XVI. — Robert de Beire, chevalier
Il nous apparaît, pour la première fois, en 1246, sous le règne de saint Louis, lors de certains privilèges et franchises accordés aux habitants du bourg de Saulx, par Jacques. de ce nom, leur seigneur. — Ces franchises sont jurées par lui en présence de onze autres seigneurs, qui les jurent également avec lui, savoir : « Messires Foulques de Migno (Minot) ; messires Gauthier de Courtivrons ; messires Jehan de Grecey ; messires Hugues de Courneau ; messires Poing d'Echalo ; Jehan , son frère; messires Jehan d'Avelanges; Bertholemer (Barthélemi) de Villecomte ; messires Robert de Beire; et messires Jehan de Broignon (Brognon), tous chevaliers ou damoiseaux, tenant de fief dudit seigneur. »
Cet acte, revêtu des sceaux de « messires Bertholemy, doyen de Saulx; de messires Jehan, sei-
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gneur de Tilchâtel et de messires Guillaume, seigneur de Pontailler, » porte la date suivante : l'an de l'Incarnation de Notre Seigneur, mil deux cent quarante et six, au mois d'avril. — On y voit que Jacques de Saulx, dont les franchises, accordées dans cette charte, furent renouvelées par son fils Guillaume et Marguerite, son épouse, n'était pas encore chevalier, car c'est ainsi qu'il s'exprime, à la fm de ce contrat : « Et quand je serai chevaliers, et je aurai seel, je bailleray, et promets à bailler à ceux de la franchise, toutes les convenances dessus diltes, escriptes et scellées de mon seel (1). »
Pendant les années 1254, 1257, 1272 et 1273, on voit Robert de Beire signer divers traités d'accord, entre les moines de Bèze et lui. Nous ne les rapporterons pas ici, afm de ne pas allonger notre travail déjà assez considérable; mais on les trouvera aux archives de la Gôte-d'Or , dans la copie des titres de l'abbaye de Bèze (2).
En 1259, au mois de décembre, Robert, sire de Beire, et Marguerite, son épouse, vendent aux habitants de Bèze le droit de péage auquel ils étaient tenus envers les seigneurs de Beire, quand ils traversaient ce village pour se rendre à Dijon, pendant les trois jours qui précédaient la Saint-Jean-Baptiste et les huit jours qui la suivaient, — comme aussi pendant les huit jours qui précédaient la Toussain^; et les huit jours qui la suivaient.
[1) Pérard, p. 460. — DoM Plancher, vol. II, p. 424.
(2) Pages 92, 123,192 et 206.
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Gel acte de rachat se tit, moyennant le prix complaût, payé à Robert, de la somme de soixante-cinq livres estevenans. II fut passé en présence de Guy, évêqiie de Langres , et on pourrait encore le donner aujourd'hui, à plus d'un officier ministériel, comme un parfait modèle de rédaction.
On y voit que le voyageur à pied était tenu de verser un denier, entre les mains du seigneur, pour la traversée de sa seigneurie, aller et retour. Celui-ci, de son côté, lui devait, pendant ce temps, aide et protection. — Le péage dû par le cavalier étajt de deux deniers (1).
Ge contrat ne nous dit pas sur quoi était fondé le droit des seigneurs de Beire. Robert le possédait légitimement et sans contestation. Nous ne savons que cela; mais on peut supposer qu'il avait son origine : ou dans l'établissement d'un pont sur la rivière de Tille , ou dans celui d'une route , dont les susdits seigneurs auraient pris les frais à leur charge. C'est ce qui a lieu, d'ailleurs, encore fréquemment de nos jours : ainsi fut-il fait, lors de l'exploitation des mines du mont Raroy : on vit alors les maîtres de forges indemniser la commune de Beire , dont les chemins avaient été défoncés et compromis par leurs charretiers (2). — Nous verrons plus tard les habitants de Beire se rédimer à leur tour d'un semblable droit de péage qu'ils devaient également aux seigneurs de Lux.
Le contrat passé entre Robert de Beire et les ha-
(1) Archives de Bèze, cartulaire des privilégea, pièce n» 0.
(2) Loi du 21 mai 183G, subveotiou industrielle.
bitants de Bèze fut ratifié par Henri de Vergy , seigneur de Mirebeau, duquel celui de Beire relevait pour la moitié de son fief ou seigneurie. Il y fit, étant sénéchal de Bourgogne , apposer son sceau à côté de celui de Guy, évêque deLangres. — Henri de Tart, seigneur de Magny, aussi intéressé à ce contrat, mais qui n'avait pas alors de sceau, l'approuva également, et se servit de celui « d'honnête et religieux Amédée, abbé de Saint-Etienne de Dijon. »
Enfin, (( au mois de novembre 1279, Robert, seigneur de Beire et chevalier, faisant son testament, choisit sa sépulture en l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon, où Marguerite, sa femme, avait déjà eu la sienne ; et entre autres legs qu'il fait à ce monastère, il veut qu'après sa mort, son palefroi, c'est-àdire le cheval qu'il avait l'habitude de monter, son sommier, son armure avec son lit garni, appartiennent et soient donnés à ce monastère. Il fait des legs pieux à tous les hôpitaux, monastères et églises du pays ; aux cinq hôpitaux et à la maison des lépreux de Dijon, à ses filles, religieuses en plusieurs monastères : il en avait au moins huit, savoir : une à Prâlon, deux au moins à Tart, deux à Gollonges, une à Larey, une à Rougemont et une à Marcigny. — Il nomme pour exécuteurs testamentaires Guillaume de Prangey, chevalier, et Jean d'Arc, chanoine de la chapelle des ducs de Bourgogne à Dijon. ( G'est de là que doit dater l'alhance de la maison de Beire avec celle de Prangey.) — Ce testament est scellé, à la prière du testateur, des sceaux de l'official de Dijon, de Hugues,
abbé de Saint-Bénigne et d'Artaud, doyen de la chapelle du duc » (1).
XVll. — Henri de Vergij, seigneur suzerain de Beire (1259).
Nous l'avons déjà vu, au mois de décembre 1259, ratifier l'acte de vente que le chevalier Robert, seigneur de Beire, fit aux habitants de Bèze du droit de péage qu'il percevait sur eux. — L'année suivante, au mois d'avril, il fait hommage au duc de Bourgogne et déclare tenir en fief-lige du susdit prince : « Mirebel et le Fay, jurables et redevables, et les chastellenies et la sénéchaussée de Burgoinne, la garde de Saint-Ligier, de Noiron, de Chavigné, de Viezvignes, Barrons, de Vauz, de Remillé, de Labergement, de Foigné de par Saint-Bénigne, et en tieng le fié de Tasné que lun tieng de moy, et le fié de Bère, d'Arceau, d'Arc-sur-Tille, de Bure, de Janlé, etc. » (2).