XXXI. — Guillaume de Drée
Nous le trouvons , dans un acte du 25 février 1572, alors que sa mère vivait encore, qualifié
(1) Arrhivfis du château,
230 l.E CHATEAU DE IIEIRE
ainsi : « Messire Guillaume de Drée , chevalier de l'ordre du Pioy, enseigne de la compagnie de Monseigneur de ïavannes, seigneur de Gissey, Tliorey, Thoisy-le-Désert et de Bère » (1). — Son père fut Philibert de Drée , « seigneur de Berre et de Gissey-lc-vieux , dit Courtépée , et inhumé à Gissey. » — Il eut pour mère Anne de Saulx, fille de Claude, objet de la notice précédente, qui épousa successivement Simon de Yaudrey , Philibert de Drée et Charles Desmaillet, sieur de MoUeville ; — elle fut inhumée dans l'église de Beire-la-Ville, au mois de janvier 1573.
Il vint au monde après l'année 1533 et avant 1549, Phihbert de Drée n'ayant pu se marier qu'entre ces deux dates, ainsi que nous l'avons démontré plus haut. — 11 était encore mineur en 1548, car car nous voyons que ce Le pénultième jour de Mars 1548, un délai fut accordé à Anne de Saulx, Dame de Bère, tant en son nom que comme mère et tutrice de Guillaume de Drée , seigneur de la moitié de Gissey-en-Auxois, et de l'autorité du sieur Desmaillet, son mari, pour représenter la reprise de fief de la partie de Bère et de Gissey » (2).
Sa mère mourut au mois de janvier 1573. Et comme Guillaume de Drée, k cette occasion, avait fait tendre de noir l'église de Beire où elle fut enterrée, y compris la chapelle de sainte Anne appartenant à André de Baissey, seigneur de la Chaume, il y eut entre ces deuxseigneurs procès par-devant la
(1) Terrier de Jean Clopin, folio 3;<.
(9) P»;iNCF.nil, vol. VII, \). 2tJ-2.
Cour de Dijon, dont 1" arrêt rendu fut favorable à celui de Beire (1).
Dès l'année 156G, Anne de Saulx, déjà veuve de son troisième mari, avait disposé de ses biens en faveur de son fils. — En 1573, le 30 octobre, il y eut un traité de partage entre lui et Claire de Vaudrey, sa sœur, femme de Charles de la Rivière, relativement à la succession de leur mère (2). — A partir de celte année, le terrier du notaire Clopin nous le montre jouissant seul de la seigneurie de Beire, qu"il possédait auparavant avec sa mère : ainsi, le 25 février 1572, il loue un demi-journal de vigne à Pierre Bonnet, praticien à Beire, mais cette location est consentie tout à la fois par lui et par Anne de Saulx, sa mère (3). — C'est pendant quil était seigneur de Beire qu'en 1579 commença la confection du terrier de Jean Clopin .
Il avait épousé Anne de Rocliecliouart la jeune, née à Cressey le 14 mars 1540; c'est à cause d'elle qu'en 1573, année où il devint seigneur de Beire, il avait pris le titre de seigneur de Bellevesure. Elle était morte en 1579 (4). — Une note, écrite de la main de ce seigneur, nous apprend qu'il en eut quatre enfants, savoir : Philippe, Charles, Françoise et Claude-Louise. — Philippe, qui lui succéda dans sa seigneurie de Beire, naquit le 4 avril 15G0, entre six et sept heures du soir; Charles, le 8 janvier 1572,
(ï) Terrier de Jean Boiihier, fol. 133.
(2) BouDOT, p. 120. .— Peixcedé, vol. XIX. p. 3t;3.
(3; Terrier de Jeau Clopin, fol. 33.
(4J Père Anselme, vol. IV, p. r,e,0.
238 I,E CHATEAU Dl'] DEIRE
vers midi; Françoise, le 47 janvier 1573, entre deux et trois heures après midi; enfin, Claude-Louise, le mardi 0 avril 1574. entre dix et onze heures du soir (1).
« Guillaume de Drée reprit de fief, le 8 août 157G, la seigneurie de Beiro en ce qui est de çà la rivière de la Tille (côté du bois-bas). Dans cette reprise de fief il dit que : par sentence provisionnelle de la Chambre des comptes de Dijon, rendue entre le procureur général et le seigneur de Mirebel, au sujet du fief de la seigneurie de Beire, a été dit, que ce qui est en deçà l'eau de la Tille serait reconnu du roi; et que ce ([ui est de là l'eau, du côté de Mirebel, serait reconnu dudit Mirebel. Néanmoins, ledit procureur du Roi, dans ses conclusions, dit qu'il n'empêche pas la réception de fief, comme ci-dessus, sans pour ce approuver ce jugement, ni que par ce moyen il soit prcjudicié aux droits du Roi» (2).
Le lendemain de sa reprise de fief, le 0 août 157G, il fit ses dispositions testamentaires par lesquelles il institua, pour ses héritiers, Philippe, Charles et Louise , ses enfants. Probablement qu'alors Françoise était morte. « l\ donne à Philippe, son fils aîné, sa terre de Beire et ce qui lui appartient dans les seigneuries de Remilly et de Thoisy-le- Désert; à Charles sa seigneurie de Cissey-le-Vieux, Blancey et tout ce qui dépend
(1) Terrier de Jean Clopin.
(2) Peinckdi;;, vol. Vn, p. 310. (R. 10(.r.9. Arch. d^p.)
dudit Gissey; enfin , à Louise, la somme de GOO livres » (1).
Un codicille du li décembre 1579 vint modifier ce testament : il y déclare que, « par son testament du 9 août 1570, ayant ordonné que le survivant de ses fils Philippe et Charles lui succédera et héritera de tous ses biens ; que depuis ledit testament, Charles étant mort, il veut que Philippe soit son seul héritier, à charge de la légitime à Louise, sa sœur » (2).
Breunot, dans ses Mémoires (3), nous le montre, le 29 mars 1586, lieutenant du comte de Tavannes, hvrant le château de Dijon au duc de Mayenne, gouverneur pour le roi, qui venait déjà de s'emparer du château de Talant.
« Les armes des de Drée, écrit Jules d'Arbaumont (4), sont de gueules à cinq merlettes d'argent, posées deux, deux et une. Celte famille tire son nom de la terre de Drée, au baillage de Semur-en- Auxois, et remonte à Albert de Drée, témoin, en 1131, de la fondation de fabbaye de Labussière, par Garnier de Sombernon. Jean et Gudlaume de Drée prirent part à la croisade de 1191. Plus récemment, on voit Guillaume de Drée, capitaine de cent arquebusiers, chevaUer de Tordre du Saint-Esprit, sous Henri III, chargé parla noblesse des Etats de Bourgogne de présenter ses mémoires aux Etats généraux — 1614. »
(1) Peixceué, vol. XIX, p. 377.
(2) Id.,vol. XIX, p. 383. (Arch. clép., 11.10787.
(3) Vol. I, p. :V2.
(4) La nohle<:^fi anx Etnt-: dn Bourrjorjno, j). I7f>.
240 LE CIÎATRAU DE liEIHR
Le lieu de sa sépulture nous est resté inconnu. Peut-être s'est-il fait inhumer près de son père, dans l'église de Gissoy, ou à l'abbaye de Labussière où les de Drôe, bienfaiteurs de ce monastère, avaient généralement leurs sépultures.
Nous avons déjà eu occasion de remarquer que, du temps de Nicolas de Baudoncourt, un traité d'accord avait été passé entre les habitants de Beire et ceux de Viévigne, relativement au bois de Butteau. — Vers 1510 (1), pendant qu'Anne de Saulx possédait la seigneurie de Beire, il y eut de nouveaux troubles, et un grand procès surgit entre les habitants de ces deux communes. Fut-il bien réglé alors? Il y a lieu d'en douter, car nous les retrouvons de nouveau en désaccord, sous le règne de Louis XIV, notamment pendant les années 1692, 93, 94 et 95. — Ces interminables difficultés paraissent enfin avoir été tranchées par une sentence du Parlement de Bourgogne, rendue en vertu d'une ordonnance royale du 15 mars 1695, enjoignant qu'il soit passé outre au prononcé du jugement ("2).
Il y eut aussi, vers le milieu du XVP siècle, de grands débats entre les habitants de Beire et ceux de Vesvrotte, relativement à la montagne de Raroy. Mais un traité d'accord intervint qui fut passé « au chastel et maison forte de la Chaume », le 16 mars '1562. — L'acte en fut rédigé par Emiland Moitoiret, notaire à Pichange. — Les procureurs de la communauté de Beire étaient alors : Bastien ( Sé-
(1) Aivhivf'? (lu i liâleaii.
El' SES AACIENS SEIGNEUHS "241
bastieii) Couchot. Prudent Clément et Prudent Poirel. — Philibert Baudonyet et Glaudin Pécault l'emplissaient les mêmes charges à Vesvrotte. — Huguenin Monnet, Claude Monnet, Nicolas Monnet, Edme Monnet, Michel Monnet, Claude Leschenet, Bénigne Cothon et Colin Bonotte, figurent sur la liste des habitants de Beire présents à une seconde délibération de cette commune, toujours relative à la montagne de Raroy, et portant la date du 30 novembre 15G2 (1). — Les familles Cotton et Bonnotte sont donc un peu plus anciennes que nous ne l'a- Yions cru tout d'abord, et le lecteur devra tenir compte de cette observation dans la petite notice que nous comptons leur réserver.
Ce fut Guillaume de Drée qui acheta des habitants de Viévigne, moyennant six cents écus, le bois de Pennecières (90 journaux), qui fait encore partie de la propriété du château de Beire. — Cette acquisition se fit sous le règne de Henri IV, le samedi 11 septembre 1593 (2).