SCÈNE VII
BRANCADOR, IIONESTA, toujours voilée, s'avance lentement , la
tête baissée.
BRANCADOR, à part. ,
?f,r s urp?i».r(ï r™t«n« sur la pointa du pied et s'arrête eu face d'elle .)
* F., Br.
** Br., F.
*** Br., H.
honest k, jetant un léger cri.
Ah!... pardon, monsieur... je ne vous voyais pas...
BRANCADOR.
Et vous eûtes peur?...
honesta, douce et timide.
Peur ?... non... pas tout à fait... mais la seule vue d’un homme...
brancador, enchanté, à lui-méme.
La seulevued’unhomme!...la seule vued’un homme seul !... C’est l’innocence d’une colombe. (S’expliquant.) D’une colombe dépareillée... car, il y en a de bien légères... (Haut.) Rassure-toi, mon Honesta...
HONESTA
Oh ! monsieur !...
BRANCADOR.
Quoi donc?... Ah ! à cause du toi... Oh! il faut nous y mettre...
Oui, monsieur.
HONESTA
BRANCADOR.
Nous allons changer un peu nos habitudes... et d’abord... ceci.».
HONESTA
Quoi donc, monsieur?
BRANCADOR.
Air : le Retour des chansons.
Ce voile blanc qui couvre ton visage,
Et le défend contre les aquilons,
Ce voile épais me semble le nuage Qui du soleil obscurcit les rayons.
Ah ! par pitié, fais tomber cet obstacle !
Depuis le jour où brilla sans bandeau De tes attraits l’aspect toujours nouveau.
Ton doux visage est mon plus beau spectacle,
Et je voudrais voir lever le rideau!...
Oui, ton visage est mon plus beau spectacle,
Dépêche-toi de lever le rideau !
honesta, écartant son voile.
Etes-vous content ?
brancador, avec passion.
Si je suis content !... si je suis... mais, femme primitive, tu n’as donc aucune idée de quoi que ce soit!... tu ne connais donc l’humanité... que par mon faible échantillon !
HONESTA
Si fait, monsieur... au couvent, je connaissais mes jeunes compagnes.
BRANCADOR.
Tes jeunes compagnes... oui... Ce n’est pas de ce côté que j’envisageais l’humanité... je voulais dire : côté des hommes...