VI. — Ua.bhé Pierre, vicaire
On sait que , vers le milieu du XI V*^ siècle, des troupes d'aventuriers , connues sous le nom de Grandes Compagnies , profitant du désordre et de la licence de ces temps malheureux, désolèrent la France sous les règnes de Jean le Bon et de Charles V. Après leur retraite, d'autres aventuriers, appelés les Tard-Venus, sillonnèrent également la France. Au mois d'août de l'année 1375, sous le règne de Charles V, Philippe le Hardi étant duc de Bourgogne , des gens d'armes bretons et autres gens de compagnies envahirent cette province. Les Elus de Bourgogne octroyèrent à leur duc une somme de 5,G00 fr., pour l'indemniser des frais de guerre qu'il dut supporter lorsqu'il mit les susdites compagnies hors du pays.
Pierre Joliot fut chargé, par les Elus, de dresser le rôle des feux du bailliage de Dijon, afin qu'il pût être procédé d'une façon plus sûre à la répartition des charges imposées aux habitants. Lorsqu'il se présenta dans la commune de Beire , il fut renseigné par le prêtre qui desservait cette paroisse.
(1) Archiv. départ, copies des titres de i'aijjjaye de Bèze.
i'AC) CURÉS QUI ONT DESSERVI L'ÉGLISE DE BEFRE
C'est à la recherche des feux en Bourgogne, aux XIV' et XV' siècles, publiée dans l'aunuaire de la Côte-d'Or par l'archiviste Garnier, que nous devrons la découverte d'un de nos prédécesseurs , dont le nom fût sans doute resté ignoré sans cette publication.
Nous citons le procès-verbal de Joliot, textuellement, en ce qui concerne la commune de Eeirele-Chàtel, mise en tête des listes du baillage : « Et premièrement s'ensuit la prévosté de Dijon, la parroiche de Bère, rapporté par M'' Pierre, vicaire dudict lieu, etc , par leurs sairements. — Somme, 44 feux sers, 2 feux abonnez et 14 feux misérables sers, 59. — Vavrotes en la parroiche de Bère, 13 feux sers. » — Dom Plancher, tome III, page 2, nous apprend que, dès l'an 13G3, la prévôté de Dijon comprenait cette ville en partie avec les bourgs et villages « de Chenôve, de Marcennay-en-Montagne, de Perrigny, de Fontaines, de Gémeaux, de Pichanges, de Beyre-le-Chàtel, de Beire-la-Ville, de la Chaume, de Flacey et de plusieurs autres. »
Ainsi donc, il est bien certain qu'en 1375 l'abbé Pierre était vicaire de la paroisse de Beire, qu'il devait personnellement administrer. Car, si nous admettons l'opinion de M. Garnier sur le chilîre de personnes qu'il faut attribuer à chaque feu (opinion (^ui nous paraît très vraisemblable!, en donnant une moyenne de cinq individus à l'ensemble des ménages, la population de Beire, Vesvrotte compris, ne devait pas compter plus de 365 habitants. — L'abbé Pierre nous semble avoir été ou le remplaçant d'un prêtre âgé, ou celui d'un
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prêtre exerçant les fonctions du notariat, ainsi que cela avait lieu très fréquemment à cette époque, ou bien, enfin, il aurait rempli les fonctions curiales dans la paroisse de Beire au nom de quelqu'autre prêtre, qui aurait alors possédé la cure de ce lieu à titre de location, comme cela se pratiquait souvent en ces temps, malgré le droit canonique ; — à moins, cependant, que le service des diverses chapelles de la paroisse n'eût exigé la présence simultanée de plusieurs prêtres pour les desservir.
vu. — Vuhhé Nicolas Pkquet (i486}.
Il exerça son ministère dans la paroisse de Beire, sous les règnes de Charles VIII et de Louis XII. — Un siècle entier le sépare de i'abbé Pierre, et pendant ce laps de temps, la Chronique de Bèze ne nous a absolument rien appris qui pût nous mettre sur les traces de ses prédécesseurs. Maison voudra bien remarquer que le glaneur, ainsi que nous l'avons déjà observé , ne peut ramasser que les épis qui lui tombent sous la main. Et jusqu'à ce que nous en arrivions à l'année 4628, époque où commencent les registres de l'état civil et religieux de Beire, nous ne ferons pas autrement. Toutefois, les anciens terriers du château ou maison forte de ce lieu vont désormais nous otfrir d'assez nombreux documents.
Le dernier jour du mois de janvier 1486, nous trouvons Nicolas Picquet présent à la rédaction d'un bail emphytéotique consenti par Alexandre de Saulx, chevalier, seigneur de Vantoux et de Beire,
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à Aimé Floriet, maréchal, demeurant à Beire-la- Ville, par-devant Claude Picquet, alors notaire à Beire, qui le qualifie ainsi : « discrette personne messire Nicolas Picquet, prestre » (1).
Le 9 mars 1507, il assiste de nouveau à un contrat de vente, où il est qualifié comme plus haut. On y voit que messire Nicolas Picquet résidait certainement à Beire. — Ce contrat fut rédigé par «Robert Picquet, prestre dudit Beire, notaire royal » (2). — A f époque où le sire de Longecourt possédait la Chaume qui devint ensuite la propriété du sieur de Tart, son fds, Pierre Picquet, prêtre, en était « l'admodiateur » (3). Or, le sire de Longecourt devait vivre du temps de Nicolas Picquet. — Mathieu Picquet avait également tenu en location le domaine de la Chaume, mais il n'est pas dit cependant que celui-ci fût prêtre.
De tout ceci on pourrait conjecturer que les frères Picquet administraient ensemble la paroisse de Beire. — Pendant plus d'un siècle, la famille Picquet fut importante et très nombreuse dans cette commune. Vers la fin duXVP siècle, nous verrons encore un de ses membres, Claude Picquet, chargé du service de la même paroisse.
Ce qui nous a fait présumer que Nicolas Picquet, en parlicuher, devait être compté parmi les curés de Beire, c'est qu'il fit une fondation dans l'église
(1) Archives du château de Beu-e, terrier de Jeau Clopiii, fol. Ii7.
(2) Id ,ibid., fol. 18.
(3) Id., vol. d'iuforuiatious, procès eutre les seigueurs de Beire et de lu Chaume.
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de ce lieu, exemple qui fut généralement suivi par ses successeurs. Voici la note qui nous donne connaissance de cette pieuse disposition. Nous l'avons trouvée, insérée sous le n^ 28, dans l'inventaire écrit de la main de l'abbé Grillot, en tête des registres de la fabrique commencés en 1751, et que nous restitua M. le conseiller Benoist. Nous la donnons ici textuellement : « Une donation faite par fut messire Nicolas Picquet, à l'église Saint- Laurent de Beire , l'an 1509 , par laquelle ledit Nicolas Picquet a donné plusieurs pièces de terre etpreys, contenus dans ladite fondation, à condition de faire dire une grande messe le jour de Saint- Nicolas, matines et laudes, vespres, tant le jour de Saint-Nicolas que la veille, moyennant trois gros, et trois gros pour le luminaire de l'église. Acte reçu. Robert. »
VI 11. — Vabbé Guillaume Carthemiet (1527).
L'abbé Guillaume Carthemiet exerça le saint ministère dans la paroisse de Beire, en qualité de vicaire, sous le règne de François Y^ : le terrier dressé par le notaire Jean Glopin nous le montre assistant, le jour de saint Didier, 23 mai 1527, à Beire-la- Ville , en qualité de témoin, au contrat d'une vente consentie, par Etienne Pussin à Jean Boisselet, d'Arceau. Et le notaire Delanque,de Beire, le qualifie ainsi dans l'acte qu'il dut rédiger à cette occasion : « discrette personne, messire Guillaume Carthemiet, prêtre, vicaire de Beire » (1).
(1) Arcliives du clu'ileau, terrier de Jean Clopin, fol. 131.
140 CURÉS OUI ONT DESSEHVI l'kGMSE DE nEIHE
Six ans plus tard, il est toujours vicaire de cette paroisse : cela découle pour nous des dépositions de ses neveux Antoine et Jean Perron, de Fouchange, appelés comme témoins, lors du procès survenu, en 1568, entre les seigneurs de Beire et de la Chaume. — Un troisième neveu, Claude Perron, déclare aussi avoir été élevé chez lui, à l'époque où il était vicaire de Beire (1).