ACTE IV, SCENE I
J'ajouterais encore à vos justes regrets. Bélisaire est frappe- d'un coup irréparable. Et vous avez besoin de le croire coupable.
JUSÏINIEN.
Il ne le fut jamais.
, TIBÈRE
Quand le peuple en courroux , Assiégeant le palais et s armant contre vous , Osa de la révolte , en son nom proclamée , Arborer l'étendard au milieu de l'armée...?
JUSTINIEN
Je devais repousser des témoins odieux ,
N'en pas croire Narsès , n'en pas croire mes yeux.
Mais le crime est commis, et déjà je l'expie;
Bélisaire , frappé par une main impie ,
Aux vengeances du ciel a donné le signal ;
Le trône est ébranlé par ce combat fatal.
Ah ! s'il faut succomber dans cette lutte affreuse
Que j'y trouve du moins une mort glorieuse ;
Et , puni d'une erreur, que le monarque ingrat
Dans 1 abyme avec lui n'entraîne point l'état !
TIBÈRE
J'entends un bruit confus ; cette foret obscure Vous offre sous son ombre une retraite sûre. INIoi , je cours rassembler en hâte nos soldats , Autour de ces marais où s'égarent leurs pas ; Et mettant à profit un avis salutaire , Dont la nuit couvre encor le généreux mystère .
Massurerle passage, où , sur ce mont voisin , Un sentier escarpé nous ouvre le chemin.
{Il sort.)
JUSTINIEN
Je t attends en ce lieu.