SCENE IL
BÉLISAIRE, seul
Où suis-je? Dieu puissant! quel destin effroyable!
D'injustice et de haine objet épouvantable!
INîa lille, mon épouse!... en ni'approchant de vous...
Je frémis de terreur à Tespoir le plus doux!...
Première œuvre de Dieu, pure et noble lumière,
Vers ta source brillante en vain de ma paupière
Je soulève en pleurant le voile ensanglanté,
Mes yeux sont pour jamais fermés à ta clarté!...
Sous les feux du soleil, Dieu! quelle nuit profonde!..
Banni de la nature, à jamais, seul au monde,
Vivant, j'ai wi du jour s'éteindre le flambeau :
Je ne suis plus qu un spectre errant sur un tombeau.
Ingrat Justinien, despote sanguinaire.
Qui du haut de ton trône insultes Bélisaire,
Des maux que tu nVas faits tu ne jouiras pas !
La ter. eur, les remords attachés à tes pas
Te saisissent déjà, te poussent vers Fabyme
Où le tvran bientôt rejoindra la victime :
De cent rois ennemis sur ces bords attirés
Ma voix peut exciter les efforts conjurés.
Je puis livrer Byzance à leur haine farouche...
Malheureux, quel blasphème est sorti de ta bouche !.
Pardonne, ô mon pays; pardonne. Dieu clément,
Ce parricide vœu que tout mon cœur déiiient.