‹ Benoit XV et les écoles bilingues [microforme]Chapitre 4 sur 11 · L'AMBLIORATION DU REGLEMENT XVII · texte numérisé non relu

L'AMBLIORATION DU REGLEMENT XVII

Pour ce qui nous regarde aujourd'hui, le Souverain Pontife déclare, sans hésiter, que ce n’est pas manquer & la justice que de réclamer d'opportunes déclarations et mutations à la loi scolaire. lle n'est pas si ‘‘parfaitement bonne et juste” que ce soit un crime et une révolte d'y toucher et de s'y opposer. Donc, pas de faute dans l’inacceptation du règlement 17. Mais, au contraire, nous devons chercher à le transformer et à l'a- Mméliorer par de plus amples concessions. Trois points sont spécialement signalés: les inspecteurs catholiydues, pendant quelques années l'usage de la langue matornelle comme véhicule de l'enseignement de cettaines matières, particulièrement du catéchisme, et les

&:oles normales catholiques pour la formation des mattres catholieues.

ET

On remarquera que ces trois points, —qui n'expriment qu'un minimum,—ne sont pas sans lien commun et qu'ils sont énumérés en fonction d'un même terme: la fot catholique. Puisque l'école bilingue est catholique, que l'on s'efforce d'y introduire des inspecteurs catholiques et des maîtres catholiquement formés; puisque la langue de la famille a commencé la formation catholique de l'enfant, qu'elle soit étudiée et qu'elle soit le véhicule des vérités catholiques. Dans tout ce passage de la lettre pontificale, la langue n'est considérée que dans ses rapports avec la foi. Et le Pape la protège. La défense de la langue, comme trésor national, est de la compétence spéciale des pères de famille. A eux d'y pourvoi: par eux-mêmes ou par des représentants autorisés. De même pour l'article du double ir-pectorat, prescrit par la loi scolaire. ‘'omme il est d'ordre civil et n'affecte pas ie domaine ‘ligieux il est passé sous silence. Mais le Saint-Père a soin d'ajouter que “les Franco-Canadiens sont libres de réclamer pour la loi scolaire toutes les modifications qu'ils souhaitent” Libres, par conséquent, de demander le retour à l’anci: : état de choses, dans lequel il appartenait, non au m' nistre de l'instruction publique, mais ax Bureau des Commissaires, représentant immédiatement les parents, de déclarer quelles écoles seraient bilingues.

Du reste, était-il nécessaire de rappeler ici les principes tant de fois exposés dans ‘es Dncycliques: “que c'est aux parents qu'il appartient, en vertu du droit naturel, d'élever ceux à qui tls ont donné le jour”. (Léon XII. Sapientiae Christianae.) “De voir dans quelles institutions seront élevés les enfants, quels maîtres seront appelés à leur donner les préceptes de la morale, c'est un droit inhérent à ‘a puissance paterneile”. (Léon XIIT,

Affari vos.) De sorte que le père de famille est maitre de choisir l’école et de déterminer la nature de :’ensei- &gnement qu'il veut donner à ses fils, en sauvegaréant les légitimes exigences du bien général. La porte est donc toute grande ouverts aux revendications d’ordre national, administratif et pédagogique.

Page 1