CHAPITRE III
EAUX KT lUIilGATlOXS
Eaux d'alimentation. — Recherches à faire
L'arrondissement de Bel-Abbès est généralement Lien doté sous le rapport de l'eau d'alimentation ; car, suivant les endroits, des sources ou "des nappes d'eau de bonne qualité et peu profondes donnent complète satisfaction à ce premier besoin de toute colonisation sérieuse.
C'est en considération de l'importance qui s'attacbe à cette question que nous allons énumérer les ressources de cette nature que possède la contrée.
A Bel-A'ubès même la profondeur du réservoir souterrain est extrêmement variable. Immédiatement au-dessous du sol cultivable se trouve une couche de tuf calcaire , et par dessous une couche épaisse d'argile sur laquelle coule l'eau. Quelques puits dans la vallée ont dix et quinze mètres de profondeur ; sous la ville , au contraire, la nappe d'eau est à trois ou quatre mètres seulement , et bien des immeubles sont, pour cette raison , privés de caves.
Par contre, chaque habitation possède un ])uits et une pompe. Trois pompes publiques à vilebrequin sont aussi établies sur la place du Marché , sur celle des Quinconces et près de la justice de paix.
La partie sud-est de la commune, connue sous le nom de
plaine, de Mascara, est seule privée (Veau potable, de nombreux puits, établis à des profondeurs variant entre 1") et iO met., n'ayant fourni qu'une eau saumàtreàdes deg'rés divers.
A Sidi-Klialed il existe un ])uits sur la place; les babitations en sont dépourvues. Un abreuvoir et un lavoir au deliors et à proximité du villa<2:e sont alimentés par une prise d'eau faite sur le canal d'irrigation.
Le Rocher possède simplement un i)uits non loin de la rive gauche de la Mekerra. A Muley-Abd-el-Kader on compte un puits sur la place du village et quelques autres dans les habi • tations.
Le puits situé sur la place de Sidi-Brahim est hors d'usage ; un autre se trouve au pied d'un coteau au-de.ssous et h l'angle ilu l)()ulevard Sud. La municipalité de Bel-Abbès a étudié un })roj('t qui permettrait d'élever l'eau automatiquement, et d'installer un abreuvoir et un lavoir qui sont indispensaljles. Nul doute que la nouvelle commune n'entreprenne ce travail dans un délai rapproché.
La connnune de Sidi L'Ha.'^.sen possède un puits au milieu du village de ce nom, quelques puits en i)etit nombre dans les habitations, ainsi (pi'un abreuvoir et un lavoir, hors du village, à l'angle du boulevard Sud , alimentés par le canal d'une u.^ine.
La commune du Tessalah ne renferme aucune agglomération dépopulation néce.^.^itant des travaux d'en.^emble; ce})en(lant, indépendamment des sources et des puits (jui se trouvent près de toutes les fermes isolées, il existe des réserves domaniales établies autour des sources les })lus importantes qui ont été , dans certains cas , l'objet de quekpies travaux d'aménagement.
La conuuuue des Trembles est dépourvue d'eau au village (pli porte ce nom ; les hal)itants vont encore la chercher au canal d'irrigation qui passe à 30 mètres au-dessous du village et ;\ cent mètres de distance au pied du coteau qui contourne le boulevard Sud. Des travaux importants pour établir une coiiduite destinée à amener des eaux de .source, vont làentôt faire cesser cet état de cho.ses regrettables.
La section de l'Oued-Imbert comporte un puits et un abreu-
voir, sm* la placn <lii villafre, ot qunlquo.s puits dans les maisons ; les Lauriers-Roses , un jjcu plus loin , sont alimentés par une source a})on(lante, dite Aïn-Mekedra, dont l'aménag-ement a permis de conduire l'eau jusque sur le bord de la route d'Oran au centre même du villaj^'e.
Dans la commune mixte de Mekerra, nous trouvons à Mercier-Lacombe des sources abondantes qui, à l'aide de 2 litres à la seconde, alimentent une borne-fontaine, un al)reuvoir et un lavoir, sans parler du débit utilisé pour les irrigations; au Kçar récemment créé, existe un groupe de puits psu profonds, reliés par des galeries alimentant une conduite en tuyaux de ciment et un sipbon de six cents mètres de long qui portent l'eau au village. Ou trouve , en outre , en cet endroit , un lavoir et deux abreuvoirs dont un pour les troupeaux indigènes.
A Zarouéla un puits, pourvu d'une machine élévatoire à manège, situé à deux kilomètres et demi au sud du village, alimente une conduite, une borne-fontaine, un abreuvoir et un lavoir.
La comnunuî mixte de Bou-Kanéfis offre, à ce même point de vue, la situation suivante : à Bou-Kanéfis un puits unique sur mi rond-point voisin de la route de Ben-Youb, au fond nord-est de ce clief-lieu, quelques puits dans le village, un abreuvoir et un lavoir alimentés par une prise d'eau sur le canal d'irrigation (le la rive gauche de la Mekerra ; au hameau de la Maison- Blanche, un puits sur la place; au hameau de Chabrière , des l)uits dans les jardins ; à Ben-Youb un puits unique sur la place du village: les bestiaux sont conduits à la Mekerra qui passe à 300 métrés du l)Oulevard nord- ouest; il existe aussi un lavoir, récemment construit, qui est alimenté par une pMse d'eau sur le canal d'irrigation qui longe la rue nord-est de ce centre ; deux magnifiques sources , plus élevées que la rivière , dont elles sont éloignées en moyenne de 800 mètres, débitent ensemble 300 litres (I) ; à Lamtar deux puits abondants, dont un sur la place
(I) Ii'apii's M. riiiniMiii'ur Hails, ces eaux, doiii la nappe arlésioiine doit se trouver dans la ronnaliiin jiiiassique, et dont la température est de *2'i", ont ele classées dans la catégorie des eaux ga/ciises, variété simple, sans deiiôt apparent, aucune tradition u'exislant
de l'école et de rép-lis^e, qui alimente, h l'aide d'une noria, une borne-fontaine, un abreuvoir et un lavoir; à Aïn-el-Hadjar, des sources qui fournissent 7 litres à la seconde sont utilisées pour une borne-fontaine , un abreuvoir et un lavoir , et il est f|uestion de conduire leur trop plein au villag-e même de Lanitar ; 'l'abia possède un puits avec une macliine élévatoire à manège.
Enfin , plusieurs pnits publics sont installés, suivant les besoins, dans les territoires des Indig-ènes des connnunes mixtes de Mekerra et de Bou-Kanéfis.
Sans nous arrêter ])lus long-uemeut sur les détails qui précèdent, faisons remanpier (pie cette situation, si intéressante pour le succès di; la colonisation, est bonne en g-énéral, mais qu'elle comporte plusieursaméliorations.
C'est ainsi, par exemple, que nous voudrions voir les administrations accorder des primes, proportionnées îi l'importance (les recliercbes, à tout particulier qui ferait connaître au service compétent la moindre source d'eau non encore utilisée. Ce service tiendrait un état des déclarations, les vérifierait sur les lieux et étudierait aussitcit la possibilité de réunir plusieurs sourc(>s ou d'en augmenter le débit à l'aide de certains travaux d'aménagement.
Cette manière de proc('der offrirait surtout de grands avantages pour la création ultérieure des centres.
L'Etat et le département devraient, en outre , faire exécuter des recherches de nappe d'eau artésienne, d'abord directement et aussi en mettant à la disposition des individus (pii en feraient la demande des appaieils de sondage qu'ils utili.-^oraieut à le.:rs frais et sous la direction d'agents que l'Administration devrait leur procurer.
Après quelques expériences de ce genre, plusieurs entrepreneurs se présenteraient pour exécuter ces travaux à des prix dé-
.«iur leurs |>ropriolt'-i Ihcrapcutiiiiics. .M Duillaud i|ui on a fait Tanalysca lrou\f: 0,017 de birarbonalrs alcalins, (»,1I7 d'arioc rarbonique libre, 0,078 de sulfates alralins, O.UiO d«; carboiiatrs dej-liaux cl de magnésie. 0,0!»ri de rlilonire de sodium, O.OOô de silice, soil 0,5»ri par liire.
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terminés, comme cela se pratique aux environs de Boufarik. Nous avons la conviction profonde que Ion transformerait ainsi cette contrée qui, avec l'eau nécessaire , peut produire les j)lus beaux résultats ag-ricoles.
Irrigations de Ben-Youb et de Bou-Kanéfis. — Mode de procéder. — Administration.
Les irrigations se font dans notre arrondissement à l'aide de quelques norias à tam})ons, mais surtout à l'aide des eaux de la Mekerra, utilisées par certains irrigants dont une partie des terrains se trouve dans un périmètre déterminé par des arrêtés préfectoraux.
Cette pratique donne lieu à deux administrations bien distinctes que nous allons examiner séparément.
La première s'applique aux irrigations de Ben-Youb et de Bou-Kanéfis, et consiste en une régie administrative. La répartition des heures d'arrosage est faite par Tadministration et comporte deux tours par semaine ; chaque usager prend à tour de rôle tout le volume attribué au canal et le laisse ensuite à son voisin ; la marche des arrosages est ascendante et dirigée de l'aval à l'amont, c'est-à-dire que le dernier irrigant à l'extrémité en aval de la zone commence chaque tour, après lequel il y a suspension pendant le temps nécessaire pour emplir de nouveau le canal qui fait ainsi office de bassin.
Ce temps est emprunté, par petites fractions, sur celui attribué aux différents usagers de la section.
Ce système paraît favorable j^arce que chaque irrigant a l'eau devant sa vanne au moment de s'en servir, au lieu de l'attendre un certain temps comme dans la marche descendante.
Les usagers paient, sous forme de taxes, des sommes propor-
tionnelies aux surfaces irrig-uées et au temps d'arrosag-e ; ces sommes sont employées, dans le courant de l'année, h payer un garde des eaux, l'entretien courant, les curages et nettoyages généraux, et les réparations accidentelles.
Ben- Youlj arrose ainsi : 1 " sur la rive droite , une superficie réelle de 372 hectares, comptée pour 466 hectares, à l'aide de 61 litres 50 c, pris sur le débit de la source Aïn-Skouna; 2** sur la rive gauche, une superficie réelle de 1 20 hectares comptée pour 1 10, avec 19 litres pris sur le volume deau fourni par lasource d'Aïn-Mekareg.
Ces irrigations, comme on le voit, sont indépendantes de la rivière.
A lîou-Kanéfis, la rive droite arrose 62 hectares, comptés pour I3i hectares 5, à l'aide de 17 litres, et la rive gauche 63 hectares , comptés pour 181 , h l'aide de 23 litres pris, dans les deux cas, sur le volume d'eau de la Mekerraj
Dans les irrigations de Ben-Youb et de Bou-Kanéfis, comme dans celles de Bel-Abbès, on a pris, pour la répartition des eaux un coefficient proportionnel à l'importance des cultures qu'il s'est agi de favoriser. C'est ainsi que, suivant leur situation, les terrains propres à la culture maraîchère, la plus utile à cause de l'alimentation publique h laquelle elle est destinée, sont comptés comme s'ils avaient dix fois leur superficie ; les terrains intermédiaires , sur lesquels peuvent être entreprises des cultures industrielles, sont comptés comme s'ils avaient quatre fois leur superficie réelle , et , enfin , les derniers destinés à la grande culture des céréales ne sont admis que pour leur superficie réelle.
Nous devons encore faire cette remarque qui est vraie, d'une manière générale, h Bou-Kanéfis comme à Bel-Abbès, que les surfaces à irriguer suivant les arrêtés du Préfet sont loin de représenter tous les terrains propres à jouir des bienfaits des irrigations, si l'on n'avait eu à tenir compte que des fortes pentes de la Mekerra, mais qu'elles ont, avant tout, été déterminées jmr le volume d'eau que cette rivière [)ermet d'utiliser.
BiiMi plus, elles offrent ce fait regrettable qu'elles sont encore
trop étendues pour le débit réel de la rivière qui, cii été, descend souvent ii près de la moitié du volume d'eau nominal accordé aux difféi'(nites zones d'irrig-ations, notannnentà Bel-Abbès.
Irrigations de Bel-Abhès. — Volume d'eau attribué a chaque zone. — Administration. — Syndicat des eaux autorisé. — Pacte social. — Budgets. — Améliorations.
Le volume d'eau attribué aux différentes zones du syndicat des eaux de Bel-Abbès est le suivant : A Sidi-Kbaîed, 70 litres, dont 40 pour la rive gauche ; à Sidi-L'Haj^sen, o2 litres 5 pour la rive droite ; à Bel-Abbès, 127 litres pour la rive droite et 73 pour la rive gauche ; à Muley-Abd-el-Kader, 1 i litres 75 ; au Rocher, 2 litres 25; à Sidi-Brahira, 36 litres ; aux Trembles, 17 litres successivement à chacune des deux rives ; à Zélifa , 40 litres pour les deux rives et par alternance.
Ces chiffres indiquent le volume d'eau attribué par des arrêtés administratifs, et non, comme nous l'avons vu plus haut, le débit réellement utilisé, car il n'est pas rare, en été, de voir la Mekerra diminuer d'une manière très-sensible.
Sans remonter au début des irrigations autour de notre ville, comme nous l'avons fait dans le premier livre, rappelons que dès le 20 octobre 1 858, un ordre de service général fut appliqué aux gardes des eauxdeBel-x\bbès, que le I" août 1861 un arrêté du Préfet d'Oran a réglementé l'usage des eaux d'irrigations de cette contrée, et que le 29 juillet 1862, un deuxième arrêté a constitué dans ce district, un syndicat chargé d'administrer les intérêts des usagers , tous les propriétaires des terres comprises dans un périmètre déterminé étant appelés à faire partie de cette association.
C'est en cet état que se trouvaient les irrigations de Bel-Abbès, lorsque la loi du 21 juin 18()5 vint y apporter de profondes
modifications. L'Administration, il faut le dire, ne cessa, par ses circulaires des plus libérales des \ 2 octobre 18G7 et 22'janvier 18G8, d inciter les intéressés à user des bénéfices que leur accordait la loi nouvelle , et , après avoir appelé sur ce point l'attention des syndicats constitués dans le département , elle les mit en demeure de se prononcer sur le régime sous lequel ils entendaient être placés désormais.
Le 8 novembre 1808, les intéressés de Bel- Abbès, réunis en assemblée générale, i)rirent une délibération par laquelle la majorité des membres présents demandait la transformation du syndicat administratif en syndicat autorisé.
Les enquêtes réglementaires furent ouvertes , et sur43G usagers représentant une surface irrigable de 5,721 hectares 98 ares, 268 intéressés possédant une superficie de 4,452 hectares 58 ares , adoptèrent un projet d'acte d'association.
Cependant , en présence des difficultés que soulevait cette solution, le syndicat délégua auprès du Préfet, dans sa séance du 9 mars 1871 , deux fondés de pouvoir qui, le 23 du même mois, firent connaître le plein succès qu'ils avaient obtenu.
En effet, bientôt parut un arrêté portant la date du 22 mars 1871, qui autorisait, suivant la loi du 21 juin 1865, l'association syndicale formée entre les usagers des eaux de Bel-Abbès, conformément au projet d'acte établi le 20 mai 1869, et voté définitivement par l'assemblée générale ledit jour et le 3 juin suivant , tant pour ce qui concerne la distribution entre les sociétaires des eaux de la Mekerra attribuée à la zone irrigable de ce territoire, que pour ce qui est relatif à l'entretien, à la construction des canaux et autres ouvrages nécessaires au service des arrosages.
Les Ponts et Chaussées firent remise au nouveau syndicat du service comprenant l'exécution des travaux neufs et d'entretien des canaux, et la sur\eillance des gardes, suivant procès-verbal dressé le 28 août 1 87 1 .
Le pacte social , qui vient d'être cité , étant encore celui qui régit cette association, nous ne pouvons nous dispenser d'en retracer quelques-unes des clauses les plus importantes.
L'association est fractionnée en huit zones d'irrigation, administrées chacune par un ou phisieurs syndics , le Ijudg-et des recettes étant réparti suivant les dépenses de chaque zone , et lassiette de la taxe étant le volume d'eau attribué à la terre et la force motrice des usines.
Le rôle des taxes doit être soumis, chaque année , à une enquête de quinze jours, et le recouvrement se fait comme en matières de contributions directes , l'eau d'irrig-ation pouvant être refusée au retardataire.
Douze syndics ayant autant de suppléants forment la commission syndicale, mais l'Administration a le droit de choisir l'un des titulaires ; les autres sont élus à la majorité des suffrages, suivant 1" intérêt de chaque usager basé sur la quantité de terre qu'il détient à titre de propriétaire.
Le pouvoir exécutif est confié à un directeur, suppléé par un sous-directeur , nommé par la commission d'administration , et ayant tous les pouvoirs des usagers.
La commission syndicale assure la répartition des eaux, vote le budget, délibère sur les projets de travaux ordinaires, tandis que tous les sociétaires sont convoqués chaque année en assemblée générale pour examiner les projets de travaux dont l'exécution dépend de ressources supplémentaires, pour délibérer sur les projets d'emprunts, les taxes extraordinaires, pour vérifier, contrôler et approuver les comptes administratifs du directeur et la comptabilité du caissier, ou bien pour statuer sur tous les autres objets qui lui sont soumis par les intéressés.
L'assemblée générale est régulièrement constituée par le quart plus une des voix attribuées à l'ensemble de l'association, mais, après trois convocations successives, s'il a été impossible de la réunir , la commission syndicale est substituée de droit h son action.
Les travaux peuvent être exécutés en régie ou mis en adjudication ; le directeur mandate les paiements.
La surveillance des règlements et des ouvrages est faite par des gardes nommés par le directeur.
Le Conseil de préfecture reste juge des réclamations relatives
à la confection des rôles, nn recouvrement des taxes; les contestations pour travaux nonfs et les délits pour dégradation des travaux existants ou à créer relèvent de la même compétence.
Les contraventions au règlement des eaux sont déférées aux tribunaux ordinaires, mais les dommages et intérêts à allouer pour privation d'eau sont attribués par le .syndicat suivant un règlement à établir.
L'obligation dérivant de rado})tion des statuts suit la terre engagée dans la société, en quelques mains qu'elle puisse passer.
Enfin l'assemblée générale seule peut modifier les statuts.
Voici quels ont été les budgets de cette as.sociation à quatre époques différentes:
EXKUCICE
1 Rocctlos
francs ID.OôO
francs
francs 20.111
francs 17,3G0
r.i'lGO
Dépenses
Les dépenses se répartissent de la manière suivante, en 1 880 : trésorier, 1,200 francs; secrétaire, "2,000; loyer, 500; frais d'impression, 200 ; frais de bureau, 200 ; frais de tournée, 400 ; porteur de contraintes. 300 ; acbat d'ouvrages et d'instruments 50; Achat et entretien du mobilier, 25; dépen.ses imprévues, 100 ; salaire des gardes 8,740 ; curage des canaux, 2,400 ; entretien et travaux neufs, 1 ,100 ; achat et entretien du matériel, 85 ; fonds de secours, 2,07 i fr. 97 c.
Lesyndicat des eaux de Bel-Abbès, ainsi con-^titué. si^ait certainement dans d'e.vcellentes conditions de succès, s'il avait ;\ la tête de son personnel un agent aux a})titudes spéciales et techniques, avec des appointements proportionnés aux services réclamés.
Les motifs pui.^sants (pii nous ont amené h démontrer la nécessité d'un semblable emploi, bv attributions qu'il comporte, et
les résultats que Vou est en droit deu attendre sont trop longuement consignés dans les procès- verbaux des séances des 21 mars et '25 avril 1 878 de cette assemblée, pour que nous y revenions dans cette étude.
Aussi nous bornons-nous à citer, en dernier lieu, les principales améliorations que le syndicat a le devoir d'entreprendre ou de provoquer. Ce sont : le kilométrage de tous les canaux ; l'établissement de points de repère multipliés , et par suite le nivellement complet de tout le système d'irrigation ; la pose à tous les partiteurs de plaques avec réglettes, destinées à donner instantanément aux gardes le volume d'eau qui passe dans chacune de leurs sections ; l'établissement de puisards jaugeurs h chaque prise , et notamment à celles de Tabia , Bou-Kanéfis et Sidi-Khaled , pour permettre de faire, dans toutes les zones, des réductions proportionnelles lorsque le débit de la rivière baisse en été ; le peuplement en arbres forestiers de toutes les parties des canaux qui se prêtent à cette amélioration, en faveur de laquelle l'Administration supérieure consentirait à fournir gratuitement les arbres nécessaires ; l'étude à faire de la possibilité de mettre en adjudication la surveillance des règlements et l'entretien des canaux , les gardes à eux seuls absorbant près de la moitié du budget sans que leur utilité soit proportionnée aux sacrifices que s'impose l'association ; établissement d'une prise commune aux deux zones de Bel-Abbès, rive droite et rive gauche, pour faire cesser toutes les difficultés du passé, mais en ayant soin de faire maronner la partie du canal destinée à recevoir ce fort volume d'eau ; inscription par ordre d'importance de tous les travaux d'art à entreprendre, de manière à exécuter, chaque année , les plus urgents ; recherches concernant le régime do cette rivière , ses abords, ses dépressions , les chutes qui peuvent être utilisées par l'industrie, et grande publicité donnée à tous ces renseignements ; étude attentive, avec plans et devis à l'appui , des moyens propres à augmenter le débit de la Mekerra : 1 " par le nettoyage de cette rivière obstruée sur presque tout son parcours, son redressement, sa canalisation en certains endroits ; i ' par le reboisement des parties qui avoisi-
nent les sources et les rives tic la Mekerra , notaimiient des environs de Zouadj-el-Kheil ; 3" par le forag-e de nombreux puits artésiens : i' par la mise au jour, soit à laide d'un moteur , soit en la déversant simplement à niveau , de la forte nappe d'eau souterraine qui se trouve à Tabia, que des fouilles précédentes ont fait connaître, et qui dans ce moment constitue une richesse sans emploi , alors qu'elle pourrait améliorer la situation ag-ricole du pays ; 5 ' enfin, par la reconstruction d'un grand barrage réservoir (1).
Depuis que le barrage en terre, construit à Tabia , a été emporté par une crue, au moment où il allait être achevé, les irrigations de ce territoire ont été grandement compromises , en conservant les zones telles qu'elles avaient été considérablement augmentées en prévision d'une masse d'eau nouvelle à utiliser. Aussi le débit de la rivière devint-il de plus en |)lus insuffisant , alors surtout que l'Administration, pour répondre aux exigences des centres nouveaux, continua à prélever l'eau qui leur était nécessaire, sans ordonner en même temps les mesures indispen sables pour donner satisfaction à ces besoins sans compromettre davantage la situation déjà précaire des irrigations.
Cet état de choses, aggravé par une .'sécheresse pcn-sistante depuis plusieurs années et le déboisement du pays ;i la suite des défrichements très-étcndus, prendra chaque jour des proportions plus regrettal)les si l'on ne se hâte d'étudier, puis de mettre en l)ratique, les améliorations que nous avons indiquées ci-de.-Nsus.
L'application des articles io6 et 457 du code pénal aux atteintes portées aux ouvrages de toutes natures et aux détournements d'eau , est enfin généralement réclamée par cette association, qui fait tous les jours la tri.'-te expérience de la grande disproportion (pi'il y a, en ce moment, entre la ])eine infligée pour ce délit et sa gravité ou ses conséquences.
(I) Au mois de juin 1880, le Comire de Del-Abbcs a fait une étude semblable qui devrait être complétée par la prepaiation des plans et devis queroniporlcnt cestlilTcietits projets.
CIÎAPITUE IV
THAVAUX DlVKliS ENTlîEPRIS DANS L ARRONDISSEMENT DE BEL-ÂBBÈS.
Immeubl'^s du département.
Le département possède dans cet arrondissement un immeuble affecté , dans la ville môme de Bel-Abbès , au casernement de la gendarmerie, ainsi que le local de Mercier-Lacombe récemment construit sur un type nouveau.
Le bâtiment qui sert de gendarmerie à la brigade installée à Ben-Youb est détenu , au contraire , à titre de location , et la Sous-Préfecture est la propriété de la commune mixte de ISle-kerra qui y conserve également ses propres bureaux, et qui s'est, jnsf(u'à présent, chargée de son entretien.
Des observations ayant été présentées au Conseil Général , dans sa séance du 15 décembre 187'j-, sur la mauvaise installation et rinsufïi.-ance de la prison civile louée au département, cette assemblée admit la nécessité de construire un nouvel établissement pénitentiaire .
Toutefois, en présence de l'étude entreprise de différents régimes, ce projet n"a pu être mis à exécution que dans ces derniers temps.
La nouvelle prison, qui a coûté 32,000 francs, répond à tous les besoins du moment , et ne réclame que quelques modifications pour ètr(^ dans les meilleures conditions possibles.
Principaux travaux entrepris par le génie et l'autorité civile de 1848 a nos jours. — Améliorations générales.
Nous nou.s borneroas à dire, en ce qui concerne le.s bâtiments et le.-^ ouvrantes militaires, qu'ils repré.sentent une valeur de plus de troi.s millionssix cent mille francs, se ropartissantsur Tensemble des fortifications , les quartiers de cavalerie et dinfîinteri(; , les bureaux de la sous-intendance , l'hôpital , la poudrière, la manutention avec ses magasins et ses magnifiques greniers à silos, les corps-de-garde, l'ameublement, les réparations et Tentretien de ces bâtiments.
Qiiant aux autres ouvrages de tous genres entrepris sur le territoire de Bel-Abbès de 1818 h nos jours, l'état suivant en fera, mieux que tout exposé, connaître la .dtuation exacte.
Principaux travaux exécutés par le service du Génie.
l>ESlGi\ATIOi\ DES DÉPENSES
ANNEES
où elles ont ftc
cOc'cluée&
Coiislruulioii (lu poste ti^k'grapliiquea^'Tien de la M' kc'tra ...
Tiaviiux neufs sur hi rouir il'iiraii à Daya '. [
Coustructioii du poste télégr.ipliiquc aérien de Tiii^'iMiinr
— — il'Aîii Anlrcss . .
Entretien et organisation di-s postes .le télégraphie électrique
Travuux neufs snr les chemins d'cxploilation
Etopierrenienl des rues de giamle voirie de Bel-.Vbbès . . '. . . . — de petite voirie
Planlations, cimetière et chemins
Entretien des plantations
Puits et pompes (le la Tillc, source de la Mekeira
Clôture (lu cimcliérc
l'iise d'eau et chute pour le premier nionliu
Amélioration il l'ancien canal d'irrigation, rive droite
Assainissement de la plaine de la Uekerra, canaux d'Irrigations cl de dessèchements
Subventions directes aux premiers colons
l'.guuls de la ville .' '
Caserne de gendarmerie
Eglise do Bd-Alilies . ... i .'..'.'..'. ,
Bureau arabe, où se trouve aujourd'hui la Soas-Préfccturc
Entretien et «niéhoration aux canau\ (le Bel-Ahbés
lustullation de» tiunspiutés h Sidi-Brabim
Création du village de Sidi-brahim
Travaux neuf» sur les chemins vicinaux . . \ [
Travaux ex('cutés pour venir en ai<ie aux coloos
Pompe et abreuvoir, près la justice d« paix '.
Construction de l'abattdir
1847 à 1ft«8 1317 a ISj8
18i8 1818 à 1877 1818 là 18>9 1818 a I8.M 1849 il 1857 1849 a ISSl
1851 a IHSl 18M a 1559 t8Si a 18S4 185! il 1860
1851 É 1859 1851 il 1856
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