Scène II
FORESTIER, LE DIRECTEUR DES FOLIES, M"» de MARELLE, MADELEINE FORESTIER, puis Le GARÇON, puis VAUDREC.
Le Directeur guide, très em^pressé, Forestier, M"* Forestier et 3/™* de Marelle. — Vous avez le temps, vous savez I
M «»e DE Marelle. — J'en étais sûre... Mais Forestier a toujours peur d'être en retard.
Madeleine. — Si j'écoutais Paul, je verrais tous les levers de rideau.
Forestier. — Tu exagères î
M""* DE Marelle. — Je ne vous pardonnerai jamais de m'avoir empêchée de prendre du café.
Le Directeur. — On va vous en servir une tasse, si vous le permettez... Vous avez un bon quart d'heure avant l'entrée en scène des Pannes. . . Asseyez-vous donc. . . .Jules! . . . Le Garçon. — Monsieur !
Le Directeur. — Du café!
(On s'installe à une table au second plan, à gauche). Forestier. — La salle est belle?
Le Directeur. — Tout-Paris... Dame ! c'est une attraction. Jamais on n'a vu un jeune ménage ruiné faire un numéro de clowns musicaux. . .
Madeleine. — Et s'intituler les Pannes.
M"" DE Marelle. — Ça m'amuserait, moi, de paraître ainsi devant tout Paris.
Forestier. — P^n maillot noir, et avec une perruque de clown... Voulez-vous jouer avec moi?
Madeleine. — Tiens, voici Vandrec.
Vaudrec, lui baisant la main. — Bonsoir, chère amie... Bonsoir, Madame... Bonsoir, mon cher Forestier.
Madeleine. — Vous connaissez M. Cramel, le directeur des Folies?
Vaudrec. — Nous nous sommes serré la main tout à l'heure.
Forestier. — Comment allez-vous?
Le Directeur. — Vous avez été souffrant? Vaudrec. — Une satanée attaque de goutte... C'est l'âge.
M™' de Marelle. — L'âge n'a rien à faire. Ainsi, moi, je suis couverte de douleurs...
Forestier. — Vous, vous buvez trop.
M^e de Marelle, d Vaudrec. — Nous avons dîné au cabaret et ils prétendent que je suis un peu grise. Monsieur Cramel, faites tendre un fil de fer. Je parie que je tiens en équilibre.
Madeleine. — On te croit!... Vous venez avec nous, Vaudrec?
Vaudrec. — Je suis, avec des camarades, dans la loge du cercle.
Madeleine. — Vous pouvez bien nous donner quelques minutes?
Vaudrec. — Avec joie.
Madeleine. — Offrez votre bras à Clo : elle chancelle.
M^e DE Marelle. — Tu m'en fais une réputation.
Forestier. — Allons !
Madeleine. — Tu n'oublies pas que tu as uu mot à diie au patron.
Forestier. — Je le verrai pendant l'entr'acte.
Madeleine. — Il vaut mieux que tu l'attendes. (Elle sort avec Jf "« de Marelle et Vaudrec.)
Forestier. — Il n'est pas encore arrivé, M. Walter ?
Le Directeur. — Non, monsieur Forestier ; je n'ai vu que Saint-Pothain et Norbert de Varenne.
Forestier. — Et Georges Duroy?
Le Directeur. — Je ne connais pas... C'est uu débutant?
Forestikr. — - Oui, un garçon d'avenir.
Le Directeur. — Article?
Forestier. — Information.
Le Directeur. — Un cigare?
Forestier. — Non ! je tousse trop !... Une sacrée bronchite que j'ai attrapée cet automne, un soir, en dînant au Bois... Je ne peux pas m'en débarrasser.
Le Directeur. — Prenez des ' pastilles truc.
Forestier. — On me la fait plusieurs fois par jour, vous savez... Voilà Duroy qui arrive... Bonsoir, vieux !