dijon, pour la f;\çon en drap : 1° des pourpoints de lui et de ses enfants, pour le prix de 13 gros et demi pièce. Ils seront garnis de bourre « les butons attachésde soie, doublés de toile dès le faulx en avant; 2° des houppelandes courtes et huques, à 3 gros ; 3" des chaperons à un gros; 4" des paires de chausses à un gros
(1) Cour des Comptes, B, 11274.
(2) Cour dei Comptes, B, 11274, (.3) Cour des Comptes, B, 11278.
(4) Cour des Comptes, B, 11288.
(5) Cour des Comptes, B, 11290.
(6) Gourdes Comptes, B, 11293.
îiOD SUPPLÉMENT
et denii(l). — Vautliicr (leFrolois,sire de Sainl-Germaindu-Plaiii, lui achète pour 408 francs de vaisselle d'argent. — Tliierry de Charmes, abbé de Bèze, lui loue pour un an et pour la somme de 100 francs, son domaine de Viévigne (•2). — Vauthier de Frolois, déjà nommé, sire de Saint Germain et chambellan du duc, chevalier, lui souscrit une obligation de 1-41 francs. — Jean de Roches et Jean son fils, le premier étant écuyer, lui vendent leur terre d'Orgeux, moyennant la somme de 40 francs (3).
« Jean de Bessey, écuyer, engage pour trois ans les revenus de sa terre de Collonges, moyennant la somme de 40 francs, à Jean Sauvegrain, sire de Vesvrotte. — Simon d'Angoulevant vend au même Sauvegrain, pour la somme de 100 francs d'or, 10 livrées de sa terre de Renève, en franc-aleu. — Henri de Coublanc, sire deBézouette, écuyer, Simon de Coublanc, sire d'Arceau et d'Arcetot, lui vendent un revenu de plusieurs émines d'avoine. — JoiïroydeCharny, sire de Montfort, chevalier, lui souscrit une obligation de 130 francs.— Jean de Tenarre, seigneur de Genlis, lui vend tout ce qu'il possède à Gevrey (4).
Guillaume de Monthureux , chevalier, vend quatre émines d'avoine, de rente annuelle, à Jean Sauvegrain, sire de Vesvrotte, pour quarante fi'ancs. — Le même Sauvegrain, écuyer, sire de Vesvrotte, maître d'hôtel et des déduits du duc de Bourgogne et du comte de Nevers, fait donation de différentes pièces de terre, au profit de la Chartreuse de Dijon. — Jeanne de Neufchàtel, dame de Rigny, et Jean, son fils, empruntent 300 francs à Jean Sauvegrain, sire de Vesvrotte. — Jean de Pontailler, chevalier, lui emprunte une ceinture d'argent fourrée de cuir noir à
(1) Cour des Comptes, B. 11294.
(2) Cour des Comptes, B, 11293.
(3) Cour des Comptes, lî, 11301.
(4) Cour des Comptes, U, 11302.
grands clous d'argent, pesant douze marcs et demi ; une pile d'argent garnie de six gobelets, pesant neuf marcs et demi ; douze hanaps et une aiguière d'argent (1).— Jacques de Valeroil, prieur deBeaumont-sur-Vingeanne, lui achète deux queues ou quatre muids de vin vermeil, pour la somme de 14 francs. — Vauthier, seigneur de Saint-Germain-du-Plaia, reconnaît lui devoir, à titre de prêt, vingt francs d'or. (2)
« Jean de Melle-sur-Mer, Charles, fils de Philippe de Savoisy, chambellan du roi, et Colin de Mauleherbe, écuyers, reconnaissent lui devoir 40 francs. — Thierry de Charmes, abbé de Bèze, lui vend son droit de four à Viévigne, pour trois ans et pour la somme de 100 francs d'or. — Joffroy de Charny, sire de Montfort, chevalier, lui vend 50 livrées de terre, pour la somme de 500 francs. — Guillaume de Courcelles, sire de Gissey-sous-Saulmaise, en reçoit, à titre de prêt, la somme de 270 francs. — Hugues deSemur, sire de Montilles, reconnaît lui devoir la somme de 140 francs ;3).
« Vauthier de Frolois, sire de Saint-Germain-du-Plain, reconnaît lui devoir 300 francs. — Bertrand de Chartres, chevalier, chambellan du roi et du duc, lui vend 30 livrées de terre, pour 300 francs. — Jean de Corgenon, seigneur de Maillenay, chevalier, Guillaume de Ceudon, sire de la Marche, écuyer, lui souscrivent une obligation de 600 fr. — Il donne une quittance de 300 francs à Guillaume Bataille, receveur général du duché et du comté de Bourgogne, cautionné par Pierre de la Haie, écuyer tranchant du duc (4). — Girard de Brimeu, écuyer, pannetier du comte de Nevers, reconnaît lui devoir 41 francs. (5).
(1) Cour des Comptes, B. 11303.
(2) Gourdes Comptes, H, 11310.
(3) Cour des Comptes, B, 113Ki, fol. G, 23 et 161.
(4) Cour des Comptes, B, 1131G, fol. 59, Cl, 70 et 196.
(5) Cour des Comptes, B, 11345, fol. 31.
« Terminons, enlîn, celle longue énuméralion par une dernière citation. — Un peu juif dans ses mœurs commerciales,on voit, de 1381 à 1382, Jean de Sauvegrain, écuyerde cuisine du duc, donner quittance au chef des Juifs de Bourgogne de la somme de 6G0 francs, à valoir sur celle de 1,000 francs qu'ils devaient à Philippe-le-Hardi(l). » — Ils étaient donc ren'rés dans les états de ce prince, d'où ils avaient été bannis l'an 1306, par une ordonnance de Philippe-leBel, qui les excluait de tout le royaume de France.
Les mesures prises contre les Juifs, en vertu del'Ordonance royale, furent appliquées en Bourgogne, le jour de la Madeleine loOG : « L'an de grâce mil trois cent et sis, le samedi, jor de la Magdeleine, furent pris li juis dou Douchaume de Bourgonne. » — Toutes leurs propriétés mobilières et immobilières furent saisies, inventoriées et vendues (à leur profit, néanmoins, car le roi avaitenjoint à leurs débiteurs de venir déclarer leurs dettes, et les commissaires délégués en exigèrent le remboursement avec rigueur.)
Des inventaires furent dressés à Vesvrotte, à Beire, à Bellefond, à Spoy, à Crimolois, où les terres, les vignes, lo bétail et les récolles leur appartenant furent estimés. ('2) — Il suit évidemment de là, qu'au commencement du XIV' siècle, une colonie de Juifs s'était installée sur la paroisse de Beire.
Plusieurs fois, au cours de celle histoire, nous avons fait intervenir un personnage respectable, qui a droit à notre plus vive reconnasi^■ance. C'est à l'aïeul de Messieurs de Vesvrotte, en elîet, que nous devons une partie des documents qui tiennent aux origines de Beire.
(1) Cour des Comptes, B, 11306.
(2) Mémoires de l'Académie dp. Dijon, deiixiùiue série, loiu. 13, page l!i7.
11 est donc bien juste de lui consacrer ici quelques mots : M. Charles Richard de Ruffey, président à mortier au Parlement de Bourgogne, comte de Vesvrotte, naquit à Dijon, le 22 juillet 1757. — Il eut pour père Gilles-Germain Richard de Ruffey, chevalier, baron de Montfort, seigneur de Ruffey, Trouhans, Vesvrotte, Grilloire^en- Anjou et du Martray, élu perpétuel du roi aux Etats de Bourgogne, président à la Chambre des Comptes de Dijon, qui avait obtenu des Lettres d'honneur. — Sa mère fut Anne-Claude de Laforest.
M. Charles Richard de Ruffey fit son entrée à la Chambre de la noblesse aux Etats de 1781, et il fut pourvu d'un office de président à la Cour des Comptes en 1784, charge qu'il exerça jusqu'en 1789. Obligé de s'expatrier alors, pour demeurer fidèle à sa foi politique et à ses sentiments religieux, il prit le chemin de l'exil et ne rentra dans sa patrie qu'au mois de novembre 1801.
Selon qu'il l'écrivit lui-même en une pièce de vers latins, retrouvée dernièrement, il parcourut, pendant cette longue absence, l'Europe entière, de l'Est à l'Ouest, du Nord au ^lidi. En 1792, on le trouve au centre de la Laponie. C'est là, sans doute, qu'il groupa les éléments d'un ouvrage composé par lui sur cette province, ouvrage dont on lui voit tenir un exemplaire, dans son portrait conservé au château de Vesvrotte.
Le 29 juillet 1799, il épousa, à Londres, Mademoiselle Armande-Louise-Victorine des Réaulx, née à Paris, le 16 août 1781. — 11 en eut trois fils: Gustave, Alphonse et Ernest, tous décédés. Lui-même, mort le 5 juillet 1840, repose avec son épouse dans la chapelle du château de Vesvrotte.
Mais sa famille n'est point éteinte, et l'ancien nom des Richard de Vesvrotte revit encore en la personne de MM. Claude-Marie-Armand Richard, comte de Vesvrotte (fils de M. Alphonse), — Gharles-Marc-Rodolphe Richard,
vicomte de Vcsvrotle (également fils de M. Alphonse), — et Gustave-Marie-Henri Richard, vicomte de Vesvrolte (fils de M. Ernest), chevalier de la Légion d'honneur, chef de bataillon au 57^ régiment de l'armée territoriale, ancien officier d'ordonnance du ministre de la guerre, retiré au château de Mont-Richard.
La devise qui accompagne les armes de la maison de Vesvrotte est celle-ci, belle entre toutes : qiio justior, eo ditior, je me complais dans la justice.
Seigneurs de la Chaume.
Philippe de la Chaume qui reprit de fief, dès l'an 1366 (1), et présenta alors son dénombrement à Philippe le Hardi, se nommait aussi Philippe de Saint-Seine (2). — Il eut pour frères André de la Chaume et Othe de Cromari, chevaliers. Agnès de Saint-Seine, dame d'Arc-sur-Tille, était leur sœur (3). — Les enfants de ce seigneur furent Girault ou Girard, Simon et Jeanne qui devint l'épouse de Jean de Brognon (4) .
Les enfants de Simon de la Chaume, qui dut succéder à son père Philippe, furent : Agnès de la Chaume, épouse du chevalier Claude de Baissey; Marguerite de la Chaume, femme de l'écuyer Jean de Charmes ; enfin, Aymon de la Chaume, encore mineur de 1423 à 1425. — La femme de Simon de la Chaume fut Mahaut de Recey. Tout cela découle des termef d'une quittance de la somme de 18 fr. délivrée à Henri Morey, bourgeois de Dijon, par les enfants et la veuve Simon de la Chaume pour du vin que ce dernier avait vendu au dit Henri Morey (5).
(1) Cour des Comptes, B, 10513,
(2) Cour des Comptes, B, 11303.
(3) Cour des Comptes, B, 11238 et 11257.
(4) Cour des Comptes, B, 11290 et 11303.
(5) Cour des Comptes, B, 11330.
SUPPLÉMEM S05
Conseil municipal de Beire.—Etecliom des 6 et \Z janvier 1878.
MM. Delacre Pierre-Timothée, maire.
Roy François, adjoint au maire.
Carré Félix. Clerget Alfred.
Dumont Nicolas.
Garnier Nicolas-Chabeuf.
Gaussot Louis.
Girardot Jean-Baptiste.
Givoiset Bernard.
Lenoir Jules-Ménétrier.
Paulin Auguste-Lenoir.
Roy Prudent- Viard.
Bweau de bienfaisance avant la loi du 5 août 1879.
MM. Delacre Pierre-Timothée, maire; Morillot Louis, curé ; Richard Armand, comte de Vesvrotte ; Seguin de Broin Amédée; Bavard Bénigne; Bollot Jacques et Garnier Jean-Royer.
Bureau de bienfaisance après la loi du 5 août 1879.
MM. Delacre Pierre-Timothée, maire, président ; Morillot Louis, curé, élu par le conseil municipal ; Bavard Bénigne, élu par le conseil municipal. Nommés par le ministre de l'Intérieur : Boiget Jean, maréchal ; Chaudron Léon, propriétaire, (vice -président) ; Clerget Alfred, cultivateur; Serrigny Armand, docteur en médecine.
BEIRE-LE-CHATEL ET SES ANCIENS FIEFS Chronique, Histoire et Légende
BEIRE EN 1780
d'après un manuserit conservé aux archives départementales, PAR Lucien Bonnamas
BEIRE-LE-CHATEL ET SES ANCIENS FIEFS Chronique, Histoire et Légende
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