ANVERS
x ANVERS ANTWERPEN 2000
Ville la plus peuplée de Belgique (515 000 hab. pour la commune, 1250 000 pour l’agglomération) et chef-lieu de la province de Flandre, Anvers est également la métropole commerciale du pays, ainsi que le deuxième port européen après Rotterdam. Elle surgit à 88km de la mer, au fond » de l'estuaire de l’Escaut, fleuve qui a assuré son essor et sa prospérité... et qui est indirectement à l'origine de son nom : on raconte qu'au début de notre ère, un géant nommé Druon Antigoon semait la terreur en rançonnant les marins qui remontaient le cours d’eau. Ceux-ci devaient s'acquitter d’un droit de passage exorbitant, sous peine d’avoir le bras tranché. Un officier romain, Silvius Brabo, mit fin à cette tyrannie : il terrassa le tyran en combat singulier, lui coupa une main (en néerlandais hand) et la jeta (werpen) dans l’Escaut. Depuis, le théâtre de ce haut fait d'armes est nommé Antwerpen, le brave ayant laissé son patronyme à la région, le Brabant. Plus prosaïquement, le nom de la métropole flamande proviendrait du vieux néerlandais aanwerp, qui signifie “avancée de terre” (sur l’Escaut). Les Anversois ont depuis longtemps tranché entre le mythe et la linguistique : c'est une statue de Brabo qui trône sur la Grand-Place..
Malines
UNE HISTOIRE TOURMENTÉE Une longue succession de périodes
de grande prospérité entrecoupées d’épisodes de décadence : telle est l’histoire d’Anvers. Mais, à l’instar du Phénix mythologique, cette ville semble toujours devoir renaître de ses cendres. Vraisemblablement fondée vers 650, elle devient à partir de la première moitié du xIv° siècle, grâce
à son port, l’un des premiers centres commerciaux d'Europe. Protégée par les ducs de Bourgogne et les Habsbourg, notamment Charles Quint, elle connaît son apogée aux environs de 1550. Tout établissement d’envergure internationale y possède alors une succursale et le nombre
de commerçants étrangers ne cesse de croître (on en recense 15 000
en 1566). Vers 1560, Anvers est la seule agglomération des Pays-Bas
à compter près de 100 000 habitants, contre 20 000 un siècle plus tôt. Elle est alors la deuxième ville européenne après Paris, et l’une
des métropoles économiques et culturelles du continent. Mais
la cité, théâtre des luttes politico-religieuses entre les Pays-Bas du Nord, protestants, et ceux du Sud, catholiques, subit en 1566 la furie iconoclaste des calvinistes. Et, en 1572, la révolte des Pays-Bas septentrionaux contre Philippe IT, roi d’Espagne et souverain des provinces de Hollande, met un terme à cette ère florissante. Anvers est mise à feu et à sang par les troupe espagnoles en 1576. En 1648, le traité de Münster, qui signe la fin
de la guerre de Trente Ans et scelle l'indépendance des Pays-Bas septentrionaux, provoque la fermeture de l’Escaut et consacre le déclin de la ville jusqu’à la fin du xvrrr* siècle. Le trafic maritime n’y sera rétabli qu’en 1795. Sous l’occupation française (1792-1815), Napoléon décide