ACTE IV, SCENE VI
Ont commis en mon nom ce forfait odieux ; Ils ont pu, soulevant Tincxorable histoire, Attacher à jamais leur honte à ma mémoire? Je ne puis plus mourir !
À mes maux étran^^er, De la patrie en vous je dois voir le danger, Je veux vous y soustraire en ce séjour tranquille.
JUSTIMEN.
La victime au bourreau vient offrir un asile.
BÉLISAinE.
Le temps presse, écoutez : dans ces lieux oi^i jadis J'ai vaincu tant de fois vos nombreux ennemis , J'avais prévu le sort d'un combat téméraire ; Par un avis secret j'en instruisis Tibère : Ou parvenu trop tard , ou trop tard écouté , Le piège qu'il montrait ne fut point évité : L'armée est dispersée , elle n'est pas détruite ; Par un jeune héros , ralliée en sa fuite , S'il peut de ce passage atteindre les hauteurs , La retraite est certaine , et ne laisse aux vainqueurs Du combat de la nuit que le. frêle avantage. Mais la victoire en vous leur présente un otage; C'en est fait de l'Etat, c'en est fait des Romains , Si l'empereur vivant tombait entre leurs mains : Parmi ces ennemis que ïa fureur domine , Il en est un sur-tout... l'implacable Antonine.
JUSTINIEN
Qu elle doit me haïr !
EUDOXE, arrivant.
On marehe vers ces lieux.
I)e l'étranger, Eudoxe, écarte tous les yeux, Et de l'asile obscur ouvert à sa misère Qu Antonine sur-tout ignore...
EUDOXE
C'est ma mère.